Le business angel de 2011 : presque un monsieur tout le monde

Un cliché commence à être mis à mal dans notre pays: celui du business angel « gros actionnaire ». Ces investisseurs se comptent déjà par milliers, sont organisés en association et ne sont pas de «vrais riches ». Oui, Monsieur Tout Le Monde, être business angel c’est possible !

Qui sont ces gens dont on commence à sérieusement parler parce qu’ils sont finalement les seuls que les entrepreneurs trouvent pour avoir l’argent et les conseils indispensables au moment de créer leurs premiers emplois salariés et de commencer à vendre ? Ce ne sont ni des extra-terrestres ni des bonnes âmes. Et pourtant les Anglo-saxons, comme nous maintenant, les appellent anges du business, en franglais « business angels ». Business car il s’agit bien d’investir dans des entreprises, naissantes mais jugées viables et à potentiel, et de faire à la sortie une plus-value par rapport à sa mise de fonds. Angels car ces gens, familiers du monde de l’entreprise, dotés d’un esprit entrepreneur, veulent aider l’entrepreneur de leurs conseils, de leurs contacts, etc.  Avec l’idée de mieux assurer leurs chances de bien s’en sortir tout en vivant par délégation une aventure entrepreneuriale, ce qui leur plait profondément.

Ces gens sont presque monsieur tout le monde ! Il y a en effet  un cliché qui commence à être mis à mal, celui du business angel « gros actionnaire ». Cette représentation mentale dérive en fait du mot business et des fantasmes que ce mot véhicule par association avec une certaine image  de l’Amérique !  Dans notre pays, il y a les « serial entrepreneurs », si médiatiques, d’ailleurs trop peu nombreux, qui réinvestissent dans des petites PME plus ou moins en phase de démarrage une part de la plus-value faite à la vente de leur entreprise. Il y a surtout les nouveaux business angels qui se comptent déjà par milliers, ils sont groupés dans des associations – plus de 85 réparties sur le territoire – et ils ne sont pas des « vrais riches ». C’est vrai qu’ils ont en commun la particularité d’avoir l’expérience de l’entreprise, mais cela n’en fait pas une élite ! C’est vrai aussi qu’ils ont choisi d’affecter une part disponible de leur patrimoine à des investissements dans des PME plutôt qu’à d’autres choses, placement immobilier supplémentaire, prise de risque en bourse ou grosse dépense de loisirs.

Pour ces business angels « démocratisés », mettre de leur argent – 10 à 30 000 € - à la disposition d’un entrepreneur effectivement porteur d’un projet fort, c’est investir dans une classe d’actifs nouvelle et motivante. Car, disent-ils, cette classe d’actifs est tournée vers l’avenir, s’agissant d’innovations et de secteurs neufs comme les technologies de l’information, les télécoms, les nouvelles énergies, le développement durable, le service aux personnes, etc. Dans ce type d’investissement, par ailleurs, on commence à avoir du recul et on voit que si sa rentabilité n’est pas encore prouvée en France, il y a déjà de belles histoires qui l’illustrent. Bien sûr toutes les entreprises ne réussissent pas. Il est souhaitable là aussi de mettre ses œufs dans plusieurs paniers. Quand en prenant son temps on peut en mettre dans 5 à 10 paniers, les chances de sortir par le haut sont bien réelles.

Il est établi que les chances de sortir par le haut sont positivement influencées aussi par le comportement du business angel. Plus il s’implique dans l’analyse du projet, en interaction avec les autres angels qui s’y intéressent et avec l’entrepreneur, avant d’investir plus il fait de plus-value. En outre, mieux l’entrepreneur est accompagné dans les  premières années par certains de ses investisseurs, plus disponibles et aux contacts ou aux compétences utiles, plus sa jeune société parvient à progresser dans le marché, condition favorable à une future sortie positive des investisseurs.

Investir dans des PME en phase de démarrage commercial, ça se fait très bien. Il n’y a pas besoin d’y mettre des milles et des cents. On fait ça à plusieurs. Donc on investit plus intelligent que seul, avec en plus le savoir faire de l’association de business angels dont on est membre. Et les mises individuelles groupées ensemble font aboutir des levées de 200 à 500 000 Euros, c'est-à-dire de beaux projets, aux fondements cohérents, portés par un dirigeant entrepreneur, des projets ayant le potentiel pour créer de la valeur et des emplois.

Oui, Monsieur Tout Le Monde, être business angel, c’est possible !

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