Jusqu'où ira la crise financière ? Comment une banque fait faillite en quelques heures

Bear Stearns en mars, Lehman Brothers en septembre. Les géants américains de la finance, qui paraissaient inébranlables, se sont retrouvés au tapis en quelques jours.

Si de telles institutions de Wall Street se sont effondrées si rapidement, c'est d'abord par une brusque diminution de leurs liquidités. Car les banques investissent la quasi-totalité de leurs fonds sur les marchés, ne gardant qu'une faible part pour leur fonctionnement au jour le jour. Cette partie, appelée liquidités, est gérée par un service spécialisé, le pôle de liquidités. C'est lui qui a la charge de répondre aux demandes d'argent frais de l'ensemble des activités de la banque (les retraits, les investissements...). En perpétuelle évolution, cette masse d'argent immédiatement disponible, doit respecter un niveau minimum pour assurer les obligations légales auxquels les banques sont soumises. Mais au-delà de cette limite, les banques placent ces sommes pour les faire " travailler ".

le pool de liquidité de bear stearns s'est effondré en trois jours.
Le pool de liquidité de Bear Stearns s'est effondré en trois jours. © JDN

Le système fonctionne tant que les investissements retournent à temps dans ce pôle. Dans le cas contraire, lorsque les défauts de paiements se multiplient, que les défaillances d'entreprises s'accélèrent et que les actifs toxiques contaminent les marchés, la circulation d'actifs se brise et les liquidités fondent à grande vitesse. La confiance est alors rompue, aucune banque ne veut prêter à l'établissement en difficultés, les financements n'arrivent plus et le cours de bourse s'effondre. C'est comme cela qu'une banque gérant plus de 200 milliards d'euros d'actifs fonctionne en temps normal avec des liquidités de quelque 20 milliards seulement. Il suffit d'un cumul de pertes atteignant cette somme pour provoquer la chute finale de la banque.

Ainsi de Bear Stearns. Début mars, le montant de son pôle de liquidités tournait autour de 20 milliards de dollars. Le lundi 10 mars, il était encore de 18,1 milliards de dollars. Le lendemain, il chute à 11,5. Le jeudi, il se retrouve réduit à 2 milliards de dollars, 10 fois moins que la semaine précédente. Le vendredi Bear Stearns n'a plus d'argent frais et n'arrive pas à vendre ses actifs. C'est la chute. Une recapitalisation est alors indispensable. La Fed volera à son secours, puis JP Morgan la rachètera.

 

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