Ces places de stationnement vont disparaître partout en France, voici par quoi elles vont être remplacées
Près de 1 000 places à Nantes, 4 500 à Lille, 3 300 à Lyon : en France, des milliers de places de stationnement sont vouées à disparaître. Objectif : rendre les piétons plus visibles et ainsi réduire les collisions avec les automobilistes.
Concrètement, "aucun emplacement de stationnement ne peut être aménagé sur la chaussée cinq mètres en amont des passages piétons", précise l'article L. 118-5-1 du code de la voirie routière. Autrement dit, il est interdit d'y créer de nouvelles places, mais aussi de maintenir celles qui existent déjà : "Les travaux de mise en conformité doivent avoir été réalisés au plus tard le 31 décembre 2026", continue l'article de loi.
"Cela se traduit par l'ajout de marquages au sol, l'installation de supports à vélos, la pose de potelets, ou encore des réaménagements de l'espace public (avancée de trottoirs, végétalisation…)", résume la métropole nantaise dans un communiqué aux habitants. Tous ces changements s'accompagnent aussi de règles déjà en vigueur pour les automobilistes.

Depuis juillet 2015, l'article R. 417-11 du code de la route précise que l'arrêt et le stationnement sont interdits "sur une distance de cinq mètres en amont des passages piétons dans le sens de la circulation, en dehors des emplacements matérialisés à cet effet." Ne pas respecter cette règle, c'est s'exposer à une amende forfaitaire de 135 euros. Le véhicule étant considéré comme très gênant, il peut être immobilisé et mis en fourrière.
A compter du 1er janvier 2027, cet article sera modifié : la mention "en dehors des emplacements matérialisés à cet effet" sera supprimée.
Dégager les passages piétons, c'est un des grands enjeux de la sécurité routière. Le centre d'études sur les risques et la mobilité (Cerema) a consacré nombre d'articles et rapports sur le sujet. En 2019, près d'un tiers des piétons tués dans un accident est mort sur un passage piéton.
Depuis six ans, le Cerema accompagne donc les collectivités pour rendre les passages piétons plus visibles. Mais le centre d'études insiste : "La distance réglementaire de cinq mètres à l'amont d'un passage piéton n'est pas toujours suffisante" pour la sécurité des piétons. Celle-ci varie selon la nature de la voie. Dans une rue à 50 km/h, le Cerema conseille d'agrandir de sept à dix mètres l'espace entre le stationnement et le passage piéton.
Pour une sécurité idéale, simplement supprimer ces places de stationnement ne suffit pas non plus, indique le Cerema. Pour qu'un espace soit réellement sécurisé, "il est préférable d'installer un élément qui soit physiquement dissuasif et de faible hauteur. En effet, un espace vide risque d'être colonisé par d'autres usages, remettant alors en cause le dégagement de visibilité."