Chine et Inde font une avancée dans l’éradication des gaz à effet de serre

Les 196 pays signataires du Protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone ont progressé sur la voie d'un accord sur l'élimination des HFC, ces puissants gaz à effet de serre.

Accord international portant sur la protection de la couche d'ozone, le Protocole de Montréal est adopté en 1985. Il a pour objectif de réduire et à terme d'éliminer complètement les substances qui détériorent la couche d'ozone. Cette convention impose notamment la suppression de l'utilisation des CFC, des halons et va vers l’interdiction des Hydro-chlorofluorocarbure, connus sous le nom de HCFC.

Un pas en avant pour l’Inde et la Chine

La France accueillait la semaine passée, la 26ème conférence des parties (COP) au protocole de Montréal. L’ONG environnementale IGSD – Institute for Governance & Sustainable Development – a indiqué ce weekend que les pays signataires du Protocole de Montréal avaient avancé sur l’élimination des HFC.
Au cours de leur réunion cette semaine à Paris, ces pays « ont continué à faire des progrès dans leurs négociations visant à réduire progressivement la production d'hydrofluorocarbones », note dans un communiqué l'ONG, présente aux discussions qui se sont achevées dans la nuit de vendredi à samedi après une semaine de débats. La Chine et l’Inde ont en effet accepté le principe de négociations pour permettre une avancée dans l’élimination progressive des gaz à effet de serre très polluants.

Jusqu’à présent, les deux pays parmi les trois plus pollueurs de la planète, avaient systématiquement refusé de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour ne pas sacrifier leur croissance. Mais aujourd'hui, les deux pays seraient prêts à discuter de l'élimination des HFC, ces gaz à effet de serre hautement nocifs pour la couche d'ozone, utilisés dans la climatisation notamment.

Les deux puissances sont d’ailleurs souvent montrées du doigt pour leurs niveaux de pollution record

Tout le monde se souvient, par exemple, des Jeux Olympiques de Pékin, recouverts d’un épais voile gris. Aussi, sur un siècle, le potentiel de réchauffement global des HFC est de 140 à 11 700 fois supérieur à celui du CO2. Les 500 000 tonnes de HFC relâchées chaque année dans le monde équivalent à près de 1 milliard de tonnes équivalent CO². Chine et Inde jugent désormais qu'un accord sur l'élimination des HFC est inévitable.

406 millions d’euros pour le Fonds multilatéral

Autre bonne nouvelle, les participants à la conférence des parties au protocole de Montréal ont décidé d’allouer 406 millions d’euros au Fonds multilatéral pour l'application du protocole sur la période 2015 – 2017.
Depuis maintenant 13 ans, ce Fonds a déboursé près de trois milliards de dollars – 2,4 milliards d'euros – pour aider les pays en voie de développement à éliminer les substances appauvrissant la couche d'ozone.
Lundi, la ministre française de l'Écologie, Ségolène Royal, avait appelé les participants à adopter un amendement au protocole « afin qu'il puisse encadrer la production et l'utilisation » des HFC. Des pays représentant la « majorité de la population mondiale et des producteurs et consommateurs d'HFC, y compris la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud, ainsi que l'Union européenne et les États-Unis ont appelé à agir rapidement pour cesser la production et l'utilisation des HFC », dans le cadre du protocole de Montréal, ajoutait de son côté l'IGSD. De bonnes nouvelles avant la Conférence Paris Climat qui se tient en France l’an prochain.

Chine