Attaques contre le RSA : Le gouvernement a-t-il vraiment compris les enjeux de l’emploi en France ?

Le ministre des Affaires Européennes, Laurent Wauquiez, souhaite que le RSA ait pour contrepartie cinq heures de travaux d'intérêt général par semaine, et qu’il soit plafonné à 75% du smic. Or, cette attaque ne semble pas pertinente.

Il me semble que le Ministre n'a pas bien cerné le problème. Pour nous, experts du recrutement, la problématique n'est pas le RSA, qui s'adresse à des personnes qui sont déjà en difficulté. Le système de l'assistanat en France est un véritable problème, c'est vrai. Mais ce n'est pas au RSA qu'il faut s'attaquer pour le résoudre !
Laurent Wauquiez a soit fait une erreur volontaire, soit une très mauvaise appréciation de la situation du recrutement en France. Notre problématique aujourd'hui en tant que recruteur grands groupes et PME, et en tant qu'employeur, c'est de trouver des candidats qui acceptent de travailler dans les conditions financières proposées par les employeurs.
Car le véritable frein à l'emploi, c'est qu'aujourd'hui un candidat gagne plus d'argent au chômage ! En étant payé par les Assedics pendant 2 ans et en cumulant les différents avantages sociaux, leur niveau de vie ne s'améliore pas en reprenant le travail.
Il y a deux options. Soit toutes les entreprises augmentent leurs salaires et la France va droit dans le mur. Soit les candidats au chômage, qui sont aptes à travailler, rentrent sur le marché du travail. Mais comment les motiver à travailler, alors qu'aujourd'hui ils gagnent mieux leur vie en étant au chômage ? En réformant le système d'assistanat français. L'idée serait de réduire les Assedics à 3 mois et non pas à deux ans, en payant non plus 54% mais 100% du salaire. Ainsi, le candidat ne perdra pas son niveau de vie, mais saura pertinemment qu'il est dans l'urgence de trouver du travail et ne perdra donc plus son temps.
Cela lui permettra tout de suite de retrouver du travail. Car le pire ennemi de l'emploi, c'est l'inactivité ! Plus un candidat attend avant de se remettre sur le marché du travail, moins il est employable. C'est une réalité. Il prend ainsi plus de risque de tomber dans la précarité.
En tant que recruteurs, nous disons "Attention" ! Entre la prime de 1000 € aux salariés sur les dividendes, et les attaques contre le RSA, le gouvernement a l'air de ne plus rien comprendre à la réalité du marché de l'emploi en France. Le vrai challenge est de mettre en place des mesures pour que ceux qui sont capables de travailler, se mettent à travailler. C'est un respect de la société et un respect pour eux-mêmes.
Je souhaite rappeler qu'il y a 1 500 000 postes non pourvus chaque année ! De plus, chez PIANA HR Group, nous constatons que 30% des postes refusés chez nos clients le sont pour le motif suivant : « je gagne autant à rester chez moi, payé par les Assedics ». Réagissons ! Mais avec pertinence Monsieur Wauquiez, en s'attaquant aux véritables problèmes.

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