Le marché du bateau de plaisance : le calme après la tempête

Marché du bateau de plaisance selon Xerfi Les constructeurs nautiques français ont subi violemment la crise de 2008. Heureusement, le beau temps pourrait revenir grâce surtout au marché étranger.

Les constructeurs français de bateaux de plaisance se dirigent-ils enfin vers une lente amélioration ? Il est peut-être trop tôt pour l'affirmer. Ils font face actuellement à deux situations contrastées.

D'un côté, le marché français reste déprimé en 2014, estime Xerfi dans son étude "Le marché des bateaux de plaisance". "Outre la prudence des ménages en matière de dépenses, l'un des principaux obstacles au développement du parc de bateaux est la saturation des littoraux en France", avance l'étude. Il faut attendre 5 ans en moyenne pour trouver une place dans un port ! Pour la huitième année consécutive, les nouvelles immatriculations des bateaux de loisir afficheront une baisse l'an prochain en France, d'après Xerfi. L'institut d'études prévoit une baisse de 3% en 2015, après -7% en 2014 et -15,1% en 2013.

De l'autre, le marché à l'export profite à la fois de la reprise du marché américain et de l'attrait croissant pour les activités nautiques en Asie et au Moyen-Orient. Principaux bénéficiaires : les constructeurs dont le savoir-faire est reconnu en dehors des frontières, comme Bénéteau ou Dufour Yachts. Les ventes à l'étranger des fabricants de l'Hexagone devraient ainsi avoir progressé de 4% en 2014, pour atteindre 671 millions d'euros.

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Graphique tiré de l'étude "Le marché des bateaux de plaisance" de Xerfi - Precepta © Xerfi

L'un dans l'autre, la production de bateaux de plaisance française s'est stabilisée durant l'année 2013/2014, à -0,5% contre -7,9% en 2012/2013. Elle devrait enfin renouer avec la croissance en 2014/2015, avec une hausse attendue de 5% prévoit Xerfi.

Même s'il rassure les professionnels, ce chiffre reste encore bien loin de l'âge d'or qu'ils ont connu, entre 1995 et 2007, avec une croissance annuelle de 14% en moyenne. De quoi faire pâlir d'envie bon nombre d'industriels. Un engouement qui s'expliquait d'abord par le phénomène du "papy boom" : "Première clientèle de l'industrie de la plaisance, la catégorie des retraités a vu son poids augmenter en France et dans les pays développés, contribuant à doper les commandes adressées aux fabricants", avance Xerfi. Deuxième facteur favorable : le développement d'une classe moyenne dans les pays émergents. 72% du chiffre d'affaires de la construction de bateaux destinés au grand voyage est en effet réalisé à l'export. Enfin, la décennie a vu la consolidation du secteur, avec par exemple la constitution du groupe Bénéteau, aujourd'hui encore à l'origine d'un voilier sur trois naviguant dans le monde.

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Graphique tiré de l'étude "Le marché des bateaux de plaisance" de Xerfi - Precepta. © Xerfi

Mais la crise économique de 2008 a radicalement changé la donne. Particulièrement sensible aux arbitrages dans le budget des ménages, le secteur de la plaisance a été touché de plein fouet. Ces six dernières années, le marché des constructeurs français a chuté de 4,5% par an en moyenne. Les Etats-Unis, qui représentent à eux seuls 15% du marché mondial, ont particulièrement pesé sur l'activité.

La baisse brutale des ventes conjuguée aux problèmes de trésorerie a entraîné le naufrage de plusieurs opérateurs, mis en liquidation judiciaire. "D'autres ont cessé leur production ou en sous-traitent une partie en dehors du territoire, à l'image de Rodriguez Group", rapporte Xerfi.

 

Source

L'étude "Le marché des bateaux de plaisance" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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