Tout abandonner pour réaliser son rêve Nathalie Waller : rattrapée par sa passion du théâtre

nathalie waller, médecin et comédienne
Nathalie Waller, médecin et comédienne © N. Waller

Après un DUT d'informatique, une thèse de médecine et 20 ans d'activité professionnelle, Nathalie Waller est rattrapée par sa passion : la comédie.

 

Qu'est-ce qui a motivé votre décision de changer de vie ?

Nathalie Waller. Depuis toute petite je voulais faire du théâtre. Bien sûr, mes parents me disaient que ce n'était pas facile comme métier, qu'il valait mieux faire des études pour avoir un diplôme. A l'âge de 20 ans, j'ai moi-même pris peur et j'ai eu envie de sécurité. J'ai donc arrêté le conservatoire et j'ai suivi un cursus assez court afin de pouvoir gagner ma vie. J'ai fait un DUT d'informatique de gestion. C'était un choix très pragmatique mais je me suis vite ennuyée. J'avais envie de servir à quelque chose, la psychologie m'intéressait. Et puis j'avais souffert du manque de considération des personnes plus diplômées. Alors comme je suis un peu fière j'ai fait médecine. J'ai fini mes années d'études dans la douleur mais je suis allée jusqu'au bout pour ne pas me retrouver sans rien. Pourtant, le désir de reprendre le théâtre pointait déjà. En 2004, je finissais tout juste ma thèse et j'ai recommencé à assister à des pièces. J'ai vu une représentation de Commedia dell'Arte et je me suis dit : "c'est ça que je veux faire". J'ai pris un tract de la compagnie qui proposait des cours et j'ai été élève pendant deux ans. Aujourd'hui je travaille chez eux. J'en ai eu ras-le-bol de me mentir à moi-même.

 

"Je n'ai arrêté de travailler en tant que médecin que lorsque les deux activités ont commencé à se télescoper"

Comment a réagi votre entourage ? 

Dans ma famille, le gens trouvent que je suis originale, mais ils s'y font. Et même si mes parents ne m'ont pas encouragé à faire du théâtre quand j'étais plus jeune, aujourd'hui ils sont contents pour moi. Et puis, chaque fois que j'ai changé de métier, je l'ai fait avec une dose de sécurité. Lorsque j'ai repris mes études, j'avais mis pas mal d'argent de côté. Je n'ai arrêté de travailler en tant que médecin que lorsque les deux activités ont commencé à se télescoper et que je travaillais assez pour obtenir le statut d'intermittent du spectacle.

 

Gardez-vous des contacts avec votre ancien milieu ?

J'ai eu l'occasion de croiser des gens intéressants que je vois toujours. Deux médecins pour lesquels j'ai fait des remplacements m'ont appelée quelques fois pour savoir si cela m'intéressait toujours. Je leur ai répondu qu'ils pouvaient toujours compter sur moi en cas d'urgence mais que je ne serais pas une remplaçante stable.

nathalie waller sur scène
Nathalie Waller sur scène © N. Waller

Je me suis également rendue à la cession annuelle du congrès général de médecine. Et je suis encore abonnée à un journal professionnel, même si je ne le lis jamais. Dans ma belle famille, il y a beaucoup de médecins : ils m'incitent à garder contact avec le milieu. De plus, la loi impose un minimum de formation continue, cela permet de se garder à flot. Enfin, je ne souhaite pas gâcher ce bagage même si je n'ai pas le projet de reprendre la médecine.

 

Quels conseils donneriez-vous à des personnes tentées par l'aventure ?

Lorsqu'on fait un métier que l'on n'a pas envie de faire, il est facile de tomber dans la dépression. J'ai passé beaucoup de temps à me poser des questions et à être malheureuse. Aujourd'hui, même pendant les moments difficiles, je ne pleure plus. Il faut assurer ses arrières et aussi se donner les moyens car c'est important de réussir un projet qui tient à coeur. Quitte à ronger un peu son frein avant de passer à l'acte.

 

 Site : La compagnie du Mystère Bouffe

 

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