Le dynamisme des politiques d’investissement industriel passe par une nécessaire diversification des sources de financement

L’objectif de développement et de croissance d’une industrie manufacturière de pointe s’inscrit dans la droite ligne des actions gouvernementales visant à redonner aux entreprises nationales les moyens de rester concurrentielles.

À l’occasion de la deuxième conférence ministérielle européenne des Amis de l’industrie qui s’est tenue début 2014 à Rome, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, a mis l’accent sur le rôle moteur joué par l’industrie manufacturière dans la ré-industrialisation et la nécessité de placer ce secteur au centre des actions de l’Union européenne [1]. Cet objectif de développement et de croissance d’une industrie manufacturière de pointe s’inscrit dans la droite ligne des actions gouvernementales visant à redonner aux entreprises nationales les moyens de rester concurrentielles, notamment face à des entreprises originaires de pays à faible coût de main d’œuvre.

Cela passe impérativement par des politiques d’investissements dynamiques, notamment en matière de biens d’équipement au vu de la place prépondérante qu’ils occupent dans l’accroissement de la compétitivité des sociétés [2]. Les chefs d’entreprises de l’industrie manufacturière anticipent ainsi une hausse de 4 % de leurs investissements pour 2014 [3], la part consacrée à la modernisation des parcs d’équipement existants passant quant à elle de 22 à 24 %. Il s’agit là d’une nécessité si les entreprises veulent être en mesure de répondre aux appels d’offres des grands donneurs d’ordre [4]. Cela se justifie d’autant plus en ce qui concerne l’acquisition d’équipements à haute efficacité énergétique compte tenu des prix des énergies, et en particulier de l’électricité qui a augmenté de 37 % en 11 ans dans l’industrie [5]. Cette tendance marquée à la hausse est d’autant plus lourde de conséquences qu’elle devrait se traduire, selon les projections nationales [6], par une augmentation de l’ordre de 16 à 24 % de la facture énergétique des entreprises industrielles d’ici 2017.
Mais, dans le même temps, les entrepreneurs aux prises avec des difficultés de trésorerie sont toujours plus nombreux [7], atteignant le niveau record de 36 % dans le cas des PME selon le dernier baromètre de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME) [8]. Les chefs d’entreprise interrogés dans le cadre de cette enquête témoignent également des obstacles rencontrés dans l’obtention de crédits, alors que deux dirigeants sur trois avouent être confrontés à l’heure actuelle à un besoin pressant de financement.
Les décideurs  se voient donc plus que jamais contraints de trouver des sources de financement alternatives pour accroître leur potentiel de développement et dynamiser leur politique d’investissements. Une récente étude de la division Financial Services de Siemens [9] montre ainsi que d’importantes liquidités sont immobilisées dans le secteur manufacturier en raison de l’achat sur fonds propres d’équipements. En France, le niveau de capitaux gelés devrait ainsi atteindre 27,9 milliards d’euros entre 2014 et 2018, soit 0,30 % du PIB national. Ce faisant, ces liquidités « gelées » limitent grandement les perspectives de croissance des entreprises et nuisent à leur compétitivité puisqu’elles sont indisponibles pour d’autres investissements stratégiques, tels que la R&D, les formations ou le développement de l’activité à l’international.
Pour libérer ces précieux capitaux et disposer des liquidités nécessaires pour assurer leurs besoins courants, les entreprises ont à leur disposition des solutions de financement alternatives comme la location et le crédit-bail. Celles-ci évitent en effet d’impacter lourdement la trésorerie de l’entreprise en démarrage du projet en permettant de répartir sur plusieurs exercices les dépenses liées au nouvel investissement. Parallèlement à cela, l’entreprise se voit offrir la possibilité de conserver ses lignes de crédits bancaires pour couvrir ses dépenses d’exploitation courantes.
Par ailleurs, le recours au financement locatif est particulièrement pertinent pour financer l’acquisition d’équipements moins énergivores. En effet, ces investissements dans des équipements « verts », génèrent  des gains importants sur le poste énergétique qui viennent bien souvent compenser tout ou partie du montant des remboursements mensuels, rendant de ce fait l’investissement indolore pour l’entreprise.
Les niveaux de liquidités gelées au sein du secteur manufacturier français équivaudraient à environ 7% des bénéfices annuels de ce même secteur, soit une perte de rentabilité non négligeable pour l’industrie[10]. La diversification des sources de financement répond quant à elle à un impératif pour les chefs d’entreprise s’ils veulent se doter de la flexibilité nécessaire pour accroître leur potentiel de développement. Il leur est ainsi conseillé de privilégier des modes de financement variés qui leur permettront à la fois de préserver leurs capitaux et de disposer d’une souplesse financière accrue.

[1] Portail du ministère du redressement productif, Deuxième conférence ministérielle européenne des Amis de l’industrie, 4 février 2014. www.redressement-productif.gouv.fr/deuxieme-conference-ministerielle-europeenne-des-amis-lindustrie
[2] Ministère de l’Economie et des Finances, Observatoire du financement des entreprises, Rapport sur la situation économique et financière des PME, janvier 2014. www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/mediateurducredit/pdf/Rapport-OFE__situation_economique_et_financiere_des_PME(1).pdf
[3] INSEE, Enquête sur les investissements dans l’industrie, avril 2014. www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=15
[4] Comme par exemple les grands donneurs d’ordre de l’aéronautique, de l’automobile ou de l’aérospatial.
[5] Eurostat, Prix de l’électricité pour l’industrie, octobre 2013. http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do;jsessionid=9ea7d07d30ee55606cf2e68c48b2aa01d6815f053725.e34OaN8PchaTby0Lc3aNchuMbxuPe0?tab=table&plugin=1&language=fr&pcode=ten00114 
[6] Le Monde, La facture d’électricité devrait augmenter de 30 % d’ici à 2017, février 2013. www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/18/la-facture-d-electricite-devrait-augmenter-de-30-d-ici-a-2017_1834649_3244.html
[7] INSEE, La demande adressée à l’industrie manufacturière s’améliore au premier trimestre 2014, juin 2014. www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=12
[8] Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), Baromètre sur le financement et l’accès au crédit des PME, février 2014. www.cgpme.fr/actus/voir/1522/l-inquietude-des-chefs-d-entreprise-s-est-stabilisee-a-un-niveau-eleve
[9] Siemens Financial Services, Locked Liquidity, février 2014. http://finance.siemens.com/financialservices/global/en/press/studies/pages/whitepaper_2014_locked-liquidity-in-industry.aspx
[10] Les marges bénéficiaires de l’industrie manufacturière s’élèvent en moyenne à 10-11 %, les niveaux de liquidités gelées avoisinant 0,75 % du chiffre d’affaires du secteur. Cf. Siemens Financial Services, Locked Liquidity report, février 2014.

Siemens / Trésorerie