Changer de job ou pas, est-ce le moment ?

La question semble bien provocante en cette période de fortes tensions sur le marché du travail. Elle mérite pourtant d'être posée car la réponse est loin d'être évidente.

Tout poste n'est pas bon à prendre ! Pour un dirigeant, une mauvaise décision en la matière peut avoir une influence néfaste sur sa trajectoire professionnelle mais aussi sur les résultats de l'entreprise.

Il n'y a pas de bons ou de mauvais postes de dirigeants. En revanche, ceux-ci doivent avoir les idées claires sur le type de sociétés qu'ils souhaitent rejoindre : société en croissance ou en redressement ? Secteur connu ou inconnu ? Société cotée ou non cotée ? Grande ou petite ?

Connais-toi toi même !

La réponse à ces questions dépend beaucoup de la personnalité et de l'expérience des individus. L'important en somme est de bien se connaître. Considérons par exemple le critère du secteur. Pour Marcel Torrents, directeur général de Delta Dore, il n'est pas possible de réussir loin de son secteur de prédilection : "Quand on a passé comme moi trente-trois ans chez Schneider, on ne peut pas prendre la tête du jour au lendemain de boucheries industrielles et je le dis sans malice. Je ne pourrais pas être un bon général de Cartier non plus je pense". L'analyse d'Yann Marteil, président de Primavista, spécialiste des photos de classe et de maternité, est différente: "je ne me définis pas comme le spécialiste d'un secteur. J'ai le sentiment qu'un bon directeur général est avant tout un bon généraliste". Connais-toi toi même en somme !  

Connaître les attentes de son mandant  

La relation de confiance que le dirigeant aura su nouer avec son mandat est un autre élément essentiel dans cette prise de décision. Sans confiance, point de salut ! C'est ce que nous explique par exemple Isabelle Capron, arrivée à la tête de Fauchon en 2004, convaincue par le discours de l'actionnaire, Michel Ducros : "Nous avions confiance l'un dans l'autre et avons fait le pari que nos différences seraient un atout pour réussir."

Attention aussi à ne pas se laisser attirer par certains arguments sonnants et trébuchants. L'argent n'est pas un motif suffisant pour accepter un poste, surtout à ce niveau où il faut se projeter sur le long terme. Un échec à la tête d'une société peut être une casserole bien difficile à trainer par la suite car tout se sait dans le cercle des dirigeants d'entreprise. Cela vaut donc la peine de s'inscrire dans la durée et d'être parfaitement en phase avec le défi proposé.            

Y aller ou pas ? La question peut paraître éloignée du thème de notre ouvrage, "les Cent Jours des dirigeants". Elle est pourtant essentielle. "Tout se joue à ce moment-là" nous ont confié certains dirigeants. Les Cent Jours ont toutes les chances de bien se passer si l'adéquation entre le dirigeant et la société est authentique. En cas contraire en revanche….         

Prolongeons cette discussion sur le blog de l'ouvrage :www.lescentjoursdesdirigeants.com

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