Crowdfunding : définition, sites et marché français…

Crowdfunding : définition, sites et marché français… Le crowdfunding ou financement participatif permet de récolter des fonds auprès de particuliers et entreprises. Les plateformes françaises les plus connues sont KissKissBankBank et Ulule.

[Mise à jour le 13 décembre 2017 à 10h20]  La plateforme de crowdfunding US Indiegogo se lance dans les initial coin offering (ICO), des levées de fonds en crypto-monnaies. Pour ce faire, elle s'est associée à MicroVentures, un site de crowdequity. Le premier projet à lancer son ICO est celui d'une "fantasy league" de football américain, qui cherche à lever 5 millions de dollars. Les jetons échangés lors de l'ICO serviront de monnaie d'échange pour les transactions du jeu comme le recrutement de joueurs et d'entraîneurs.

Le financement participatif, ou crowdfunding, permet aux entreprises et particuliers de collecter des fonds pour un projet (économique, personnel, humanitaire…). En 2016, on dénombrait 2,6 millions de financeurs, selon l'association Financement Participatif France. 

Définition du crowdfunding 

Le crowdfunding est un terme anglais qui désigne le financement participatif ou littéralement le financement par la foule. Il s'effectue principalement sur des sites Internet et il en existe trois formes.

  • Le plus connu du grand public est le don. Il peut être effectué sans ou avec récompense. En général, la récompense est plutôt symbolique (une mention de votre nom sur le site, un tee-shirt à l'effigie de l'entreprise…). Le don est recommandé pour tester son produit ou service sur le marché et connaître l'avis du public. Il permet aussi de créer un effet de levier sur d'autres financements (prêts bancaires, subventions...). 
  • La deuxième forme de crowdfunding est le crowdequity (ou investissement). C'est une prise de participation dans l'entreprise sous forme de capital, d'obligations ou de royalties. Elle est utile pour financer le développement d'un projet à caractère innovant ou peu prisé par les investisseurs traditionnels. La prise de participation ouvre droit dans certains cas à des avantages fiscaux pour les investisseurs. 
  • La troisième forme de crowdfunding est le crowdlending (ou prêt participatif) avec ou sans intérêt. Le prêt permet en général de financer des dépenses non prises en compte par les banques ou des projets d'investissements immatériels. Cependant, l'entreprise doit exister depuis au moins deux ans pour y prétendre notamment pour les prêts rémunérés. Le montant du prêt rémunéré est plafonné par la loi à 2 000 euros par individu et à 5 000 euros pour le non rémunéré.

En 2016, 233,8 millions d'euros ont été collectés via les plateformes de crowdfunding en France. Le prêt représentait 41,3% (soit 96,6 millions d'euros), le don et l'investissement 29,3% chacun (soit 68,6 millions d'euros). Le prêt est la voie privilégiée par les financeurs. C'est assez logique car le taux de succès des projets est supérieur à celui du don et de l'investissement (94% contre respectivement 75% et 84%).

En 2016, le prêt représentait 41,3% des fonds collectés sur les plateformes françaises de crowdfunding. © JDN / Financement Participatif France

Fonctionnement d'une plateforme de crowdfunding

Le fonctionnement d'une campagne de crowdfunding est simple. Le porteur de projet ouvre un compte sur le site qui lui convient le mieux. Il précise le mode de financement (si la plateforme en propose plusieurs) et le montant désiré. Une campagne ne peut pas durer indéfiniment, la plateforme décide donc de la durée maximale d'une campagne. Le financeur doit aussi ouvrir un compte sur la plateforme. A la fin de la durée de la campagne, si le montant demandé a été atteint, le compte du financeurs est débité et le porteur de projet reçoit les fonds. Si l'objectif n'a pas été atteint, le porteur de projet ne reçoit pas les fonds. De son côté, la plateforme prend une commission sur le montant des sommes récoltées (en général entre 5 et 12%) si l'objectif est atteint. 

Le crowdfunding en France 

Le crowdfunding est un marché très dynamique en France. Les chiffres augmentent d'année en année. Les fonds collectés entre 2015 et 2016 ont progressé de 40% (de 166,8 millions à 233,8 millions). En 2016, les 2,6 millions d'investisseurs ont financé 21 375 projets. Toutes les typologies de projets font mieux que l'année précédente : +37% pour le don, +46% pour le prêt et +36 % pour le crowdequity. Les projets entrepreneuriaux représentent près de la moitié des projets financés en 2016. Pourtant, les plateformes de crowdfunding  généralistes s'adressent à tous les types de projets (associatifs, éducatifs, humanitaires…).

En 2016, les projets entrepreneuriaux étaient les plus financés par les Français. © JDN / Financement Participatif France

Les sites de crowdfunding

En France, il existe une soixantaine de sites de crowdfunding. Une majorité d'entre eux sont des sites généralistes. Les plus connues sont KissKissBank et Ulule en France. Aux Etats-Unis, Kickstarter et Indiegogo sont leaders dans leur secteur. Voici une liste non-exhaustive des plateformes généralistes françaises.

Typologie de crowdfunding  Plateformes généralistes françaises
Don  KissKissBankBank, Tributile, Ulule
Prêt Anaxago, Bolden, ClubFunding, Credit.fr, Lendix, Lendopolis, Les Entreprêteurs, Look&Fin, Options, Pretup, Prexem, Tributile, Unilend, WeShareBonds
Investissement  ABFunding, Anaxago, Bulb in Town, kiosktoinvest, Mynewstartup, My Win, Sowefund, Wiseed 

Il existe également des plateformes thématiques (agriculture, immobilier, développement durable…) et des plateformes régionales. Par exemple, GwenneG est une plateforme de financement participatif dédiée aux projets bretons.

Kickstarter, le leader du crowdfunding   

Kickstarter est la première plateforme de crowdfunding dans le monde. Créée en 2009 à New York, elle a financé à ce jour plus de 126 000 projets et collecté plus de 3 milliards de dollars. Elle propose uniquement du financement participatif par don et compte 13 catégories : films, musique, technologie, mode… Elle rassemble une communauté de 13 millions de financeurs à travers le monde. La plateforme US prélève une commission de 5% sur les projets et le taux de réussite moyen s'élève à 35,8% début 2017. La version française de Kickstarter a été lancée en mai 2015 mais le succès n'est pas encore au rendez-vous. En 2016, elle a levé 10 millions d'euros, alors que le Français Ulule a collecté 25 millions d'euros.  La plateforme est aussi présente dans 14 autres pays européens (Royaume-Uni, Pays-Bas, Danemark, Irlande, Allemagne, Belgique…).  

KissKissBankBank et Ulule 

KissKissbankbank est une des plateformes les plus populaires en France. Créée en septembre 2009, elle a permis de financer plus de 92 000 projets à ce jour pour un total de 69,6 millions d'euros. Elle revendique 1,2 million de "KissBankers", surnom donné à ses financeurs. Plus de 26 800 projets ont déjà été financés. Certains sont très célèbres comme le film documentaire "Demain" réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion. En 60 jours, ils ont collecté 444 390 euros auprès de 10 266 personnes. C'est bien plus que leur objectif de départ qui était de 200 000 euros.

Le film documentaire "Demain" a collecté 444 390 euros en 60 jours sur KissKissBankBank. © Capture d'écran JDN

En juin 2017, la plateforme a été rachetée par La Banque Postale pour un montant non communiqué. La banque française a également acquis les deux autres plateformes de KissKissBankBank : Hellomerci (projets personnels) et Lendopolis (financement de TPE/PME). 

KissKissBankBank a un sérieux concurrent : Ulule. Fondée par Alexandre Boucherot en octobre 2010, Ulule est une plateforme de crowdfunding généraliste qui propose une dizaine de catégories (culture, social, entrepreneuriat…). Depuis sa création, plus de 18 200 projets ont été financés sur la plateforme pour un montant total de 82 millions d'euros. Disponible en huit langues, la plateforme tricolore compte 1,6 million de membres dans le monde. Le taux de succès moyen des projets s'élève à 68%, devant KissKissBankBank et ses 67%. L'équipe est dispersée entre Paris, Montréal, Barcelone, Rome et Bruxelles. En 2016, Ulule a lancé une autre plateforme, Okpal, dédiée aux projets personnels. 

Le crowdfunding immobilier 

Le crowdfunding immobilier permet aux particuliers et aux professionnels d'investir collectivement dans des projets immobiliers. C'est une forme de crowdlending car c'est un prêt collectif auprès d'un promoteur immobilier. Les financeurs souscrivent à un emprunt obligataire émis par la société mère du promoteur immobilier ou par une société de projets. Le taux de rendement contractuel est fixé en amont du projet. Il avoisine environ 10% par an, ce qui est très avantageux. Les investisseurs récupèrent le montant de leur souscription ainsi que les intérêts perçus une fois que le projet est terminé et commercialisé (en général entre 12 et 24 mois). En 2016, 54,8 millions d'euros ont été collectés sur 17 plateformes de crowdfunding (selon un baromètre publié par Anaxago d'après des chiffres de l'agrégateur HelloCrowdfunding). Un montant en hausse de 80% par rapport à 2015. Le marché est dominé par deux acteurs, Wiseed et Anaxago, qui totalisent 64% des montants collectés en 2016. 

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