Julien Ampollini (SoLocal) "PagesJaunes veut équiper 10 000 professionnels de santé pour la prise de RDV d'ici la fin de l’année"

Julien Ampollini, directeur du pôle Media de SoLocal Group, décrypte la stratégie du groupe en matière de prises de rendez-vous médicaux.

Julien Ampollini, directeur du pôle Media Solocal Group. © SoLocal Group

JDN. Vous avez lancé en mars PagesJaunesDoc, un service de prise de rendez-vous en ligne dédié aux professionnels de santé. Quelle différence avec l'outil qui existait déjà jusque-là ?

Julien Ampollini. En 2011, nous avons racheté la société de prise de rendez-vous en ligne Clicrdv et, depuis, nous proposions aux internautes de prendre rendez-vous avec un professionnel quel qu'il soit, parmi lesquels ceux de santé. Jusqu'à récemment, les usages dans le domaine de la santé étaient restés confidentiels et la demande était anecdotique. Depuis quelques temps cependant, nous ressentons une vraie traction sur ce marché, tant du côté des particuliers que des professionnels de santé. A cause de cette traction, et aussi parce que nous avons identifié des besoins de fonctionnalités spécifiques à la santé, nous avons lancé une nouvelle offre début mars, spécialement dédiée aux professionnels de santé.

 

Qu'apporte-t-elle de plus ?

On a amélioré l'intégration du service, l'expérience utilisateur… Et on va continuer à le faire au cours des semaines et mois à venir. On va mettre de plus en plus de contenus : plans, adresses, photos… On vise un usage de masse. Et puis l'abonnement est désormais gratuit alors qu'il coûtait 59 euros par mois auparavant. On ne facture plus que des options : confirmation de rendez-vous par sms, permanence téléphonique, création d'un site Web…

 

Est-ce qu'au-delà de la traction, ce n'est pas surtout la concurrence croissante de la part de MonDocteur, Doctolib et consorts, dont le service coûte une centaine d'euros par mois aux professionnels, qui vous a poussé à lancer une offre gratuite pour attaquer le marché ?

C'est vrai que l'environnement concurrentiel sur ce segment était soudainement beaucoup plus fort et que c'est aussi pour ça qu'on a décidé d'accélérer. Oui, il y a déjà des concurrents, mais on est très loin du potentiel global du marché, qui va devenir massif. Le marché reste encore très largement à évangéliser.

 

La gratuité, c'est une manière de rattraper rapidement ces concurrents ?

Nous avons une audience qui permet d'offrir ce service en masse, donc on veut s'assurer de l'offrir à un maximum de professionnels. Nous sommes largement devant en termes d'audience et on vise à le rester.

 

245 millions de pages vues en santé sur Pages Jaunes en 2015

Quelle part de votre audience concerne les professionnels de santé ?

Sur un milliard de visites sur Pages Jaunes en 2015, 245 millions concernaient l'univers de la santé. La traction est forte, notamment sur mobile. On pressent le passage d'un service anecdotique à un usage massif.

 

Combien de rendez-vous avec des professionnels de la santé sont pris via votre service aujourd'hui ?

75 millions de rendez-vous tous domaines confondus ont été géré en six ans, depuis l'acquisition de Clicrdv… dont autant en 2015 que sur toutes les années précédentes. La santé est devenue l'une des activités les plus populaires, avec l'esthétique et les services administratifs mais nous ne donnons pas le nombre de rendez-vous pris pour ce secteur en particulier.

 

Quel bilan faites-vous de la nouvelle offre depuis son lancement en mars ?

"200 à 250 000 professionnels de santé pourraient être intéressés"

Au total, nous référençons 4 millions de professionnels, dont 400 000 professionnels de la santé. On estime entre 200 et 250 000 ceux pour lesquels la prise de rendez-vous en ligne est pertinente. Environ 3 000 étaient déjà équipés de notre offre pour la prise de rendez-vous début mars, et nous montons en puissance depuis le lancement de la nouvelle offre. Le rythme de recrutement a été multiplié par plus de deux, mais je ne peux pas encore en dire plus.

 

Quels objectifs vous êtes-vous fixés ?

Nous voulons passer la barre des 10 000 professionnels de santé équipés d'ici la fin de l'année ou le début de l'année prochaine puis le plus vite possible 15 ou 20 000.

 

Les professionnels de santé sont-ils soumis à une clause d'exclusivité qui les empêche d'utiliser vos concurrents ?

Non, les médecins peuvent être présents sur plusieurs plateformes.

 

Certains de vos concurrents lancent des fonctionnalités supplémentaires pour se démarquer en aidant les médecins dans leur activité quotidienne : conserver l'historique d'informations sur les patients, discuter avec eux facilement par chat ou messagerie… Est-ce dans vos projets ?

Ce sont des choses que l'on a observé, mais notre cœur de métier n'est pas la médecine en ligne : c'est la mise en relation entre particuliers et professionnels. On se concentre donc sur la prise de rendez-vous et on travaille pour qu'elle soit la plus simple, la plus intuitive possible : c'est notre ADN. On capitalise sur le savoir-faire que l'on a déjà. On ne va pas travailler sur l'e-santé sous toutes ses formes, même si certains acteurs se positionnent sur d'autres fonctionnalités plus larges.

 

Diplômé d'HEC, Julien Ampollini a débuté chez LVMH puis rejoint le cabinet de conseil en stratégie Bain & Co. Il participe, en 2000, à la création d'Egencia, leader européen du voyage d'affaires en ligne. Après avoir été manager au sein du Boston Consulting Group, il devient en 2007 directeur de la Stratégie du Groupe Canal+. En 2009, il intègre SoLocal Group comme directeur stratégie et communication, puis DG de SoLocal Network. Il est actuellement directeur général adjoint du Groupe, en charge des médias et des produits.

 

Et aussi

 

Pages jaunes / E-Santé