Produits ou services, la querelle des anciens et des modernes ?

Le Service est le nouvel Eldorado des fabricants de produits. Les incantations marketing à la mode claironnent que « nous ne fabriquons plus des produits, mais nous offrons des services », avec ça et là un soupçon de condescendance envers ce passé où nous produisions des biens matériels.

Force est de constater que les marchés évoluent vers des offres de service, au détriment de produits. Il est « tendance » de considérer l’usage que l’on peut faire d’un produit, et non le produit lui-même. On parle maintenant d’un service de déplacement souple, confortable et économique, et non plus d’une voiture !

Mais la perspective du « tout service » est-elle si paradisiaque ?

En effet, si toutes les entreprises prennent cette même direction, quel avantage concurrentiel leur restera-t-il ?
Et si l’on va plus loin, on peut se demander ce qu’il adviendra  d’un pilier fondamental de notre société, le droit de propriété. Se pourrait-il qu’à l’avenir je « loge durablement dans un espace privatif confortable et fonctionnel »  sans plus être « propriétaire » - ni même locataire – de MA maison? Et que j’emploie des prestataires de service, au lieu de motiver MES salariés ?
Paradoxalement, le produit revient en force. Car celui qui propose un service – de locomotion par exemple – a besoin plus que jamais d’un produit – la voiture- d’autant plus fiable et solide qu’il n’en contrôle plus lui-même la fabrication, alors même que ce produit est la base de son offre. Que seraient Dyson, Apple, Swatch, Hertz et les services qu’ils proposent sans produits exceptionnellement fiables et attirants par eux-mêmes ?
Serait-ce alors la revanche des fabricants de produits, des sous-traitants de rang 4, des cohortes de programmeurs de SI, des fournisseurs des fameuses « commodités » ?
Revanche ? Méditons avec Hegel sur « Le maître c’est l’esclave, et l’esclave c’est le maître » !

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