Comment se porte le don en France en période de crise ?

87% des Français ont effectué un acte de don au cours de ces six derniers mois (toutes natures de dons confondues). 43% des Français ont effectué un don d’argent et 25% ont donné de l’argent, du temps et ont effectué des dons en nature.

A première vue on pense surtout au don sous forme de monnaie fiduciaire, mais le temps, l’engagement, la nourriture, le textile, sang, organes et biens d’autres choses sont autant de façons de participer et d’aider son prochain. Résultat, il m’a fallu faire un choix qui s’est porté sur le don d’argent qui est plus quantifiable et représentatif que les autres formes de dons.

Quelques informations sur les dons ainsi que sur les donateurs

En 2012, 58% des Français se déclarent donateur dont 46% qui déclarent donner au moins une fois par an (1). Le chèque reste le moyen de paiement le plus plébiscité par les donateurs. Ils sont 59 % à déclarer utiliser ce moyen de paiement pour faire leurs dons. Un donateur sur deux déclare donner près de 50 euros par an.

Le sexe joue un rôle important, les femmes donnent plus que les hommes. L’âge aussi semble être un facteur déterminant, les plus de 60 ans occupent 50% des donateurs et 67% du montant global des dons. La localisation géographique y fait aussi, les provinciaux sont plus généreux que les habitants du bassin Parisien. Les pratiques religieuses sont également non négligeables, les catholiques non pratiquants ainsi que les sans religion regroupent 88% des donateurs.

Quelle est la portée des associations ?

90% des sondés ont entendu parler des associations et fondations dans les médias ou dans leur entourage. 69% ont été sollicités par les associations et fondations.
Depuis longtemps, les associations et fondations ont adopté une communication multicanal pour toucher un public le plus large possible. Ainsi on peut remarquer que l
e public cœur de cible des associations et fondations sont les hommes, séniors, CSP+ (catégorie socio-professionnelle) particulièrement ciblé par la prospection par mailing. Le street marketing a permis de solliciter une tout autre population, de préférence des femmes, des moins de 35 ans, des CSP- ou professions intermédiaires. Enfin, le téléphone a permis de toucher surtout des séniors, des inactifs et des CSP-.

Qu’en est-il de la réputation de celles-ci ?

Le plus souvent, c’est en « positif » que les Français ont entendu parler des associations et fondations aussi bien dans les médias qu’au sein de l’entourage.

Toutefois, l’entourage se montre plus critique à leur égard. En 2012, la confiance dans les associations et fondations connaît une légère hausse. Or, on constate que ce rebond est exclusivement le fait d’une progression de la confiance chez les non-donateurs.
On peut en déduire que si le monde associatif voit s’accroître son prestige et prend une dimension de « valeur refuge » de plus en plus consensuelle, en ces temps incertains d’un point de vue politique et économique, il a peu de chances d’en toucher à court terme des bénéfices mirobolant.

Une forte relation existe entre don et crise !?

Il est navrant, mais important de noter que 59% des Français se privent plus qu’avant voir ont de plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts en fin de mois. 31% des donateurs prévoient de diminuer leurs dons cette année et 22% envisagent de ne plus en faire. Les donateurs réguliers sont deux fois plus nombreux que les occasionnels. 71% des Français pensent que le rôle des associations et fondations est accru et qu’elles doivent répondre à des besoins croissants provoqués par la crise.

Que pensent les Français sur ce thème ?

62% des Français ne considèrent pas la défiscalisation du don comme une niche fiscale et trouveraient non légitime une diminution de l’abattement fiscal sur les dons. 73% considèrent que les projets du gouvernement de durcir la fiscalité des plus hauts revenus sont de nature à les désinviter à donner de façon totale ou partielle.

Lorsqu’on leur parle de générosité, les Français pensent spontanément au don.

Ils sont partagés quant à l’influence de la crise sur les comportements, seuls 4 répondants sur 10 pensent qu’elle a créé de la solidarité et près de 5 répondants sur 10 ne le pensent pas.
Pour les Français, l’acte de don est principalement basé et rendu possible par 3 critères, la cause soutenue, l’efficacité des  actions menées, et la transparence financière. Un quatrième critère semble également participer, l’ancrage de l’association/fondation, ainsi que ses valeurs de référence.

Quand on demande aux Français de citer les deux formes de générosités les plus importantes en temps de crise, 55% évoquent l’écoute, le fait de s’intéresser à l’autre, 48% le fait de donner du temps et 47% l’aide financière.
Un Français sur deux est favorable à un État-providence marqué par la hausse des subventions aux associations et fondations. Toutefois, cela ne doit pas provoquer la hausse de leurs impôts. Seuls 12% seraient prêts à payer davantage d’impôts pour cela.
David Douillet
apparait comme le médaillé français aux Jeux olympiques le plus généreux, un Français sur deux garde à l’esprit ses participations aux opérations pièces jaunes.

Quel impact a eu Internet sur l’évolution des dons ?

Avec 30 millions d’internautes en France, le Web se révèle être un véritable média à part entière. Les dons sur Internet se multiplient, et les prévisions laissent entrevoir aux associations un véritable outil de collecte.
Quantitatif donc, mais également qualitatif, le don moyen sur Internet est de 110
, contre 40 par mailing papier.

De plus, le concept de financement participatif se diversifie en France. Alors que ce modèle permettait à l'origine de lancer des projets artistiques et humanitaires, de plus en plus d'entrepreneurs y ont recours.
Venu des États-Unis, le financement collaboratif qui permet à tout un chacun de soutenir un projet en faisant des dons sur Internet fait recette en France, où l'on compte une trentaine de sites spécialisés. Ces derniers ont récolté plus de 10 millions d'euros de fonds en 2011. Un succès qui contraste avec la baisse des dons observée par les associations caritatives. Grégoire a été financé de cette façon pour son premier album, Wikipédia ou encore la quadrature du Net font également appel au don pour pouvoir continuer de proposer leurs services aux internautes.

En quelques mots, ce qu’il faut retenir

Le don suit une progression régulière et significative, il croît avec l’âge ainsi que les revenus, le don en ligne reste marginal, mais continue sa forte progression.

Demain, certaines causes bénéficieront d’autant de soutien comme l’aide aux personnes âgées, la protection de l’environnement ou la défense des droits. D’autres seront en déclin comme la recherche médicale, l’urgence, l’aide aux malades et aux handicapés. Pour ces raisons, il existe une nécessité croissante d’identifier de nouvelles façons d’impliquer des donateurs.
Dans l’ensemble les Français se sentent très concernés par le don de manière générale, le don d’argent arrive en 3ème position. Les effets de la crise ont renforcé l’opinion générale sur le besoin d’associations et de fondations pour maintenir un certain équilibre dans la société.
La cause soutenue, l’efficacité des  actions menées, et la transparence financière sont principalement ce que recherchent les donateurs.

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(1) Source principale : « L’Observatoire France générosités ».

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