Garde d'enfants : un business à part entière qui ne dit pas son nom

La garde d'enfants est une activité hautement concurrentielle. La concurrence consiste tout simplement à la cohabitation sur un même territoire, de plusieurs modes de garde différents. Un business qui s'ignore ou un tabou persistant ?

Sur ce territoire, vous trouverez les modes de garde dits "formels" :
  • l'assistante maternelle,
  • l'accueil collectif,
  • la garde à domicile,
  • la pré-scolarisation.

"Formel" : c'est-à-dire faisant l'objet d'une forme contractuelle, officielle donc déclarée.

En effet, les solutions trouvées par les familles à titre "informel" sont une réalité mais sont, bien sûr, impossible à comptabiliser dans le détail ; c'est la cousine qui dépanne, c'est la belle-soeur qui est de temps en temps disponible, c'est "la petite pièce" qu'on donne à la fille de la voisine.
Pour les solutions formelles, la concurrence est rude. Chacun avançant ses avantages et minimisant ces inconvénients avec autant d'objectivité que de subjectivité.
On met en avant l'approche individuelle chez l'assistante maternelle et la socialisation pour l'accueil collectif. Une crèche municipale revendique son faible coût pour les familles pendant que la crèche privée insiste sur sa souplesse avec une amplitude horaire élargie. La garde à domicile soulage les parents de tous les déplacements. La pré-scolarisation des enfants de 2 à 3 ans est gratuite et prépare à la vie scolaire.
Cependant, ces arguments sont très limités car de nombreuses assistantes maternelles font preuve de souplesse en accueillant des enfants très tôt dans la journée et/ou jusques tard dans la soirée (et souvent pour le même tarif horaire). Certaines crèches privées, indépendantes ou appartenant à un réseau national, proposent un accueil figé de 7 h 30 à 18 h 30. La garde à domicile dévie très souvent sur des tâches ménagères qu'employeurs et employés gardent sous silence. Quant à l'école pour les deux ans, elle a été montrée du doigt car souvent privée de contenu.
Pour un secteur d'activité, piloté par les pouvoirs publics, qui s'obstine à refuser la notion de concurrence, les deux paragraphes ci-dessus laissent songeur et ouvre des perspectives de débat sans fin.

La concurrence est aussi une réalité au sein même d'un mode de garde

Les assistantes maternelles s'affrontent en permanence. Celle installée en centre-ville ne propose pas les mêmes conditions d'accueil que celle en périphérie ou en milieu rural. Entre le troisième étage sans ascenseur et le pavillon avec jardin, les parent ont un choix à faire.
Entre celle, jeune maman et celle qui en a déjà 2 ou 3 ; entre la "nounou-maman" et la "nounou-mamie" ; entre celle qui vient d'obtenir son agrément et celle qui en bénéficie déjà depuis quelques années et qui a cultivé sa réputation locale, entre le contrat de travail bien cadré car détaillé et le fameux "ne vous inquiétez pas, on s'arrangera", etc..., les exemples ne manquent pas et chaque lecteur, ou plutôt lectrice, se reconnaîtra. Et nous n'avons pas encore évoqué les différences de tarif.

On n'assume pas la concurrence mais la CAF recommande aux parents de rencontrer le maximum d'assistantes maternelles pour "se faire une idée"

Dans le secteur de la petite enfance, les modes de garde ne sont pas concurrentiels, c'est trop brutale et trop marchand ; dans le secteur de la petite enfance, les parents doivent "se faire une idée". L'expression est plus douce mais teintée d'hypocrisie.
Les crèches se font également concurrence :
  • crèche parentale,
  • crèche familiale,
  • halte-garderie,
  • jardin d'enfants,
  • micro-crèche,
  • multi-accueil.
Rien qu'avec les différentes appellations, on ne peut que constater la diversité de l'offre ; et quand dans un secteur d'activité, il y a multiplicité de l'offre, il y a concurrence. Ces crèches n'ont pas la même localisation géographique, pas le même accès parking ; certaines structures sont plus vieilles que d'autres. Et nous n'avons pas encore évoqué les différences de tarifs.

A trop vouloir diversifier les solutions d'accueil, l'Etat a créé et développé la concurrence

Mais, jamais, les pouvoirs publics ne vous diront que la petite enfance est un marché concurrentiel.
A l'origine, la raison était louable et tout à l'honneur des pouvoirs publics : que les parents aient le choix et que l'accueil des enfants soit protégé de tout approche mercantile. Le résultat obtenu est totalement contraire : les parents n'ont pas le choix. Ils doivent multiplier les contacts et déposer de nombreux dossiers pour, au final, bien souvent se résigner plutôt que de se réjouir.
Quant à l'accueil des enfants, il s'agit d'un secteur économique qui ne dit pas son nom, mais qui est complètement structuré comme un marché avec offre, demande, prix et concurrence.

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