Info ou intox : la vérité sur l'immobilier en Corse

Lorsqu’un acheteur part à la recherche d’un bien immobilier en Corse, il est souvent mal informé et victime d’a priori. Il convient alors de tordre le cou aux idées reçues sur l’île de Beauté, mais également de confirmer certaines rumeurs qui font de la Corse le lieu idéal où acheter et construire une résidence secondaire.

La Corse est réservée aux corses !

Principale intox qui touche le marché corse : il faut avoir résidé de manière permanente au moins cinq années en Corse pour devenir propriétaire d'un terrain ou d'une résidence. Cette rumeur est bien entendu fausse, car chacun, qu'il soit Corse ou non, Français ou étranger, est totalement libre d'acheter un bien immobilier en Corse comme partout ailleurs en France.

Pour contrer la flambée des prix immobiliers et la spéculation foncière sur l'île, l’Assemblée de Corse a effectivement souhaité réserver la possibilité d'acquérir un bien immobilier aux titulaires d'un statut de résident permanent pendant cinq ans. Elle a voté une disposition en ce sens en avril dernier, mais le statut de résident étant discriminatoire et contraire au principe d'égalité et au droit à la propriété (relevant de la Constitution française), ainsi que de la liberté d'établissement (garantie par le droit européen), cette loi est inapplicable et inappliquée en Corse.

Une fiscalité unique et très avantageuse ! 

La Corse bénéficie depuis longtemps d'un statut fiscal dérogatoire motivé par son insularité. Ce régime, instauré par l'arrêté Miot du 10 juin 1801, exonérait de frais d’actes et de droits de succession les bâtiments situés en Corse. Un autre avantage concerne la taxe foncière des propriétés non bâties avec l’exonération du taux communal dans certaines zones. La TVA est également réduite pour certains biens de consommations comme l’essence et les produits pétroliers qui ont un taux à 13%, l’électricité basse tension, les matériels agricoles ont un taux réduit à 8% et les biens bénéficiant de la TVA à 5,5% en France métropolitaine bénéficient du taux à 2,1% sur l’île.

Malheureusement, ces avantages se voient réduits depuis quelques années, notamment en ce qui concerne les droits de succession. En effet, le gouvernement a remis en question ces avantages avec la fin, au 31 décembre 2012, de l’arrêté Miot, vieux de deux siècles. Jusqu’en 2017, les héritiers bénéficieront encore d’une réduction de 50%. Passé ce délai, ils rentreront dans le droit commun.

La Corse, entre attentats et insécurité

Les clichés ont la vie dure, en particulier en ce qui concerne le terrorisme : faire construire en Corse, c’est prendre le risque d’être victime d’un attentat à l’explosif. Bien que les attentats perpétrés par le Front de Libération National de la Corse (FLNC) aient fait la Une des journaux pendant des décennies, la Corse connaît une très sensible diminution de violences clandestines depuis près de deux ans (en 2015, l’île a connu deux attentats).  

Le FLNC a annoncé en juin 2014 la fin de ses opérations terroristes et a entamé un processus de démilitarisation afin de favoriser un règlement politique de la question corse. En décembre 2015, les nationalistes ont pris le pouvoir à la collectivité territoriale de Corse après la victoire électorale d'une coalition composée d'autonomistes et d'indépendantistes. Il n’y a donc plus de raison de craindre d’attentats lors de l’achat d’un bien immobilier en Corse.

Obtenir un permis de construire en Corse, le parcours du combattant !


Le Cap Corse séduit souvent les acheteurs qui souhaitent vive au coeur d’une Corse authentique et sauvage. Les opportunités immobilières dans les zones les plus sauvages sont rares et il n'est pas toujours simple d'obtenir un permis de construire sur le littoral. La loi relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral encadre l'aménagement en Corse pour la protéger des excès de la spéculation immobilière.

Pour préserver ses paysages paradisiaques et ses espaces naturels protégés, les prescriptions locales d’urbanisme prévoient des contraintes spécifiques concernant les travaux de construction, d’embellissement ou de rénovation pour un bâtiment. Il convient donc d’être précautionneux et de respecter les prescriptions d’urbanisme. Sinon, les contrevenants se heurteront à des refus de permis de construire et des complications administratives, de main d’oeuvre, de matériaux, etc.

L’essentiel est de ne pas se précipiter sur un bien et de se faire conseiller par un professionnel comme un notaire ou un agent immobilier. Ils vous guideront vers des sites d’implantation en adéquation avec vos besoins, votre secteur de recherches et les prescriptions d’urbanisme en vigueur. Par ailleurs, préférez l’extrême sud de la Corse, où sont situées les magnifiques villes de Porto-Vecchio et Bonifacio, le grand Ajaccio et sa rive sud ainsi que la région de Balagne, où l’on retrouve l’Ile-Rousse et Calvi.

Vivre sur une île coûte cher ! 

Dernière rumeur qui ternit l’image de rêve de l’île de Beauté : la vie en Corse coûte cher, en particulier lorsqu’il s’agit de faire construire une résidence secondaire ! Du fait de l'insularité, le coût de la vie est peu plus élevé en Corse que sur le continent. En 2016, il est en moyenne 6% plus important qu’en France. 

C’est une spécificité insulaire à prendre en compte avant d’entamer la recherche d’un terrain constructible par exemple. La Corse n’ayant pas d’industrie, les produits de construction subissent les aléas des transports par bateau. Les coûts de construction sont donc, par conséquent, supérieurs à ceux de l’Hexagone. Comptez entre 2 et 2,5 millions d’euros pour la construction d’une résidence secondaire en Corse contre 3 millions pour un bien fini. L’écart financier est encore en faveur de la construction. Le tissu d’entreprises compétentes est par ailleurs plus développé à Porte-Vecchio et Ajaccio qu’en Balagne.

La Corse, communément surnommée "l’île de Beauté", est cependant un lieu de villégiature inestimable grâce à la richesse de sa faune et de sa flore, de ses merveilleux paysages, de ses espaces naturels protégés et de ses nombreuses activités de loisirs.

TVA / Urbanisation