Salaires des grands patrons : plus de 200 millions distribués en 2014

Comme chaque année, le JDN a décortiqué la rémunération des dirigeants des 120 plus grandes capitalisations boursières françaises.

Michel Combes s'apprête à faire des envieux… jusque dans le cercle très fermé des patrons des plus grandes entreprises françaises. Avec sa seule prime de départ (MAJ : s'il devait la toucher en totalité), le désormais ex-président d'Alcatel touche plus de huit fois le salaire annuel moyen des patrons du SBF 120.

Ce n'est pas le seul enseignement qui ressort de l'étude annuelle du JDN sur les rémunérations des dirigeants des plus grandes capitalisations boursières françaises (voir tous les salaires des patrons). Pour l'exercice 2014, le montant total des rémunérations dues par 118 des 120 entreprises du SBF à leurs dirigeants respectifs s'élève à 203,3 millions d'euros. Pourquoi 118 et non 120 ? Deux entreprises, le spécialiste de l'inox Aperam et l'opérateur privé de satellites de télécommunications SES, n'ont, comme à leur habitude, pas communiqué ces données.

Les seules entreprises du CAC 40 doivent au total 95 millions d'euros à leurs patrons au titre de 2014

A titre de comparaison, la prime de départ de Michel Combes représente à elle seule l'équivalent de 6,7% du montant total des rémunérations distribuées par les 120 plus grandes entreprises cotées françaises à leurs dirigeants. Dans le détail, les 124 patrons (4 firmes ont eu deux dirigeants en cours d'année) reçoivent en moyenne 1,7 million d'euros chacun.

Paradoxalement, en 2013, si les 121 entreprises répertoriées à l'époque par le SBF 120 devaient au total 192,7 millions d'euros à leurs dirigeants respectifs, soit plus de 10 millions de moins que l'année suivante, cela représentait en moyenne 1,8 million pour chacun des 126 patrons, soit 100 000 euros de plus qu'en 2014.

Si l'on considère uniquement les entreprises du CAC 40, elles doivent au total 95 millions d'euros à leurs patrons au titre de 2014, soit près de la moitié du montant total dû par le SBF 120 à elles seules. Les 40 plus grosses entreprises françaises devaient ainsi en moyenne 2,2 millions aux 44 dirigeants qu'elles ont connus en 2014, soit un demi-million de plus que la moyenne du SBF 120.

Les 20 patrons les mieux payés du SBF 120 en 2014

Rang

Prénom nom

Entreprise

Total 2014

Evolution 1 an

1

Laurent Burelle

Plastic Omnium

4,24 millions €

+9,5%

2

Daniel Julien

Teleperformance

4 millions €

+2,9%

3

Jean-Paul Agon

L'Oréal

3,96 millions €

-1,6%

4

Georges Plassat

Carrefour

3,76 millions €

-0,9%

5

Bernard Arnault

LVMH

3,39 millions €

-5,3%

6

Thomas Enders

Airbus Group

3,22 millions €

+9,3%

7

Jean-Pierre Clamadieu

Solvay

3,16 millions €

+45,5%

8

Lakshmi Mittal

ArcelorMittal

3,15 millions €

+86,5%

9

Carlos Ghosn

Renault

3,1 millions €

+13,8%

10

Franck Riboud

Danone

2,887 millions €

+48,2%

11

Michel Landel

Sodexo

2,886 millions €

+47%

12

Benoît Potier

Air Liquide

2,843 millions €

+9,2%

13

Jean-Laurent Bonnafé

BNP Paribas

2,839 millions €

-17,5%

14

Maurice Lévy

Publicis Groupe

2,83 millions €

-37%

15

Vincent Bolloré

Bolloré

2,82 millions €

+34,2%

16

Henri de Castries

Axa

2,8 millions €

-0,1%

17

Christophe de Margerie

Total

2,77 millions €

 N.A.

18

Carlos Tavares

Peugeot

2,751 millions €

 N.A.

19

François-Henri Pinault

Kering

2,750 millions €

+8,5%

20

Paul Hermelin

Capgemini

2,62 millions €

+0,7%

Parmi les grands gagnants de ce classement 2014, Lakshmi Mittal, PDG du groupe sidérurgique ArcelorMittal, a vu sa rémunération bondir de 86,5% par rapport à 2013. Franck Riboud (Danone) et Michel Landel (Sodexo) bénéficient également d'augmentations de 48,2% et 47%. Sur les 20 patrons les mieux payés du SBF 120, ils sont plus de la moitié à avoir été augmentés.

En 2014, 109 des 120 entreprises du SBF 120 ont inclus une part variable au salaire dû à leur dirigeant

Si l'on se penche sur l'ensemble des rémunérations du SBF, on constate que les parts variables pèsent toujours autant. En 2014, 109 des 120 entreprises du SBF 120 ont ainsi inclus un variable au salaire dû à leur dirigeant, à hauteur de 98 millions d'euros, soit 52% du total des rémunérations du SBF. Une part non fixe qui représentait en moyenne 900 000 euros par dirigeant concerné.

En 2013, 106 des 121 entreprises du SBF 120 devaient 97 millions d'euros de rémunération variable à leurs dirigeants, avec une moyenne de 915 429 euros par tête. Cette part non fixe représentait alors 50% du montant total dû.

Outre cette partie du salaire soumise aux résultats des entreprises, un certain nombre d'à-côté viennent mettre du beurre dans les épinards du gratin du patronat français. Souvent pointées du doigt, les retraites complémentaires concernent 51% des dirigeants du SBF 120 en 2014. Ils sont autant à bénéficier d'une indemnité de départ. Ils n'étaient cependant que 21% à se voir attribuer des stocks en 2014. Des chiffres tous similaires à ceux de 2013.

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