Florence Parly (SNCF Voyageurs) "La SNCF investira 200 millions d'euros dans le digital en 2017"

La directrice de la branche Voyageurs de l'entreprise ferroviaire publique française veut généraliser le Wifi à bord et proposer de nouveaux services connectés différenciants.

Florence Parly est directrice générale de SNCF Voyageurs. © SNCF / Bernard Lachaud

JDN. Vous venez de présenter le nouveau TGV Océane, qui reliera Paris à Bordeaux à partir de juillet 2017, équipé notamment du Wifi à bord et de systèmes embarqués d'information voyageurs en temps réel. Est-ce voué à être généralisé à tous les trains ?

Florence Parly. Le digital est un axe fondamental pour le groupe, qui y investira 200 millions d'euros en 2017. Et plus particulièrement pour SNCF Voyageurs, car nous savons que cela représente l'avenir de nos trains et de nos gares. Nous n'imaginons pas que la connectivité ne soit pas au cœur de la réflexion du TGV du futur.

L'accès au Wifi, notamment, est essentiel pour nos clients. Dès fin 2016 Orange équipera, avant le TGV Océane, la ligne Paris - Lyon et d'ici fin 2017 toutes les lignes TGV seront connectées. Nous travaillerons alors avec les principaux opérateurs de télécommunications. Nous avons également déployé cet été le Wifi dans 176 gares. L'objectif est d'atteindre 345 gares fin 2017. 16 kilomètres du RER C ont aussi récemment été équipés en 4G. Cela mettra plus de temps sur le Transilien que sur le TGV, mais nous y travaillons. Au total, 90% des voyageurs des trains du quotidien (RER et TER) doivent être couverts en 3G ou en 4G d'ici 2020.

 

Quels services innovants pourriez-vous proposer grâce à cette nouvelle connectivité ?

Les services complémentaires et la mise en relation sont les thèmes qui portent toute notre attention. Nous pourrions développer des applications qui permettraient à nos clients de commander directement depuis leur place et sur leur smartphone des services de restauration. Cela peut être aussi des outils de communication communautaires entre passagers, entre inconnus ou pour qu'une famille ou un groupe d'amis dispersés dans plusieurs wagons puissent discuter ensemble. Ce serait une sorte de réseau social à bord.

"90% des voyageurs des trains du quotidien, RER et TER, doivent être couverts en 3G ou en 4G d'ici 2020"

Nous voulons aussi améliorer l'information voyageurs dans les zones denses et diffuser sur les smartphones des usagers des informations en temps réel. C'est fondamental pour la fluidité de la circulation. Cela permet aux clients de s'organiser avant leur départ et ainsi d'éviter la congestion des gares et des trains.

 

Travaillez-vous sur des solutions big data ?

Nous testons actuellement un système connecté de surveillance de la propreté des toilettes, qui est essentielle pour nos passagers, que nous avons développé en interne. Des capteurs sont placés dans les WC pour vérifier les niveaux d'eau et le taux de remplissage de la cuve. Le logiciel récupère ces données, les agrège et envoie une alerte aux agents d'entretien si nécessaire pour éviter que ces toilettes ne soient hors service trop longtemps et trop fréquemment.

"Nous testons actuellement un système connecté de surveillance de la propreté des toilettes grâce à des capteurs"

Nos équipes du digital expérimentent également une intelligence artificielle qui utilise les données de circulation pour optimiser l'espacement entre les trains en zone dense. Cela permet de réduire l'écart temporel entre chaque rame. Il est aujourd'hui de 180 secondes entre les Transiliens. Nous voulons le réduire à 110 secondes notamment sur la future portion du RER E entre Nanterre et La Défense. Cela permettra d'augmenter le nombre de trains par heure qui circulent.

75% de nos clients possèdent un smartphone et l'appli SNCF a été téléchargée 4,1 millions de fois depuis sa création. C'est important car nous voulons faire de notre app un outil différenciant dans la bataille qui nous attend avec l'ouverture à la concurrence.

 

Quel rôle donnez-vous aux start-up dans votre plan de transformation digitale ?

Nous imaginons une nouvelle forme de TGV qui serait au centre de l'écosystème digital. Une entreprise comme la SNCF veut répondre au mieux aux attentes de ses clients. C'est-à-dire simplifier, fluidifier et rendre accessible la mobilité grâce à des solutions complémentaires et alternatives. La notion de choix est très importante. La SNCF se doit d'avoir des outils d'intermodalité. Nous voulons être à l'initiative de toutes les nouvelles mobilités émergentes et nourrir un écosystème avec des start-up du digital qui contribue à simplifier l'utilisation de nos transports.

"Nous voulons être à l'initiative de toutes les nouvelles mobilités émergentes et nourrir un écosystème avec des start-up du digital" 

Cela se concrétise par des partenariats avec des start-up comme OuiCar, dans laquelle nous avons pris une part majoritaire, qui imaginent des nouveaux usages de la voiture. Nous voulons en faire un champion de la location entre particuliers. Notre partenaire Zipcar offre aussi de l'autopartage en gare avec un système qui permet de déverrouiller la voiture louée avec son smartphone grâce à un boîtier connecté placé à l'intérieur. Nous faisons aussi du court-voiturage avec IDVroom. Nous investissons même le marché des VTC avec LeCab, via notre filiale Keolis, et Allocab, avec qui nous sommes partenaires.

 

Florence Parly présentera la keynote "Multimodales et partagées : nos villes dans 10 ans" au festival de la mobilité urbaine Autonomy, dont le JDN est partenaire, qui aura lieu du 7 au 9 octobre 2016 à la Grande halle de la Villette, à Paris (métro Porte de Pantin). Retrouvez ici la liste des exposants, le programme des conférences et la billetterie.

 

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