Entre 2010 et 2015, les revenus des opérateurs télécoms se seront repliés de 18%

revenus opérateurs télécom selon xerfi Entre baisse du pouvoir d'achat et contexte concurrentiel exacerbé, les opérateurs télécoms peinent à trouver de la croissance, selon Xerfi.

Les acteurs des télécommunications ont évolué dans un environnement morose en 2014. Entre atonie du pouvoir d'achat et climat concurrentiel fortement intensifié, les opérateurs doivent multiplier les offres promotionnelles pour garder ou attirer les clients. Pas étonnant dans de telles conditions que l'activité dans le secteur ait reculé de 1,5% en valeur en 2014, pour tomber de 38 024 milliards à 36 883 milliards d'euros. Une décroissance toutefois rassurante, lorsqu'on la met en perspective avec l'exercice précédent, qui avait occasionné une chute de 9,1% du CA.

Les recettes perçues auprès du client final, qui représentent plus de 80% du chiffre d'affaires, ont chuté de 3% en 2014. Depuis 2012 et l'arrivée de Free mobile, ces dernières n'arrêtent pas de diminuer (-4,1% en 2012 et -6,6% en 2013). Les conséquences de l'arrivée du quatrième opérateur mobile se ressentent encore en 2014, avec une chute de 10,4% du chiffre d'affaires générés par l'activité "service mobile". Une baisse à peine compensée par les revenus tirés des prestations d'interconnexion (marché de gros) qui profitent, eux, de l'augmentation des services de dégroupage (+6,5%). 

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Evolution de la structure du marché. © Xerfi

Sans surprise, les investissements consentis dans le secteur des télécommunications ont nettement ralenti en 2014 alors que la mutualisation des infrastructures est apparue comme le meilleur moyen de réduire le coût des équipements tout en satisfaisant à ses obligations de couverture. Selon l'Arcep, les dépenses hors achats de fréquences ont ainsi atteint 3,1 millions d'euros au premier semestre, soit un recul en valeur d'environ 14% en glissement annuel.

Entre 2010 et 2015, les revenus totaux des opérateurs de télécommunications se seront repliés de plus de 18% estime Xerfi. La demande restera principalement tirée par le low cost (offres packagées, locations de terminal mobile, etc.). Les stratégies des opérateurs s'appuieront d'ailleurs en grande partie sur ce levier pour attirer de nouveaux clients. "En baisse de 9 euros ces trois dernières années, le revenu moyen par abonné dans la téléphonie mobile devrait se maintenir à bas niveau avec la généralisation des abonnements low cost", estime l'institut. Du côté des services fixes, les prix des offres triple play (Internet, télévision et téléphonie) seront eux aussi tirées à la baisse.

Conséquence de cette intense concurrence, les recettes totales des spécialistes des télécommunications reculeront à nouveau en 2015 (-2,0% en valeur estime Xerfi) et ce même si les opérateurs vont de plus en plus se tourner vers les prestations à haute valeur ajoutée, dans le BtoC avec la vente de contenus, ou le BtoB (partage instantané de données, hébergement applicatif...). 

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La concentration du secteur, en chiffres. © Xerfi

Alors que certains des principaux dirigeants français estiment que la compétitivité de l'Hexagone passe par une concentration accentuée, Xerfi fait remarquer que le secteur est déjà bien consolidé. " Parmi les entreprises ayant déposé leurs comptes auprès des Greffes des Tribunaux de Commerce, les cinq premières ont réalisé plus de 85% du chiffre d'affaires du secteur en 2012. En augmentation depuis 2008 (+3,5 points), le poids des grands opérateurs risque de progresser encore, en lien avec le mouvement de consolidation observé depuis 2014 (rachat de SFR et de Virgin Mobile par Numericable par exemple)", précise le cabinet.

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Les 5 géants du secteur, en chiffres. © Xerfi
Source

L'étude "Les opérateurs télécoms" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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