Les juristes d’entreprise, pionniers dans l’innovation informatique des métiers du droit en entreprise

Il est des crises qui recèlent des opportunités insoupçonnées pour l’avancée de l’informatisation dans des secteurs moins emprunts aux changements en période de croissance.

Suite à la faillite, fin 2008 de la banque d'affaires Lehmann Brothers, les entreprises ont du rapidement rebondir afin de reconstituer leurs marges et retrouver la confiance des marchés.
Les Directions Générales ont parfois entrepris un vaste travail d'évaluation de leurs atouts économiques et des forces humaines qui sont au coeur de la performance quotidienne. Confronté à une obligation de performance dans la bonne gestion et la sécurisation de leurs actifs (immobilier, propriété intellectuelle..) la fonction juridique a du repositionner son rôle et son organisation.
Pour certains de ces professionnels, le réveil a pu parfois sembler un peu agité. Pour d'autres, ce soudain regain d'intérêt leur a permis soit de passer le seuil des comités de direction ou bien d'être rattachés directement aux secrétariats généraux.
Une enquête [i] de Legal Suite parrainée par l’AFJE (Association Française des Juriste d’Entreprise) et l’ECLA (European Company Lawyers Association) et réalisée en partenariat avec le Village de la Justice faisait apparaître que pour 66 % des 100 juristes interrogés, l’un des conséquences de la crise financière était la réduction budgétaire. Dans ce contexte, il a été demandé aux départements juridiques d’améliorer leur productivité sans entamer le cœur de leurs compétences.
Afin de parvenir à concilier la qualité de leurs analyses avec des effectifs réduits au maximum et un recours minimum aux cabinets externes, il leur a donc fallu apprivoiser l’outil informatique, devenu incontournable face aux enjeux multiples et corrélés du droit en entreprise : maîtriser les risques juridiques et financiers ; augmenter l’efficacité opérationnelle ; mesurer la performance ; valoriser la fonction juridique ; organiser les flux de travail ; garantir la conformité au sein de l’organisation ; harmoniser les procédures  et fédérer les équipes.
Cette évolution est une spécificité propre aux métiers du droit en entreprise, qui sont du fait soumis aux règles des sociétés et rend de fait, cette population particulière du droit pionnière dans la digitalisation et l'exploitation informatique des contenus à visée juridique.
De l’avis même des intéressés, l’évolution a été fulgurante et a remisé au placard les tableurs Excel et autres antiquités numériques qui étaient auparavant les compagnons des professionnels. La même évolution a été ressentie dans la veille du droit et la recherche accélérée des informations dans des bases de données toujours plus précises et analytiques.
Du côté des éditeurs de progiciels, la montée des exigences a contribué à faire apparaître de nouvelles fonctionnalités et paramétrages jusqu’ici absents des outils du marché.
Entre autres :
  • La compatibilité avec les bases de données du marché (Oracle, SQL serveur, mySQL), les serveurs d’application (Tomcat, BEA WebLogic™ ou IBM WebSphere®);
  • Les installations sur serveurs (On Premise) mais aussi via le Cloud en mode SaaS (Software as a Service);
  • L’adaptation des logiciels juridiques aux différents domaines du droit;
  • La mise en place de portails collaboratifs permettant le partage de tâche et d’informations entre les juristes, leurs collègues et leurs partenaires externes…
Ainsi en cinq années de profonde réorganisation des entreprises, l’acceptation et l’intégration des outils informatiques aux postes de pilotage des juristes a pris un tour inattendu et est désormais rentré dans les mœurs.
La relation qui unit les entreprises à des cabinets externes devrait contribuer à répandre ces nouvelles bonnes pratiques au sein des cabinets d’avocats spécialisés et permettre aux innovations de se poursuivre grâce à une assiette d’utilisateurs toujours plus élargie.
Le cabinet Gartner conscient des enjeux de plus en plus croissants de la gestion des risques juridiques, de la conformité et de la gouvernance en entreprise, atteste dans son premier  rapport « Magic Quadrant 2013 » d’Enterprise Legal Management (ELM), du niveau de maturité atteint par les solutions dédiées à la Gestion des activités juridiques en entreprise.

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[i] Sondage Internet, « Qu’avons-nous appris de la crise », réalisé entre le 1er Octobre et le 6 décembre 2013 auprès de 100 juristes d’entreprise (situés à 90 % en France et 10 % à l’étranger). Organisé en 15 questions uniques réparties entre des questions à réponses uniques et questions à réponses multiples. Sondage relayé sur les sites de Legal Suite, Le Village Justice, l’AFJE et l’ECLA.

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