Les fintech, sujet de coopération internationale

Les fintech, sujet de coopération internationale Les régulateurs français et singapouriens ont annoncé des accords afin d'échanger sur les pratiques et les tendances de chaque pays, la ville-Etat étant à la pointe de ce secteur.

Les fintech sont au cœur des préoccupations tant de la part des acteurs financiers classiques que des régulateurs nationaux. Ainsi, l'Autorité des marchés financiers (AMF), l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et l'Autorité monétaire de Singapour (MAS) ont annoncé avoir signé des accords communs pour accroître leur coopération dans le domaine des fintech. Dans ce cadre, les trois régulateurs échangeront des informations sur les tendances de l'innovation financière, les enjeux de régulation liés aux services financiers innovants et sur d'éventuels projets innovants communs.

Par ailleurs, ces accords permettent aux fintech agréées dans les deux pays de disposer d'informations sur la régulation applicable afin de favoriser les échanges entre les deux marchés. "Nous attendons avec intérêt des interactions plus étroites entre nos écosystèmes fintech respectifs, plus d'opportunités pour nos entreprises et plus d'accessibilité pour les consommateurs dans nos deux pays", a ainsi déclaré Ravi Menon, directeur général de la MAS.

La France, même si elle compte de plus en plus de fintech dans le paysage financier, est encore loin d'être au niveau de Singapour

De leur côté, les autorités françaises soulignent les synergies possibles par une telle coopération, notamment dans le développement international des acteurs hexagonaux. Et Singapour n'est surement pas là par hasard, car c'est le spot des fintech en Asie. Ainsi, l'an dernier, sur les 158 millions de dollars investis dans le secteur dans la région, plus de la moitié (52%) ont été financé dans les fintech singapouriennes, selon les données publiées par CB Insights. Il faut dire que Singapour propose un véritable écosystème aux start-up, à la fois grâce à un support important du gouvernement mais aussi à un système financier stable et une fiscalité avantageuse pour les entrepreneurs.

La ville-Etat a fait du développement des fintech une priorité pour garder sa position de leader dans le secteur financier de la région. Et parmi les avancées majeures, celle de la mise en place par la MAS d'une "boite à outils de réglementation" pour permettre aux acteurs financiers et non financiers du pays, d'expérimenter et appliquer des solutions financières innovantes et technologiques. La France, même si elle compte de plus en plus de fintech dans le paysage financier, est encore loin d'être au niveau de Singapour. A commencer par le manque de connaissance des Français qui ne savent pas identifier le principe même d'une fintech.

Les Français sont prêts pour une gestion de leurs finances personnelles digitalisée

Ainsi, selon la deuxième édition de son étude "les Français et les fintech", Deloitte montre-t-il que seuls 4% des personnes interrogées savent ce que c'est, "pourtant ils sont nombreux à les utiliser sans le savoir", souligne l'étude. Ainsi, 26% des sondés utilisent les comparateurs de prix et de services, 15% les transferts d'argent et sites de cagnottes et 15% le financement participatif.

Par ailleurs, 67% des sondés sont intéressés par les comparateurs de prix et de services, devant l'assurance habitation connectée (64%), l'agrégation de contrats d'assurance (63%), la santé connectée (56%) et l'assurance auto connectée (57%). De fait, les Français sont prêts pour une gestion de leurs finances personnelles digitalisée et dans la très grande majorité les services proposés par les fintech sont reconnus comme innovants et comme des produits d'avenir.

En revanche, la pédagogie (37%) et la sécurité (34%) sont les principaux freins liés à l'utilisation de ces services. De fait, les acteurs traditionnels vont devoir s'adapter car 25% des sondés envisagent quand même de quitter leur établissement financier traditionnel pour une fintech. Et ce d'autant plus que "l'enquête montre que 76% des Français pensent qu'aucun outil digital ne remplacera l'humain en banque-assurance. L'homme, la relation humaine augmentée, resteront au cœur de la relation client dorénavant digitalisée", analyse Julien Maldonato, Directeur Conseil Fintech Disruptor chez Deloitte.

Article originel publié sur WanSquare le 27/03/2017.

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