L’économie collaborative et l’avènement du microservice : cessons de nier les besoins qui existent

L’économie collaborative est incontestablement une tendance de fond qui va continuer son accélération avec l’arrivée de nouveaux modèles tels que le microservice.

Pourquoi est-ce inexorable ? Car c’est tout simplement un modèle qui existe depuis des millénaires. Le terme a même été inventé en 1978 par Felson et Spaeth pour désigner les « événements dans lesquels une ou plusieurs personnes consomment des biens ou des services économiques dans un processus qui consiste à se livrer à des activités communes ».


Et le microservice s’inscrit bien dans ce cadre puisque c’est par définition, un service packagé et simple, à prix fixe, reposant sur des compétences personnelles et répondant à un besoin. Il s’inspire de la tendance du jobbing qui met en relation des particuliers qui ont besoin d’un service (dans ce cas le service est fait physiquement) et d’autres, qui possèdent les compétences requises et le temps pour le réaliser. Le microservice dématérialisé permet ainsi à tout un chacun de vendre ses compétences ou d’accéder facilement à un service en ligne pour la réalisation d’un logo standardisé ou pour la correction d’un texte en anglais par exemple.


L’idée n’est pas nouvelle depuis l’apparition de l’israélien Fiverr très présent aux US. Seulement, son expansion en Europe est pour l’instant un échec, particulièrement en France.

Avec l’arrivée de plateformes de microservices en France, telles que 5euros.com, j’entends déjà les détracteurs s’insurger : « Encore une nouvelle plateforme qui vient voler de vrais métiers et qui s’affranchit de tout cadre et réglementation ! ».

Et bien non. Je leur répondrais que la vocation de ce type de plateforme n'est en aucun cas de supplanter les services des professionnels qui de toute façon ne prendraient pas d’aussi petites réalisations. Trop compliqué, difficile d’accès, contacter un freelance pour un petit service n’est ni avantageux pour le client et encore moins pour le professionnel qui passerait plus de temps à faire un devis que d’effectuer le service en question. Pourtant, le besoin est bien là. Devrait-on ne pas en tenir compte en se basant sur un préjugé ou une réflexion un peu trop hâtive ?


Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’on parle ici pour un particulier de revenu complémentaire en marge d’une autre activité, revenu qui permettra à quelqu’un de boucler son budget, de pouvoir dégager quelques euros pour se faire plaisir. Pour une personne qui ne travaille pas, cela peut lui permettre de tester une activité avant d’accéder au statut d’auto-entrepreneur ou juste de reprendre pied après une longue période d’inactivité : recevoir des commandes, montrer qu’on est utile à la société par son travail est la meilleure des réinsertions. Il ne faut pas oublier les professionnels qui sont référencés pour capter un nouveau marché, de nouveaux clients ou qui trouvent l’offre intéressante et viable grâce à l’élaboration de microservices packagés qu’ils peuvent réaliser rapidement et précisément.


Et en attendant que la législation évolue pour clarifier les flous qui pourraient exister (ces flous existants d’ores et déjà dans l’économie dite réelle), il est important d’avoir un accompagnement pour bien établir la ligne de démarcation entre activité occasionnelle ou habituelle et personnelle ou professionnelle. Et concernant une dérive de professionnalisation ou d’activité habituelle, nous avertissons automatiquement le vendeur si celui-ci atteint des revenus complémentaires qui dépassent un certain seuil sur 5euros.com.


Surtout, nous attendons de voir l’évolution de la législation en France pour la mettre en application sur notre plateforme notamment concernant les contributions sociales et fiscales des revenus complémentaires générés via notre intermédiaire. Un cadre est plus que nécessaire pour que nous puissions développer nos idées et notre business sereinement.


Il ne faut pas nier les tensions créées par les nouveaux modèles comme le microservice. Mais il est important de garder à l’esprit le bénéfice de ce type d’économie sur le long terme car ne l’oublions pas, si celle-ci connaît un si grand succès, c’est qu’elle est clairement demandée et souhaitée par les citoyens. Face à cela, force est de constater que le droit est structurellement en retard sur les phénomènes économiques et sociaux. Internet va vite, trop vite, ce n’est pas la première fois, mais ça ne l’empêchera pas d’avancer.

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