Les nouveaux acteurs de l'industrie automobile Les Etats viennent en aide aux constructeurs

Les plus cyniques verront là une ironie du sort : c'est au pays de l'oncle Sam que l'on a assisté au début de la crise à des quasi-nationalisations. Dans le secteur bancaire, mais aussi dans l'industrie automobile.

l'etat américain est loin d'avoir récupéré sa mise.
L'Etat américain est loin d'avoir récupéré sa mise. © JDN

Au lendemain de la chute de Lehman Brothers, les fonds publics ont en effet renfloué les constructeurs automobiles américains au bord de la faillite, dont les ventes sont, par nature, particulièrement sensibles aux fluctuations du pouvoir d'achat des ménages. Les consommateurs reporteront en effet plus facilement l'achat d'un véhicule qu'ils ne limiteront leurs dépenses alimentaires.

Le cas de sauvetage le plus emblématique est sans doute celui de l'américain General Motors (GM), en faveur duquel le Trésor avait mobilisé près de 50 milliards de dollars de prêts en 2009, dans le cadre du programme d'aide TARP (pour Trouble Asset Relief Program), destiné aux acteurs des secteurs bancaire et automobile en difficulté, en échange d'une participation de 60,8% et de 2,1 milliards de dollars d'actions préférentielles.

Depuis, les Etats-Unis se sont complètement désengagés du fabricant automobile, et ce à perte, puisque les cessions de titres se sont faites en dessous du prix de seuil qui leur aurait permis de rentrer dans leurs frais. D'après le dernier décompte publié en janvier 2014 par le département du Trésor, l'Etat fédéral n'a récupéré que 39,75 milliards de dollars de son investissement dans GM.

Plus de 12 milliards de dollars ont également été injectés dans Chrysler, autre grand nom de l'industrie automobile américaine, pour lui permettre de rester à flot. Les Etats-Unis sont sortis du capital en 2011 et le constructeur fait désormais partie du giron du groupe Fiat.

N'oublions pas non plus les 16,29 milliards de dollars dépensés pour sauver Ally, ex GMAC, la filiale financière de GM. Au total, l'Etat fédéral a réalisé une moins-value de 16,54 milliards de dollars en sauvant l'industrie automobile américaine.

Depuis février, l'Etat français est présent au capital de PSA à hauteur de 14%

Pas besoin de traverser l'Atlantique pour trouver des cas, sinon identiques, similaires : c'est officiel depuis février dernier, l'Etat français est présent au capital de PSA à hauteur de 14%, contre 800 millions d'euros. Le constructeur chinois Dongfeng prend lui aussi une participation de 14% dans la marque au lion pour un montant équivalent à celui apporté par l'Etat. Une bouffée d'air frais pour le groupe tricolore, dont les ventes mondiales ont chuté de 4,9% en 2013.

Des entrées au capital des constructeurs qui consacrent les Etats comme des acteurs incontournables de l'industrie automobile post crise.

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