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LA TRIBUNE DE JACQUES KOSSOWSKI
L'AUTEUR
JACQUES KOSSOWSKISecrétaire national UMP en charge de l'emploi des seniors, Député-Maire de Courbevoie, UMP MEME THEME
Emploi des seniors : un nécessaire électrochoc
Le secrétaire national de l'UMP en charge de l'emploi des seniors, Jacques Kossowski, livre ses propositions pour revaloriser l'emploi des plus de 50 ans.
(06/10/2008)
Pour faire face à la situation dramatique dans laquelle se trouve la France concernant l'emploi des seniors, le gouvernement a annoncé, entre autres mesures, l'instauration d'une pénalité chiffrée de 1 % de la masse salariale pour les entreprises de plus de 300 salariés qui n'auront pas conclu de plan d'action sur l'emploi des seniors avant fin 2009.
Le patronat conteste les modalités de calcul des pénalités qu'il juge déraisonnables et préfèrerait la mise en place d'un système incitatif. Mais est-ce bien réaliste ?
En ces temps de crise et de pénurie budgétaire, une telle piste n'est pas réaliste, pour peu qu'elle soit souhaitable. Ce qui est loin d'être évident au regard de ce qui a été fait jusqu'à présent.
Du côté des entreprises, le "contrat senior" permettant aux entreprises de conclure un CDD sans aucune justification et sans obligation de renouvellement en CDI n'a malheureusement pas marché.
Du côté des salariés, les mesures ont, quant à elles, consisté à exempter les salariés âgés de 57,5 ans de retrouver du travail au titre de la dispense de recherche d'emploi (DRE) sans craindre la radiation et la perte de leurs droits. Ce qui a conforté les entreprises dans l'idée que les seniors constituent la meilleure variable d'ajustement face aux difficultés économiques.
Seulement 38 % des plus de 50 ans ont un emploi en France Il est donc urgent d'envisager le problème différemment. La France est aujourd'hui avec la Belgique le pays où le taux d'emploi des seniors est le plus faible d'Europe : seuls 38,3 % des plus de 50 ans ont un emploi, bien loin de l'objectif de Lisbonne fixé à 50 % d'ici 2010 et bien loin de la moyenne européenne de 44 %.
Et la remontée du chômage risque de ne pas inverser cette tendance. Au contraire, si aucune mesure radicale n'est prise, les seniors seront une fois de plus les premiers touchés. Déjà, en août dernier, le taux de chômage des seniors a augmenté de presque 3 % contre une hausse moyenne de 2,2 %.
Face à ceux qui s'insurgent contre le système de pénalité, il est bon de rappeler une certaine réalité : aujourd'hui, seules 8 % des entreprises se disent concernées par la mise en place d'une politique RH en faveur des salariés seniors et 70 % des plans de Gestion Prévisionnelle de l'Emploi et des Compétences conclus par les entreprises ne prévoient aucun dispositif pour les salariés les plus âgés.
A défaut de carotte, c'est donc malheureusement le bâton qu'il faut agiter. Car aux vues des expériences passées, seule la contrainte pourra créer l'électrochoc dont la France a besoin pour mettre un terme à la discrimination dont sont victimes les seniors.
Mais il est fondamental d'aller au-delà de la question des pénalités. Car il ne suffira pas de contraindre les entreprises à garder leurs seniors, ni les seniors à trouver un travail, si on ne donne pas à ces derniers les moyens de s'adapter à la réalité du marché de l'emploi.
Un bilan de carrière obligatoire pour adapter les seniors au marché de l'emploi Il faut donc aller plus loin et mettre en place des actions concrètes. C'est justement le sens de la proposition en faveur d'un bilan de carrière obligatoire pour tous les salariés de 45 ans et plus dont l'objectif est de permettre à chaque salarié de s'adapter à son métier et, le cas échéant, de bénéficier d'une formation lui donnant accès à une seconde vie professionnelle.
Son caractère obligatoire participe du même principe que les pénalités : il n'y a aucune raison que certaines entreprises adoptent le dispositif et d'autres pas. Cependant, que les entreprises se rassurent, il n'est pas question qu'une telle induise des coûts supplémentaires.
Aujourd'hui, 26 milliards d'euros - 1,5 % du PIB de la France - sont dépensés au titre de la formation professionnelle pour les résultats que nous connaissons désormais. Le bilan de carrière devra par conséquent être financé par cette énorme manne financière dont nous disposons et qui ne porte pas ses fruits. La Cour des Comptes l'a d'ailleurs rappelé dans son dernier rapport sur le sujet : près de 10 % des fonds collectés se perdent en frais de fonctionnement. Rien d'étonnant lorsqu'on sait que la formation continue est gérée à la fois par l'État, les régions, les entreprises, des dizaines de milliers d'organismes de formation privés, sans compter la centaine d'OPCA chargée de collecter les fonds.
C'est pourquoi dans un souci d'efficacité, la gestion du bilan de carrière devra se faire à l'échelon régional. Car c'est aujourd'hui le territoire le mieux placé pour prendre en compte les priorités locales en termes d'emploi et de formation. C'est également le seul capable de réunir l'ensemble des entrepreneurs installés dans les bassins d'emploi et de cerner leurs attentes en termes de main d'oeuvre et de compétences.
Plutôt que d'opposer chacune des parties prenantes, l'objectif du bilan de carrière obligatoire est donc de conjuguer les besoins de chacun des acteurs impliqués dans la problématique de l'emploi des seniors.
C'est ainsi, et non pas seulement en pénalisant les entreprises, que nous parviendrons à juguler ce fléau qu'est le chômage des seniors.
ESPACE AUTEUR
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Carrière
RUBRIQUES
Emploi des seniors : un nécessaire électrochoc
(Mey Alain)Article intéressant mais auquel manque un eclairage sur les pays les plus performants en matiere d'emploi des +50 ans c'est-à-dire les 4 pays scandinaves, le Royaume-Uni et l'Allemagne.
Il faut également faire un travail d'éducation des cabinets de recrutement, pas seulement des entreprises.
Alain, 49 ans, ingenieur d'affaires à l'international dans une multinationale... et en recherche en interne et externe de son employeur (13/10/2008)
Emploi des seniors : un nécessaire électrochoc
(JEAN)Concernant la vie en entreprise
- Impossibilité pour les seniors, charnière entre les personnes âgées et les jeunes, dont ils ont la charge souvent, d'être bien "dans leur peau", dans leur responsabilité, par refus
des décideurs, illégalement, de les accepter.
- Absence de cotisations, etc... les recruteurs ont une très grande responsabilité dans les difficultés de la France et doivent être poursuivis pénalement, comme des délinquants.
- Les exemples sont nombreux, citons simplement, en association, un ingénieur avec 4 propositions en Allemagne et aucune en France, un autre ingénieur faisant barman, un autre s'installant à son compten, etc, les diplômes et qualifications, après 55ans, important peu. (13/10/2008)
Emploi des seniors : un nécessaire électrochoc
(DELHOMMEAU Mireille)J'ai 59 ans et suis comptable, les rares missions que je trouve depuis quelques années sont des missions sauvetage (quand les comptables démissionent sans préavis ou qu'il y a des retards importants). Quand je postule en CDI pour rester dans l'entreprise on me dit que je suis trop âgée. Même si c'est interdit, on ne se gène pas.
Les rares fois où je décroche un entretien mes interlocuteurs me disent que ce CV par petits bouts démontre un manque de stabilité.
Je veux travailler, je n'ai pas les moyens de prendre ma retraite tout de suite.
Que dire également de l'AER qu'on va supprimer en janvier 2009 ?
La mentalité des DRH et chefs d'entreprise est à revoir d'urgence, ce sont eux qui "fabriquent" des seniors au RMI.
et, en fin de droits, si on a un mari plus jeune en emploi on a droit à rien alors qu'on a cotisé c'est d'une injustice.... (16/10/2008)
Emploi des seniors : un nécessaire électrochoc
(RIVAL Florence)Bonjour,
Electrochoc, le mot n'est pas trop fort. Je ne peux que déplorer cet état de fait : au-delà de 45 ans, on a peu de chance de trouver un emploi. Assistante de direction, j'ai 47 ans. Après avoir élevé mes (grands) enfants, je me retrouve disponible pour occuper un poste à plein temps et relancer ma carrière (attention : je ne me plains pas, je travaille à mi-temps). J'essaye de persuader les employeurs que maturité et disponibilité sont des atouts importants, mais je ne passe jamais la barrière de la sélection, à cause de ma date de naissance... Pourtant, je n'ai jamais eu de difficultés à changer de job, mais, c'était "avant".
Le plus difficile est de supporter l'hypocrisie ambiante qui consiste à entendre les agents de l'Anpe ou des agences d'intérim déclarer, la main sur le coeur : "non, je vous assure, il n'y a pas de discrimination par l'âge", alors que les membres de mon réseau me certifient que leurs patrons veulent de jeunes assistantes !
Alors, pour finir, un conseil, ne lâchez jamais votre job après 40 ans, même si on vous mute à 40 kilomètres de chez vous !! Bonne chance à tous. (15/10/2008)
Emploi des seniors : un nécessaire électrochoc
(christian)Commencons par le basique: comme aux USA, interdir la réference à l'âge (et au sexe) dans les CV et les recrutements. Ok, il est possible aisement de le deviner à la lecture d'un cv, mais cela évite l'effet projecteur et on se concentre davantage sur le fond, l'experience. On ne jette pas un CV après lecture de la 3e ligne.
Par ailleurs, je suppute que l'emploi des seniors est bien meilleurs ici aux US. (15/10/2008)
Emploi des seniors : un nécessaire électrochoc
(annick mordelet)J'ai bientôt 61 ans, enseignante, quelle ne fut pas ma surprise début juillet, lorsque le proviseur adjoint du lycée dans lequel j'enseigne depuis 20 ans m'a demandé quand je comptais laisser ma place (je résume), argumentant qu'en cas de réduction d'effectif, il fallait laisser la place aux jeunes (je résume toujours), ceci a été dit de manière plus nuancée mais globalement sans détours. Quels sont mes droits ? C'est un lycée privé en contrat d'association donc je suis payée par l'Etat. (15/10/2008)
Emploi des seniors : un nécessaire électrochoc
(Sachier Jean-Claude)Etant moi-même âgé de 57 ans, j'ai les pires difficultés à trouver un boulot. Je suis exempté de recherche d'emploi mais il me manque 5 ans pour obtenir une retraite à taux plein et je ne touche aucune indemnité mensuelle. Pourquoi ne pas offrir les charges patronales aux entreprises pour les dernières années d emploi... (15/10/2008)