Voiture connectée : Coyote à la poursuite de "Bip Bip" Waze

L'assistant à la conduite communautaire français compte sur les données remontées par ses 5 millions d'utilisateurs pour devenir l'un des piliers du véhicule intelligent.

Après le car-to-car et le car-to-infrastructure, voici le driver-to-driver. Coyote en est convaincu, faire communiquer les véhicules entre eux et avec les infrastructures ne suffira pas à garantir la sécurité des passagers des futures voitures sans chauffeur. La société créée en 2002 croit dur comme fer au crowdsourcing : "Les trois quarts des informations que les nouvelles technologies embarquées communiquent sont déjà signalés par notre communauté. L'avenir c'est de les croiser avec nos data pour confirmer leur exactitude car rien ne remplacera jamais l'œil humain. C'est un axe stratégique déterminant pour nous sur les 10 prochaines années", avance Fabien Pierlot, fondateur et président de Coyote.

"Les trois quarts des informations que les technologies embarquées communiquent sont déjà signalés par notre communauté"

La société revendique aujourd'hui près de 5 millions d'abonnés à son boîtier, son application lancée en 2007 et aux solutions embarquées en première monte par les constructeurs automobiles. Dès que l'un d'entre eux signale un problème de circulation, ceux qui empruntent le même itinéraire sont avertis en moins de trois secondes. Deux milliards de données de circulation sont ainsi traitées chaque mois par Coyote.

Basé sur la cartographie de Here (ex-Nokia Maps), le service s'enrichit des data recueillies pour corriger certaines informations en temps réel comme les limitations de vitesse. "Nous sommes l'un des plus gros fournisseurs d'Europe de données pour connaître l'état du trafic (floating car data). Ces données anonymisées sont envoyées à Here mais aussi aux constructeurs", explique Jean-Marc Van Laethem, cofondateur de Coyote.

Forte d'un chiffre d'affaires de 110 millions d'euros et d'une croissance annuelle de son parc d'abonnés de 8 à 10%, qui pourrait doubler en 2017 selon ses créateurs, l'entreprise multiplie depuis 5 ans les partenariats avec les fabricants. Sa solution, rendue compatible avec Android Auto, Apple CarPlay et MirrorLink, a déjà été adoptée par Renault, PSA, Volvo, Toyota et Jaguar Land Rover, qui l'intègrent dans leurs offres connectées. "Nous discutons avec l'ensemble des constructeurs européens car la voiture connectée et autonome est un défi à relever ensemble face aux géants américains qui veulent s'emparer du marché. Il y a une vraie place à prendre et de grandes sociétés viennent régulièrement nous voir", révèle Fabien Pierlot.

"Nous discutons avec l'ensemble des constructeurs européens car la voiture connectée et autonome est un défi à relever ensemble face aux géants américains"

Les dirigeants de Coyote affirment avoir là de quoi se différencier de leur principal concurrent, l'application Waze, propriété de Google : "Nous avons une communauté de gros rouleurs, qui font en moyenne 20 000 kilomètres par an et qui l'utilisent 80 minutes par jour, contre quelques minutes par semaine pour Waze", observe Jean-Marc Van Laethem.

Coyote a aussi fait, contrairement à son concurrent américain, le choix du payant avec des abonnements compris entre 49 euros par an sur son app et 12 euros par mois sur ses boîtiers embarqués, vendus entre 100 et 200 euros l'unité. "Nous promettons ainsi l'absence totale de publicités et la non-exploitation des données des utilisateurs à des fins commerciales", précise-t-il.

Si Coyote se voit à l'avenir comme un spécialiste du software au service du véhicule intelligent, elle croit aussi dans un avenir plus proche en l'aftermarket : "Il y a aujourd'hui plus de 300 millions de véhicules non connectés en Europe, et potentiellement autant de clients qui voudraient accéder à la technologie sans changer tout de suite de voiture", indique Fabien Pierlot.

"Nous voulons qu'il y ait une solution Coyote dans toutes les voitures d'ici trois à quatre ans"

L'entreprise prévoit d'intégrer à ses boîtiers de nouvelles fonctionnalités intelligentes, notamment au Coyote S qui permet de filmer la route. Comme, par exemple, lire les panneaux d'affichage ou reconnaître les voies, pour mieux diriger le conducteur. "On développera à l'avenir une caméra dirigée vers le conducteur pour surveiller son comportement et le réveiller s'il somnole", ajoute-t-il.

Qu'il s'agisse de software ou de hardware, pour Jean-Marc Van Laethem l'objectif est clair : "Nous voulons qu'il y ait une solution Coyote dans toutes les voitures d'ici trois à quatre ans."

 

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