Nantes Métropole, l'élève modèle de l'open data français

Nantes Métropole, l'élève modèle de l'open data français L'agglomération de Loire-Atlantique a été l'une des premières collectivités de France à ouvrir ses données en 2011. Six ans après, cette démarche continue de porter ses fruits.

Il enregistre 1,5 million d'accès par mois rien que pour les informations en temps réel, sans compter les 600 000 visites des données statiques. Le portail open data de Nantes Métropole est aujourd'hui l'une des grandes fiertés de l'agglomération. "Nous avons été la sixième collectivité française à ouvrir nos données avec le lancement en 2011 de notre portail open data. 859 jeux de données y sont aujourd'hui disponibles", se félicite Francky Trichet, adjoint au maire de Nantes en charge de l'innovation et du numérique.

"859 jeux de données sont aujourd'hui disponibles sur notre portail open data"

Les six flux en temps réel proposés concernent la mobilité et les transports. Les informations en direct les plus téléchargées sont la disponibilité dans les parkings publics, la fluidité des axes routiers ainsi que les infos-trafic de Tan, le réseau de transport en commun de l'agglomération nantaise. "C'est une formidable source d'innovation, à l'image de l'app Statiophone, qui indique en temps réel le nombre de places disponibles dans les parkings publics, avec une synthèse vocale proposée aux malvoyants", indique-t-il.

Autre exemple : ZenBus, qui se nourrit de la géolocalisation des bus pour indiquer précisément leurs horaires de passage aux arrêts. Un service qui a séduit Tan, qui l'intègre désormais à sa propre app. Pour les itinéraires multimodaux, Naonedbus permet à la fois de consulter les horaires des transports publics ainsi que la disponibilité des Bicloos, les vélos en libre-partage locaux, et des parkings de la ville.

Selon le spécialiste ès numérique de la collectivité, le plus bel exemple de réussite de l'open data, c'est Nantes dans ma poche. L'application mobile co-construite avec Orange Business Services utilise notamment l'open data pour informer les habitants sur les services qui les intéressent. "C'est le cas notamment des menus des cantines scolaires commune par commune avec une visibilité sur 15 jours. Nous nous servons de cet exemple pour sensibiliser les 24 communes de la métropole à l'ouverture des données et pour les accompagner dans leur démarche", explique Francky Trichet.

48 apps sont nées en six ans d'ouverture des données à Nantes

Au total, 48 apps sont nées en six ans grâce à l'open data à Nantes, et pas seulement à partir des données en temps réel. Les Nantais sont aussi très friands de data statiques telles que les services disponibles dans les parkings publics (360 000 accès par mois) ou les dates et lieux de retrait des sacs de tri sélectif (270 000 accès par mois). "L'open data a permis de nouer avec des acteurs qui ouvrent leurs données comme les associations Air Pays de la Loire et Mieux Trier à Nantes ou des incubateurs de start-up comme Atlanpole. Le développement de nouveaux services par la collectivité et des tiers crée des externalités positives concrètes pour les habitants", affirme-t-il.

Cofondatrice de l'association Open Data France, qui accompagne les territoires français dans l'ouverture des données depuis 2013, Nantes Métropole ouvre une quarantaine de jeux de data chaque année et entend conserver ce rythme cette année ainsi qu'en 2018. En 2017, l'agglomération veut notamment ouvrir une quinzaine de jeux sur la consommation énergétique des bâtiments publics pour encourager la création de solutions intelligentes pour l'optimiser.

Outre les nouvelles offres numériques nées de l'ouverture des données, l'adjoint au maire de Nantes y voit aussi un coup de projecteur bénéfique pour l'agglomération : "L'open data soulève la question centrale de la gestion de la donnée, qui est un levier d'efficacité interne pour la collectivité. L'acculturation sur ce sujet progresse en interne et des actions vont être entreprises pour améliorer la qualité des data et mieux les faire circuler." C'est aussi selon lui un argument de poids pour faire parler d'elle : "Le dynamisme de la métropole sur l'open data lui fait bénéficier d'une reconnaissance à l'échelle nationale."

"Il faut démocratiser l'accès à la donnée grâce à une meilleure éditorialisation et un travail sur la datavisualisation"

Mais à en croire Francky Trichet, le défi est aujourd'hui de mieux sensibiliser les citoyens : "Le public intéressé semble demeurer relativement geek et technophile. Il faut désormais démocratiser l'accès à la donnée grâce à une meilleure éditorialisation et un travail sur la datavisualisation que nous lançons cette année."

Une priorité qui ne l'empêche pas de voir plus loin : "Nous allons multiplier les sources de données pour alimenter la smart city avec probablement d'ici deux ou trois ans l'installation de capteurs pour mieux appréhender la circulation sur des carrefours souvent embouteillés, mesurer la pollution, ou pour piloter à distance l'éclairage public."

A lire aussi

Smart city / Open data