Ce que l’économie nous réserve au second semestre 2015

9 indicateurs sur 16 prédisent une reprise. Une embellie menacée par des tendances inquiétantes, en France et à l'international.

Pour prédire l’avenir, pas de boule de cristal chez les économistes mais un certain nombre de chiffres. Des indicateurs, pour certains dits "avancés", qui permettent d’anticiper les tendances. Le JDN en a disséqué 16.

Si l'on en croit le très optimiste FMI, le taux de croissance du PIB de la France devrait quadrupler en 2015 par rapport à 2014 à 1,16%, avant d'atteindre 1,70% en 2017 et de se stabiliser aux alentours de 1,90% d'ici 2020. Une progression confirmée par  nos indicateurs ?

Commençons par la demande des ménages, cruciale dans un pays comme la France, dont la croissance est traditionnellement tirée par la consommation. La confiance des Français en l'avenir permet de l'anticiper : au plus bas en mai 2013, l'indicateur qui la synthétise a augmenté de 13 points en deux ans en France. Petit à petit, il se redirige vers son niveau d'avant-crise, même s'il reste inférieur de 14 points en mai 2015 par rapport à en mai 2007. Cette confiance en partie retrouvée des consommateurs s'accompagne d'un regain de celle des producteurs : les perspectives d'investissement des industriels sont positives au premier semestre 2015 pour la première fois depuis un an.

La confiance en partie retrouvée des consommateurs s'accompagne d'un regain de celle des producteurs

Autre bonne nouvelle, tant pour la consommation que pour la production : l'indice des prix internationaux des matières premières alimentaires importées, après une augmentation de 6% depuis décembre 2014, repart sensiblement à la baisse avec une chute de 2% entre mars et avril 2015. De quoi baisser les coûts des industriels et diminuer les prix des produits finis.

Un cercle vertueux pourrait alors s'enclencher : pour répondre à cette potentielle demande intérieure, beaucoup d'entreprises françaises n'auront d'autre choix que de se développer. Au deuxième trimestre 2015, près de 25% d'entre elles sont déjà au maximum de leurs capacités de production. Cela signifie qu'elles fonctionnent à plein régime et par conséquent qu'elles devront investir pour prospérer.

Autre indice d'une possible reprise de l'activité économique : la nette hausse de la demande mondiale de pétrole. En cinq ans, la quantité de barils demandés par jour a augmenté de 5 millions d'unités.

Indicateur Positif Négatif
Biens durables US X  
Consommation américaine X  
Constructions de logements   X
Intérim X  
Investissements X  
La croissance X  
La demande de pétrole X  
Le trafic maritime    X
Les goulots de production X  
Les prix à la consommation   X
Matières premières importées X  
Moral des ménages X  
Or vs Argent   X
Recrutements de cadres    X
Ted spread   X
Trésor américain   X

Avec 9 indicateurs positifs sur 16, l'optimisme l'emporte d'une courte tête. De quoi s'autoriser à croire à une embellie au deuxième semestre 2015, voire plus si affinités ? Certaines tendances ont de quoi doucher les enthousiasmes.

Parmi elles, l'évolution du rapport entre l'or et l'argent qui ne cesse d'augmenter, preuve que le recours aux valeurs refuge est toujours de mise. En Europe, la bombe à retardement de la Grèce peut à tout moment faire exploser la zone euro, d'où une certaine prudence des acteurs économiques, et notamment des banques. Aux Etats-Unis, cela se concrétise par des taux des bons du Trésor en berne, et ce malgré la puissance de la consommation des ménages.

Une prudence également illustrée par l'état de l'immobilier français. Le cumul sur 12 mois de logements commencés est en baisse constante depuis septembre 2013, passant de 417 800 chantiers à 351 400 en mars 2015. Un niveau qui n’a jamais été aussi bas depuis le milieu de l’année 2009, sous l’effet de la crise.

L'indice Baltic Dry, qui reflète le niveau des échanges internationaux, s'est effondré de moitié entre fin 2014 et mai 2015

Même constat pour le transport maritime : l'indice Baltic Dry, qui calcule le coût du transport maritime et donne ainsi une idée du niveau des échanges commerciaux mondiaux, s'est effondré de moitié entre fin 2014 et mai 2015, signe que le rythme ralentit.

L'influence des Etats-Unis sur l'économie mondiale n'est plus à prouver et sa santé financière est indispensable à l'équilibre international. C'est pourquoi le JDN s'est penché sur des indicateurs tels que le Ted spread. Cet indice, qui mesure la différence entre les taux bancaires et les taux des bons du Trésor américains, atteint 0,25% en avril 2015 pour la première fois depuis septembre 2012. Traduction : il y a de moins en moins de confiance dans les échanges interbancaires, ce qui traduit un climat de méfiance peu propice à la reprise.

Les Etats-Unis peuvent néanmoins compter sur les dépenses mensuelles de consommation des ménages, qui ont observé un sursaut de 7% entre mars 2014 et mars 2015. La barre historique des 12 milliards de dollars a même été dépassée en août 2014. Sur les trois premiers mois de 2015, elle affiche une croissance de 0,6%. Enfin, autre bonne nouvelle outre-Atlantique : le redécollage de l'immobilier.

Reste désormais à savoir ce qui l'emportera dans l'esprit des acteurs économiques. Les quelques bonnes nouvelles que la conjoncture mondiale à offrir ou la méfiance installée depuis 2007 et le début de la crise, et en particulier la peur qu'inspire la fragile zone euro ? Réponse fin 2015.

Crise financière