C'est le candidat qui choisit le recruteur

Nous pourrions penser que la conjoncture donne l’avantage à l’employeur plutôt qu’au candidat, sur un marché de l’emploi où la demande domine sévèrement l’offre. Il n’en est rien. Le contexte ne fait qu’amplifier une tendance de fond bien réelle : le candidat a le choix de son employeur !

Nous anoblissions récemment le statut du candidat à travers un titre plutôt évocateur : "Quand le candidat devient client". Ce candidat, dont la courbe d’exigence croît, pour quantité de raisons valables, au point d’atteindre des niveaux que la croissance économique observe jalousement, inverse de toute évidence le rapport candidat/entreprise.
Extrêmement connecté, informé de tout et sur tout, disposant de quantité d’informations sur l’entreprise, jusqu’aux faits d’armes de ses dirigeants, aux pratiques de rémunérations ou de management, le candidat prend le pouvoir de décider – ou non - de rejoindre telle ou telle société. Et même si le web apporte son lot d’informations plus ou moins avérées, de critiques et de louanges plus ou moins fondées, les faits sont là, charge à l’entreprise d’apporter la preuve du contraire…
Attentif à tout, de l’accueil qui lui sera réservé à la qualité et à la transparence des échanges, de la solidité financière officielle aux commentaires officieux, de l’image employeur à la cote des dirigeants, des informations officielles disponibles aux témoignages d’employés, le candidat devient extrêmement sélectif et n’écarte plus aucun détail.
Le constat peut paraître alarmant : près d’un candidat sur deux se désengage d’un processus avancé de recrutement pour des raisons liées à la qualité du processus ou des interlocuteurs, à la transparence et au suivi, et de manière générale à la considération donnée à sa candidature.
Attention à ne pas traiter ce phénomène à la légère, il ne s’agit en rien d’un caprice. Rappelons par ailleurs que tout candidat est un client potentiel de l’entreprise et qu’il se fera "ambassadeur" ou "destructeur" de la marque, selon qu’il aura été bien ou mal considéré. Avons-nous une idée de l’impact financier négatif que représentent tous les candidats insatisfaits ?

Acquérir les meilleurs talents ne peut donc se faire selon les règles d’hier

Il est vital pour l’entreprise de sortir de l’ancienne relation dominante, de quitter les schémas arithmétiques et mécaniques du recrutement, pour conduire une démarche réfléchie et ambitieuse. Elle doit aujourd’hui déployer une approche humanisée et bienveillante de l’acquisition de talent, et faire concilier urgence et performance avec une gestion prévisionnelle solide.
Le candidat, aussi accessible soit-il, n’est plus aussi docile qu’auparavant. Qu’on se le dise, il a le choix de son employeur…

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