La diversité ne se commande pas, elle se construit

Dans l'environnement économique actuel, les entreprises doivent diversifier leurs talents et utiliser toutes les intelligences. Or la diversité ne se décrète pas, elle se construit. Même si elle bouscule nos habitudes culturelles et notre confort psychique.

Travailler avec des personnes très différentes de soi requiert un autre type d’énergie relationnelle que celle de l’entre-soi de collègues qui a fait les mêmes études et aspire à la même idée de la réussite.

Accepter la diversité, rencontrer les personnes et non pas seulement les connaître, conduit à nous interroger sur notre capacité à nous soucier de l’autre et surtout à ce qui s’y oppose au plus profond de nous même. On ne peut pas aimer tout le monde, mais pour que le monde du travail soit vivable et vivant nous devons pouvoir donner une place à l’autre qui soit à minima dans le respect. Pour cela il faut pouvoir développer de l’empathie.

Une pluralité des personnes réussie, c’est celle qui permet une empathie avec l’autre, c’est celle qui fait accepter qu’un interlocuteur dissemblable puisse nous éclairer sur nous même. Si cet interlocuteur est dans notre système de valeurs et de représentations les choses peuvent aller assez vite. Comprendre une personne très éloignée de nos univers cognitifs demande plus de temps. Pour pouvoir se construire la diversité demande un travail sur les interfaces entre soi et le monde.
C’est une démarche dynamique entre les aspirations individuelles et les conditions sociales et économiques de l’entreprise.
Démarche dont il ne faut pas sous-estimer les opportunités mais aussi les risques. Une organisation n’est pas une chose, c’est une composition vivante. Elle a une histoire et une structure psychique.
La diversité dans une organisation crée de la tension sur trois axes : celui de l’identité héritée, l’identité acquise et l’identité espérée.

Ces trois pôles existent au niveau de chaque individu et de chaque dirigeant. La mise en place de la diversité est donc une rencontre, tant avec l’histoire de l’organisation que l’histoire et l’identité des individus qui la composent. Ce qui est en jeu c’est notre sécurité psychique. L’autre différent met en tension ces trois pivots de notre assise que sont notre passé, notre présent et notre vision futur. Les dirigeants sont des personnes sous tension avec des contraintes de résultat. Créer des intelligences collectives à partir des personnes diverses nécessite du talent et une bonne assise intérieure.
Cette assurance ne peut venir que de l’intérieur de nous-même, de la connaissance que nous avons  de nos atouts, de nos faiblesses et de notre part d’ombre. C’est le travail de toute une vie. Les dirigeants gagnent à bien se connaître pour faire face aux enjeux posés par la diversité.

Le leader peut se définir comme celui qui crée un monde auquel on a envie d’appartenir, il est important qu’il puisse être un peu au clair sur ses affects dans son rapport au monde et à l’autre différent. Ceci pour l’univers du travail soit du coté de la vie et non pas de la survie. Dans un monde et des organisations en perpétuel changement, le fait de savoir nouer des liens réalistes et confiants avec les autres humains constitue une force incommensurable. C’est la condition de notre adaptabilité et du succès des organisations. La diversité ne se commande pas, elle se construit.

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