La carte bancaire est-elle morte ?

La carte bancaire, pilier du commerce, outil de paiement que l’on ne conteste plus, élément de confiance principal des consommateurs, d’une obtention facile et parfois même gratuite, support d’une multitude de services et source de connaissance client, la carte bancaire, prolongement naturel de notre portefeuille, peut-elle vraiment disparaître ?

Générant près de 500 milliards de CA en France, le commerce de détail est le terrain favori des cartes bancaires qui y représente près d’un paiement sur deux, ce ratio augmentant jusqu’à 4 paiements sur 5 sur Internet ! Moyen de paiement préféré des consommateurs en France, la carte de paiement  est forte d’un incroyable parc  de près de 85 millions d’unités dont près de 70 millions de cartes interbancaires (60 millions de cartes CB Source : Site Officiel des cartes CB)
Longtemps réservée aux banques, ce moyen de paiement suscite aussi depuis quelques années l’intérêt des entreprises. Les grands acteurs du commerce comme les hypermarchés ou les services de paiement en ligne n’ont pas tardé à émettre leur propre carte bancaire, avec laquelle il est possible de payer et de retirer des espèces. Véritable canal de liaison directe avec le client, ces nouvelles cartes permettent de mieux  connaître le consommateur et de lui proposer toute une gamme de services tels que des offres de crédits, des facilités de paiement, ou encore des programmes de fidélité.
La gratuité des cartes bancaires signe de leur déclin ?
Il y a quelques années, les banques en ligne, telles que Boursorama Banque, HelloBank, Fortuneo ou ING Direct ont développé leur propre carte, à l’image des banques de guichet mais les proposant à titre gratuit, sous conditions de revenus ou de dépôts mensuels.
Avant cela, la carte bancaire en nom propre s’est développée au sein d’un autre secteur majeur, celui de la grande distribution. Précurseurs du mouvement, les plus grands groupes français du marché ont créé leur filiale bancaire, comme Banque Accord (Auchan), Carrefour Banque ou Banque Edel (Leclerc). L’objectif était de proposer du crédit, générateur de chiffre d’affaires et facilitateur de l’acte d’achat des produits blancs, gris ou bruns, mais également de prolonger l’expérience de la marque et son utilisation en dehors de leurs propres surfaces de vente.
On disait, il y a des années, que ce qui était gratuit n’avait pas de valeur. Mais depuis internet a changé la donne et montré la valeur de la gratuité. La carte suivra-t-elle cet exemple ? Montrera-t-elle que même gratuite, elle recèle bien des trésors cachés ?
Un outil pour étendre ses services et la connaissance client ?
La carte bancaire, qu’elle soit physique ou virtuelle, est maintenant multiforme et multiservices. Outre l’aspect de prolongement de l’expérience avec la marque grâce à la fidélisation, l’extension de son réseau de partenaires, l’enrichissement de ses propres offres et les nombreux services qui y sont attachés, la carte est aussi une opportunité de mieux connaître son détenteur. L’enrichissement des offres de services permet de compléter le profil des consommateurs et s’adapter toujours plus à leur propre expérience d’achat.
Car si les français sont bien familiarisés avec les opérations courantes facilitées avec une carte comme:
- Régler ses achats en ligne ou en magasin partout dans le monde, et retirer de l’argent dans tous les distributeurs.
- Bénéficier d’une offre de crédit renouvelable d’une durée et d’un montant définis, ou régler ses achats en une seule fois sans frais.
- Voir sa fidélité récompensée, par exemple en cumulant des points pour des offres de réduction ou recevoir de l’argent sur son compte
- Protéger ses achats grâce à une garantie dommage ou vol, prestation d’assurance toujours monnayable par l’émetteur de la carte.
De nouveaux services émergent et en font un outil de relation client inédit.
Un outil idéal pour les marques
De nombreuses réflexions sont menées et commencent à être expérimentées autour de l’opportunité pour les marques d’émettre une carte de paiement.  En effet, une multitude de service peuvent être proposés aux porteurs, comme des services traditionnels de home banking (consultation de soldes, transactions de paiement ou retrait, alimentation du compte et consultation de ces alimentations, transfert d’argent…). Mais surtout les marques peuvent proposer des services innovants et inédits, voire sur-mesure, comme des analyses statistiques sur ses paiements, un moteur de recommandation pour bénéficier au mieux des offres promotionnelles de partenaires de la marque, des informations commerciales, des notifications ou alertes (dépassement d’un plafond de dépense par exemple), la géolocalisation des points de ventes les plus pratiqués, des recommandations typologiques et géographiques, etc.
Ces services permettront au détenteur de développer l’usage de la carte, à l’émetteur de générer des revenus mais surtout de développer l’expérience et la connaissance client, comme par exemple :
- Capter plus de paiement
- Offrir un panel d’offres de crédit
- Développer les services internes tels que la gestion des notes de frais, la possibilité d’utiliser la même carte pour ses frais personnels et professionnels avec une gestion des plafonds et/ou des types d’achat
- Lier les services métier, une chaîne d’hôtels permettra des check-in/check out rapides
- Développer les offres partenaires, une compagnie aérienne offrira à ses détenteurs/clients des réductions sur une location de voiture, des nuits d’hôtel…
- Obtenir toutes les informations sur les habitudes de consommation de ses clients avec l’analyse des paiements et ainsi nourrir la base CRM…
Ainsi, il semble que la carte bancaire est loin d’être morte, qu’elle soit physique ou dématérialisée, il est aujourd'hui essentiel pour les marques de l'intégrer à leurs stratégies globales.
La multiplication des services liés à la carte bancaire, aussi bien pour l’utilisateur que pour l’émetteur, renforçant l’expérience avec la marque, développant les ventes en magasin et en ligne, y adossant des services (assurances, conciergerie ou des services métiers) dont beaucoup sont encore à inventer, permettant de mieux connaître son détenteur et personnaliser la relation client; en font un support unique et innovant maintenant accessible aux grandes marques.

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