En finir avec les poncifs du management Les entreprises n'aiment pas la créativité

Nous croyons vouloir la créativité et le changement, mais nous ne les désirons pas réellement

 

« Créativité paralysée.

Bien que la plupart des gens pensent le contraire, il est relativement facile de susciter des idées créatives. Il suffit habituellement d'en faire la demande - dans des séances de brain storming, par exemple. Mais les bonnes idées qui sortent de ce genre de rencontres créatives ne sont qu'une petite partie de ce qu'il faut pour instituer le changement. Appliquer une idée est une plus rude tâche.

J'ai jadis dirigé une entreprise où nous faisions de notre mieux pour encourager l'innovation. Mais j'ai parfois eu l'impression que si une personne de plus m'amenait une autre bonne idée, je perdrais le peu de calme qui me restait, car je ne savais pas comment j'allais pouvoir gérer ce qui était déjà devant moi. Le problème fondamental avec la créativité, c'est que pour chaque idée réellement nouvelle, il faut le leader et la main-d'œuvre nécessaires pour entreprendre un changement significatif. Il n'est donc pas étonnant que la plupart des organisations - écoles, entreprises, églises et ainsi de suite - semblent avoir été conçues dans le but exprès de décourager la créativité.

Nous paralysons aussi la créativité parce que cela veut dire habituellement qu'il faut exploiter les ressources de l'inconscient, le monde des sensations. Nous redoutons l'émotionnel, l'intimité, la vulnérabilité. Nous pensons souvent que les sentiments sont nos ennemis. Nous redoutons, si nous laissons libre cours à nos sentiments les plus profonds, de jouer avec le feu. Et nous nous censurons nous-mêmes et les uns les autres de toutes sortes de façons. »

 

Extrait de En finir avec les poncifs du management, Richard Farson, Editions Maxima, Mai 2008, p.128-129.

 

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