En finir avec les poncifs du management Les tromperies ont du bon

Le contraire d'une vérité profonde est également vrai

 

« Tromperies commodes.

Autre coexistence de contraires : pour être en bonne santé, une organisation a besoin d'une communication complète et précise entre ses membres. Mais elle a besoin aussi, pour bien se porter, de distorsion et de tromperie. Si ces mots vous paraissent trop forts, pensez à des termes couramment utilisés, comme diplomatie et tact, qui impliquent une communication qui n'est pas totalement sincère.

 

"Les grands patrons seraient certainement dérangés s'ils devaient savoir tout ce qui se passe dans l'organisation"

La profession médicale ou la conduite d'une passion amoureuse requièrent un peu de mystification - on encourage vis-à-vis de soi-même des idées qui ne sont peut-être pas tout à fait exactes, mais qui amènent les autres à des sentiments positifs. Il en est de même de la direction des hommes et du management. Certains, par exemple, soutiennent que l'une des fonctions des cadres intermédiaires est de masser ou de filtrer l'information, tant vers le haut que vers le bas. On dit que cette "distorsion" ou "tromperie" a deux utilités pratiques.

Tout d'abord, les travailleurs sont amenés à croire que leurs dirigeants sont confiants, justes et compétents, ce qui renforce le prestige nécessaire à la direction. En second lieu, les grands patrons seraient certainement dérangés s'ils devaient savoir tout ce qui se passe dans l'organisation : leur ignorance des petits problèmes et des échecs mineurs de leurs subordonnés est une protection.

 

Dans les affaires humaines, une certaine forme de tromperie est la règle, et non l'exception. Dans la plupart des cas, on ne doit pas considérer cela comme un mensonge : ce terme ne rend pas compte de la complexité de communications humaines et des nombreuses façons dont les gens doivent manœuvrer pour maintenir les relations à un niveau régulier. Apprécier la coexistence des contraires nous aide à comprendre que d'une certaine façon, paradoxalement, l'honnêteté et la tromperie peuvent fonctionner ensemble. »

 

Extrait de En finir avec les poncifs du management, Richard Farson, Editions Maxima, Mai 2008, p.23-24.

 

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