Exclusif : la fintech française Aston iTrade Finance lève 6 millions d'euros

Exclusif : la fintech française Aston iTrade Finance lève 6 millions d'euros Pour 2017, la plateforme BtoB de gestion des créances clients prévoit dix recrutements et un lancement en Allemagne.

Aston iTrade Finance a beau être "la fintech la moins glamour du marché" selon son président-fondateur Amaury de la Lance, elle continue d'attirer les investisseurs. Fin 2016, la plateforme BtoB de gestion des créances clients a levé 6 millions d'euros, dont la moitié en equity auprès du fonds Seventure et l'autre moitié en quasi fonds propres et dette bancaire. Soit au total 10 millions d'euros levés depuis sa création en 2011.

La start-up veut atteindre les 4 milliards d'euros de factures traitées en 2017

Ces nouveaux financements doivent lui permettre "d'accélérer son développement commercial et son avance technologique". Pour ce faire, dix recrutements sont prévus en 2017, en plus des cinq qui ont déjà eu lieu depuis décembre dernier. Aston iTrade Finance compte aujourd'hui 25 salariés et fait appel à six personnes en prestation de services.

La plateforme propose une solution en mode Saas et un cloud computing privé pour permettre aux entreprises de récupérer du cash en valorisant leurs factures en attente de paiement. Comment ? Aston iTrade Finance joue sur trois tableaux. Un, la réduction des délais de paiement, grâce à un système de relance automatisé. Deux, l'évitement du risque d'impayé. "Travailler avec un assureur crédit, qui vous rembourse si votre client ne vous paie pas, ce n'est pas du tout digital. C'est même très compliqué. Nous, nous sommes connectés à ces acteurs", promeut Amaury de la Lance. Trois, l'affacturage : "Travailler avec un factor, la filiale spécialisée d'une banque qui finance votre facture, c'est pareil que travailler avec un assureur-crédit, c'est compliqué. Il faut tirer des liens informatiques, les sites extranet des factors datent d'il y a dix ans… Nous sommes reliés aux factors, ce qui permet aux entreprises qui font appel à nous de se financer de manière très fluide".

"Grâce à nous, ajoute le patron d'Aston, les assureurs-crédits et les factors peuvent digitaliser leur offre. Il y a deux ans ça n'avait pas de valeur. Aujourd'hui, ça en a. Notre offre sécurise leurs transactions et ça leur apporte du business." C'est d'ailleurs ce qui a plu à Seventure Partners : "Nous choisissons des fintech qui envisagent de collaborer avec des acteurs bancaires existants. Le modèle de la fintech qui va battre les banques, c'est bien en termes de marketing, mais nous pensons que ça ne correspond pas à la réalité de ce qui va se passer", lance David Manjarrès, directeur du département technologies digitales du fonds.

A ce jour, Aston compte 700 entreprises connectées à ses services

A ce jour, 700 entreprises sont connectées aux services d'Aston iTrade Finance. "Cela va de la PME à l'entreprise du Cac 40", décrit le dirigeant, sans toutefois citer de noms. Tout juste consent-il à lâcher que son plus petit client affiche un chiffre d'affaires de 7 millions d'euros. "Aujourd'hui en France, il y a une énorme demande des PME", analyse-t-il.

L'entrepreneur ne se montre pas beaucoup plus loquace lorsqu'il s'agit de communiquer sur son propre chiffre d'affaires, dont 50% est réalisé à l'international, avance-t-il. Si ce n'est pour signaler une croissance de… 978% en quatre ans : "Depuis notre création, on double notre chiffre d'affaires tous les ans. Donc pour 2017, l'objectif est de continuer sur ce trend, ce qui revient à traiter 4 milliards d'euros de factures contre 2 milliards d'euros par an actuellement".

Prochaines étape : ouvrir en Allemagne. "C'est le plus gros marché européen d'affacturage", assure Amaury de la Lance. Ce sera pour 2017. Et de reprendre : "L'Angleterre aussi est un gros marché. Il y a également l'Italie et l'Espagne. Nous équipons déjà des banques dans les pays émergents. Nous avons répondu à des appels d'offres mais n'avons pas encore de démarche commerciale forte aujourd'hui". Ensuite, viendra l'Asie, où le taux de croissance de l'affacturage est de 80% par an, contre 4 à 9% en France, estime le dirigeant.

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