Comment les technologies façonnent votre parcours professionnel

Quel sera l’effet des mutations technologiques combinées aux nouvelles contraintes sociales, comme l’allongement du temps de travail, sur les parcours professionnels ?

L’économie du numérique n’épargne aucun secteur, elle se diffuse dans l’ensemble du corps social en impactant profondément nos usages, nos modes de consommation et de communication.
Nous sommes au cœur d’une phase de transition qui impose aux acteurs économiques de s’adapter en permanence pour rester au contact des technologies et des compétences créatrices de valeur.
Les entreprises doivent, plus que jamais, compter que sur la vision de leurs dirigeants et sur les capacités d’adaptation des collaborateurs. Mais inévitablement, dans un environnement en mutation, plus ouvert et fortement concurrentiel les carrières seront de moins en moins linéaires. Nous identifions trois points qui pourraient changer la donne.

Une accélération de la transition générationnelle 

La génération « aux commandes » subit la pression des plus jeunes, surentrainés à l’utilisation des technos de la communication, parfaitement adaptés aux nouveaux usages et mieux préparés au monde dans lequel nous évoluerons à l’avenir. La pression des jeunes générations a toujours existé,
il s’agit d’un facteur d’émulation, de dynamisme et de développement des entreprises.

Cette pression générationnelle était jusqu’alors régulée par l’expérience professionnelle, contrepoids efficace dans un environnement  stable et un marché du travail suffisamment dynamique pour absorber des profils séniors en recherche d’emploi. De notre point de vue, ces éléments de régulation s’affaiblissent et la génération des quadras pourrait être fragilisée sur ses compétences par l’impact des mutations technologiques avec, de surcroit,  la perspective d’avoir à tenir plus longtemps leur position professionnelle.

Un abaissement du « seuil d’accès » à la catégorie des séniors

Il suffit d’observer le marché de l’emploi, pour constater cette évolution. Il apparait évident qu’autour de 40 ans on profite moins du dynamisme de l’emploi généré par l’économie numérique. L’émergence de nouvelles compétences et la mobilité vers les nouveaux usages sont des facteurs structurels qui contribuent à catégoriser les générations. Or, ce sont bien ce type de facteurs qui leurs sont opposés aujourd’hui, entrainant, dès la quarantaine,  des difficultés plus importantes pour retrouver un emploi et un allongement des périodes d’inactivité. Sous l’effet combiné des mutations technologiques et de l’allongement de la durée du travail,  le marché de l’emploi révèle donc une nouvelle catégorie des « Jeunes Séniors ». Un oxymore, qui au-delà de la figure de style, révèle le paradoxe d’une population encore jeune, au milieu du gué, qui doit s’adapter pour durer, sans pouvoir capitaliser uniquement sur l’expérience. En matière de gestion de RH  ce phénomène de « séniorité précoce » marque une vraie rupture et rend obsolète les mécanismes d’accompagnement qui permettaient d’établir une transition assez douce pour accompagner les fins de carrière.

La mise en valeur des compétences managériales

Les mutations technologiques renforcent les contrastes et révèlent, de façon plus tranchée, les aptitudes de ceux qui sauront affirmer un véritable talent de manager, capables de développer une vision, d’accompagner le changement et de créer les conditions de la performance face aux difficultés de ceux qui, au contraire, adopterons une posture défensive pour préserver une position de pouvoir.
Les ruptures pourraient naturellement s’accélérer dans ce contexte de mutation, avec un retour à l’emploi rendu plus compliqué pour une génération qui ne s’est pas réellement affranchie du modèle d’organisation hiérarchique et d’une gestion de carrière verticalisée.
Cette situation pourrait être complexe à gérer, car si la dynamique de l’emploi des jeunes repose essentiellement sur la formation et la croissance économique, celle des séniors, particulièrement pour les cadres, tient d’avantage à des paramètres culturels sur lesquels il est difficile d’agir. Nous entendons beaucoup parler de l’accès à l’emploi des jeunes. Pourtant la génération des « jeunes séniors » me semble davantage fragilisée et la question du maintien dans l’emploi pour cette catégorie pourrait être autrement plus complexe à gérer.

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