PSA se lance dans l'autopartage à Madrid avec Vulog

PSA se lance dans l'autopartage à Madrid avec Vulog Le constructeur automobile français et le spécialiste de l'autopartage en free-floating lancent 500 véhicules électriques en libre-service dans les rues de la capitale espagnole.

C'est son plus gros lancement en Europe depuis sa création en 2006. Après un premier projet commun à destination des salariés de TF1 lancé en avril 2014, Vulog, qui se présente comme le leader européen des technologies d'autopartage, renforce son partenariat avec PSA. L'entreprise niçoise équipe de sa technologie embarquée les 500 Citroën C-Zero électriques mises à disposition à Madrid à partir du 19 décembre par le constructeur : "Grâce à notre système il est possible de réserver une voiture depuis l'application mobile dédiée en 3 clics et ce n'importe où dans la ville. Il suffit de localiser la voiture la plus proche, de la réserver et d'y prendre place sous 30 minutes maximum", explique Grégory Ducongé, directeur général de Vulog.

Le boîtier connecté que Vulog a installé dans chaque véhicule reconnaît la clé virtuelle contenue dans le smartphone de l'utilisateur

Ce service baptisé Emov et placé sous l'égide de Free2Move, la marque du Groupe PSA dédiée aux nouvelles mobilités lancée fin septembre dernier. Son service repose sur le boîtier connecté que Vulog a installé dans chaque véhicule. Il reconnaît la clé virtuelle contenue dans le smartphone de l'utilisateur, qui peut ainsi ouvrir la voiture dès qu'il l'a réservée. Il lui suffit simplement de s'inscrire au préalable, en enregistrant sa carte bancaire et en fournissant une copie de sa carte d'identité et de son permis de conduire. L'intérêt d'un tel système, appelé "free-floating", est de pouvoir laisser le véhicule n'importe où dans les rues de Madrid et de ne pas avoir à trouver une place à une borne. Seule contrainte pour les utilisateurs : ils doivent s'assurer que la voiture dispose d'au moins 1/16ème de sa batterie à la fin du trajet. Des équipes d'Emov se chargent de maintenir le parc de véhicules toujours chargé.

Le dispositif communique directement avec la plateforme de mobilité prédictive conçue par Vulog. Couplée à son GPS, qui géolocalise les véhicules au mètre près, il permet de connaître à l'avance la probabilité de trouver une voiture aux alentours à l'heure où le client veut se déplacer. "Un utilisateur qui s'apprête à quitter le stade à la fin d'un match, par exemple, saura qu'il a 95% de chances de trouver un véhicule s'il attend une demi-heure tranquillement installé au bar, alors qu'il n'en aura quasiment aucune s'il sort immédiatement", détaille Grégory Ducongé.

L'app informe à l'avance de la probabilité de trouver une voiture aux alentours à l'heure où le client veut se déplacer

La jeune pousse a aussi travaillé sur le CRM de l'app, dont le service est facturé 0,19 centime d'euro la minute. Un tarif dégressif si l'utilisateur réserve à l'heure ou à la journée. Et grâce à un partenariat avec l'opérateur local de parking EYSA, Emov permet à ses clients de se garer gratuitement dans la ville.

En termes d'investissement, le montant du contrat qui lie Vulog à PSA est confidentiel mais l'entreprise affirme avoir recruté de nombreux ingénieurs pour travailler notamment sur ce projet avec le constructeur automobile. "Nous sommes passés de 13 salariés en octobre 2015 à 46 actuellement", se réjouit le directeur général de Vulog.

Emov est désormais le deuxième spécialiste de l'autopartage en free-floating à s'installer à Madrid, avec Car2Go, qui dispose du même nombre de véhicules et d'une technologie similaire. Un concurrent qui n'en est pas vraiment un à en croire le patron de Vulog : "Contrairement à cette entreprise, qui est la propriété de Daimler, nous sommes totalement indépendants et d'ailleurs ce partenariat avec PSA n'est pas exclusif."

Si Vulog a prévu de s'installer avec PSA dans d'autres villes d'Europe dès 2017, Grégory Ducongé confie être très sollicité par des constructeurs automobiles du monde entier. "En comptant ce projet, nous équipons actuellement 3 200 véhicules dans le monde, soit deux fois plus qu'il y a un an, notamment grâce à notre implantation cette année à Copenhague et Bruxelles. Notre chiffre d'affaires a doublé sur la même période et ce genre de partenariat va nous permettre de réitérer cette performance l'an prochain, voire même de faire mieux", avance-t-il.

"Ce partenariat avec PSA n'est pas exclusif"

Le jeune entrepreneur se montre aussi très enthousiaste quant à l'avenir de l'automobile : "Nous attendons avec impatience le véhicule autonome et dès que les premières fonctions seront disponibles nous y sauterons à pieds joints. C'est une ouverture formidable pour le marché et quand il n'y aura plus de chauffeurs, nous deviendrons alors les premiers concurrents d'Uber."

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