Dirigeants : quand la créativité mène au courage managérial !

Si les dirigeants doivent aujourd’hui posséder certaines qualités indispensables pour piloter et développer une entreprise, la première et la plus importante d’entre elles semble être la créativité.

Créativité et inventivité sont deux qualités qui me semblent indissociables à la fonction du dirigeant moderne.
Bien que tolérés en tant que synonymes par l’Académie Française depuis 1972, ces deux termes recouvrent pourtant des actions bien différentes. Etre créatif, c’est inventer, réaliser quelque chose de nouveau, innover. Tandis que créer est l’action de matérialiser la chose inventée.

En effet, de l’idée lumineuse qui lui trotte dans la tête jusqu’aux premiers bilans, le parcours de l’entrepreneur n’est ponctué que de créativité. Quel marché ? Quel positionnement différentiant ? Quel modèle économique ?… autant de questions auxquelles il devra trouver des réponses innovantes avant de passer à la moulinette des futurs investisseurs.
Une fois l’entreprise créée et les premiers fonds levés, l’entrepreneur doit ensuite donner vie à cette entreprise qui n’existait jusqu’à lors qu’à travers les pages de ses statuts et quelques idées couchées dans un business plan.
Donner vie, c’est à dire avant tout rassembler des femmes et des hommes qui portent le même projet, les mêmes idées et identifier leur propre potentiel d’adaptation et de créativité car ils devront à leur tour innover et faire innover. Là encore, le dirigeant devra faire preuve de créativité, chaque erreur de casting étant extrêmement coûteuse pour l’entreprise.

Matérialiser les idées en produits ou services, les faire exister, leur donner des noms, des marques, définir une stratégie commerciale, marketing, de communication, résoudre des problèmes… demandent également par la suite des efforts constants en créativité.
Dans les entreprises structurées ou les grands groupes, la créativité, que l’on désigne plutôt par le terme « innovation », est également un facteur clé de compétitivité.
L’innovation permet, en effet, de créer un potentiel entrepreneurial à long terme, de mettre à distance la concurrence, d’échapper à la guerre des prix en se plaçant au dessus de la mêlée et de renforcer la capacité de survie des PME face aux entreprises de taille plus grande.
Mais encore faut-il avoir des idées...
Et de bonnes idées ! C'est-à-dire des idées susceptibles de se transformer à plutôt brève échéance en espèces sonnantes et trébuchantes, tout en limitant au maximum la
prise de risques mal évalués. 

Ces réflexions pour trouver « LA bonne idée » libèrent généralement la créativité et engendrent souvent plusieurs idées.

Depuis la page blanche du créateur d’entreprise au devoir d’innovation des grands groupes, la créativité est une constante dans l’entreprise et l’idée, l’essence même de l’entrepreneur. Mais, avoir des idées, c’est aussi les porter, les partager, les challenger...  Avoir des idées, c’est forcément décider, renoncer… Avoir des idées c’est devoir les défendre, prendre des risques… C’est donc faire preuve de courage.
Alors quel est le terreau de la créativité chez un dirigeant ? Pourquoi le devoir de créativité et d’innovation est-il aujourd’hui vital pour les entreprises ? En quoi la créativité et le courage managérial sont-ils étroitement liés ?
A cette étape, le dirigeant doit donc faire des choix et trancher pour choisir « L’idée » qui deviendra peut-être « l’Innovation » et assurera la pérennité de l’entreprise.
Pour prendre la bonne décision, il devra ainsi opposer chaque idée à la réalité du marché et sera à nouveau confronté à de multiples interrogations : l’idée est elle réalisable ? Combien coûte cette innovation ? Sommes-nous capables de la fabriquer ? Comment le marché va-t-il réagir ? Les clients sont-ils prêts à accueillir une telle innovation ? Combien sont-ils prêts à payer ?

Créer c’est donc choisir, donc renoncer … et toute prise de décision comportant une part de risques, elle demande ainsi une forte dose de courage !
Le courage distingue en effet les leaders. D’ailleurs, on assimile souvent le courage au fait de prendre des risques, voire… de ne pas connaître la peur ! Dans le monde de l’entreprise, être courageux ne signifie pas être inconscient ou avoir la maîtrise parfaite de tous les paramètres d’une décision, mais anticiper, autant que faire se peut, les risques encourus afin de prendre une décision sécurisée au maximum.
En entreprise les cas d’expressions de courage sont multiples, revenons par exemple sur la prise de décision.
On dit souvent que décider c’est renoncer. Quand un manager prend une décision, il doit l’annoncer, faire part de la bonne nouvelle à certains et la mauvaise à d’autres. Dans ce cas, le courage s’exprime dans le fait d’assumer ses choix mais aussi de bien les expliquer : pourquoi telle décision a été prise, pourquoi ce choix a été fait et pas un autre.
Finalement, le courage réside dans le fait de s’obliger à sortir de sa zone de confort, dépasser ses propres limites, voir la vérité en face et oser l'exprimer, décider face au risque ou dans l'incertitude, connaître ses peurs, les relativiser et oser les surmonter.
Entreprendre, relever de nouveaux défis professionnels ne s’improvise pas.
Alors, chers dirigeants, soyez créatifs et faîtes preuve d’une sacrée dose de courage managérial !

 

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