Rapprochement et fusion de l’ARRCO et de l’AGIRC : Perspectives

Les années à venir devraient être celles de la fusion des régimes ARRCO et l’AGIRC. La fusion annoncée des caisses va-t-elle sonner le glas des ambitions des cadres ?

De la création …

A la fin de la seconde mondiale, différents éléments du socle social national furent créés. En premier lieu la Sécurité sociale. L’ordonnance du 4 octobre 1945 imposa pour tous de cotiser aux risques vieillesse, maladie et invalidité, mettant ainsi en œuvre le système de retraite par répartition.

Seuls les historiens, nos chers aînés et les plus curieux d’entre nous, se souviennent qu’à l’époque les cadres se sont opposés à l’ordonnance de 1945. Ils n’avaient pas confiance en l’Etat et constataient qu’après la guerre les retraités étaient globalement ruinés. Face à cette insurrection, et afin de rendre le régime de retraite obligatoire, pour les cadres, il fut imaginé de l’intégrer dans une convention collective.

Le régime de retraite des cadres – ou plutôt donc la « convention collective du 14 mars 1947 » - naquît. Les cadres acceptèrent leur affiliation à la Sécurité sociale et en contrepartie ils furent autorisés à créer leur régime de retraite complémentaire : l’AGIRC. Le régime permit également de cotiser sur la partie excédentaire au plafond – partie sur laquelle la Sécurité sociale ne prélevait aucune somme. Il assurait également les risques invalidité et maladie.

Le régime des cadres était ainsi né : sur la base du régime de Sécurité social, couvrant les risques vieillesse, maladie et invalidité, tout en renforçant et complétant les cotisations et les prestations.

Il introduisit ainsi une forme de jurisprudence : on prévoyait désormais la possibilité de majorer les prestations de la Sécurité sociale.

De fil en aiguille, les non cadres réclamèrent, déjà à leur époque, une forme d’égalité de traitement avec les cadres : un régime de retraite complémentaire spécifique. Sous la pression des organisations syndicales, quelques caisses de retraite furent créées à la fin des années 40 et au début des années 50, au bénéfice des non cadres.

En 1956, Renault créa  sa propre caisse de retraite. On recommanda alors aux entreprises de l’époque d’adhérer à l’UNIS (Union Nationale des Institutions de Retraites des Salariés). L’ANEP vit le jour pour les compagnies d’assurance. Compagnies qui n’hésitèrent pas à proposer à leurs propres clients d’adhérer (en invitant notamment les employeurs et les représentants des salariés à intégrer le conseil d’Administration). Face au déferlement, l’ARRCO fut créée en 1961.

Les non cadres obtinrent donc 14 ans après les cadres leur système de retraite complémentaire.

    … au regroupement

Au sortir des 2 chocs pétroliers, un phénomène de concentration fit son apparition. Les années 80 furent propices à l’intégration de différents régimes dans l’AGIRC (Intégration du régime des représentants, placiers en 1981, Ircacim - Institution de Retraite des Chefs d'Ateliers, Contremaîtres et assimilés des Industries des Métaux- en 1984, régimes des cadres supérieurs en 1988).

Les enfants du baby boom (donc de ceux qui se sont battus pour la mise en place du régime des cadres), sont trop nombreux. Ils partir

Les déséquilibres vont se manifester, les comptes vont exploser. Le modèle de retraite supplémentaire est désormais en péril, il faut le sauver.  

En 1999, l’ARRCO fit passer son organisation de 44 à un régime unique. Désormais tous les leviers sont actionnés, relèvement des taux, relèvement de l’âge de départ en retraite, minoration des pensions, …

C’est désormais l’AGIRC, qui risque d’être intégrée dans le régime ARRCO, les comptes de l’un étant mieux dégradés que ceux de l’autre. Et donc de supprimer par là même le besoin de  spécificité manifesté par les cadres depuis 1945 !

Alors, croyez-vous vraiment que cette fusion sera le dernier chapitre de l’histoire des retraites complémentaires ?

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