Drones, impression 3D et réalité virtuelle : easyJet lance l'aviation 2.0

La compagnie low cost entend réduire ses coûts et améliorer l'expérience client avec l'usage massif de nouvelles technologies.

Conséquence de son programme de tests lancé en 2014, easyJet a fixé une date pour l'utilisation de drones dans l'inspection de ses avions. La compagnie prévoit de les adopter dès fin 2016 dans une dizaine de ses sites d’ingénierie européens, dont l'aéroport Paris-Charles-De-Gaulle. A l'origine du projet, deux entreprises britanniques : Blue Bear et Createc.

Concrètement, deux drones, un pour chaque côté de l'avion, scannent l'appareil au rayon laser pour recréer en 3D l'intégralité de sa partie externe sur l'écran des techniciens et signaler la moindre anomalie. Le personnel est immédiatement alerté de tout dégât nécessitant une inspection plus approfondie ou des travaux de maintenance.

Les drones inspectent les appareils en 30 minutes, contre 10 heures pour les équipes d'easyJet

Résultat, les drones réalisent en 30 minutes ce qui prend aujourd'hui près de 10 heures aux équipes d'easyJet. Une petite révolution en termes de gain de temps, de sécurité pour les ingénieurs qui n'auront plus à escalader les appareils mais aussi en termes de qualité du diagnostic, promet easyJet. "Il ne s'agit pas de retirer l'humain du processus mais plutôt de l'aider à ne pas passer à côté de détails importants avec une précision que seuls les drones peuvent garantir", explique Ian Davies, directeur de l'ingénierie de la compagnie.

Autre innovation de taille, l'usage de composants imprimés en 3D est prévu pour août 2017, selon Ian Davies. Ils feront partie de la nouvelle génération de moteurs de la flotte d'easyJet. Des injecteurs de carburant, des filtres carbone, des pâles sortent déjà des imprimantes du motoriste aéronautique et spatial français Snecma (groupe Safran).

La technique n'est pas encore certifiée mais ses avantages sont déjà bien identifiés. Avec une production plus flexible, elle permettra de rectifier rapidement et efficacement n’importe quelle anomalie en ne produisant que les parties nécessaires. En plus d'être plus faciles à fabriquer, les composants seront aussi plus résistants car l'impression 3D permet de les fabriquer en une seule pièce plutôt que par assemblage.

Les composants imprimés d'une seule pièce en 3D sont plus résistant que ceux fabriqués par assemblage 

Enfin, easyJet travaille actuellement sur l'usage de la réalité virtuelle dans la formation de ses équipes. Parmi les pistes actuellement étudiées : l'utilisation de lunettes immersives pour apprendre aux personnels de bord, via des jeux et scénarios, à interagir avec les passagers dans différentes situations. Elles pourraient aussi remplacer à l'avenir les très coûteux simulateurs.

Drones, impression 3D, réalité virtuelle… La débauche technologique peut surprendre mais le jeu en vaut la chandelle tant les gains de compétitivité sont au rendez-vous. Déjà, les baisses de coût permettront d'améliorer les marges et/ou de diminuer les tarifs des billets, principal argument de vente des compagnies low cost. Mais les gains de temps engendrés et la sécurité renforcée réduiront aussi les retards et les temps d'attente. De quoi fortement améliorer l'expérience client, l'autre nerf de la guerre du secteur.

Easyjet / SNECMA