Emploi et croissance, l'heure du pessimisme

L'économie financière devait être régulée et la crise endiguée... Et pourtant. Près de 8 ans après la crise des Subprimes, les économistes ne savent plus à quel Saint se vouer et attendent le retour de la croissance et de l'emploi comme le messie. 

Mesdames et Messieurs, la croissance endogène et génératrice d'emplois est terminée. Après les Trente Glorieuses et les Vingt Piteuses, est venu le temps des Vingt Affreuses. De la crise des prêts hypothécaires à risques, à la crise du marché chinois, en passant par la crise des dettes souveraines, le tableau est sombre, et s'assombrit un peu plus chaque jour... 


Des évènements sans commune mesure dans l'Histoire

Jamais une période dans l'Histoire n'aura été sujette a autant de bouleversements. Le nombre de crises s'est multiplié comme jamais, avec des réponses politiques pour le moins surprenantes. Trois exemples de bêtises politiques qui n'ont pas oeuvré pour le bien de l'économie...

Décider à l'unanimité d'un Quantitative Easing (pour résumer faire tourner la planche à billets) alors que ses effets aux USA et au Japon ont été pour le moins très relatifs. 

Je renvoie aux travaux des Econoclastes et en particulier d'Olivier Delamarche qui analyse très finement la situation économique du Japon et pourquoi nous n'aurions jamais dû nous en inspirer. 

Conserver l'Euro qui a plombé la compétitivité prix de tous les grands pays européens sauf l'Allemagne

Là encore, l'angélisme est de rigueur. L'économie est un rapport de force, et sans entrer dans l'anti germanisme primaire, il est évident que la situation de l'Euro fort a longtemps favorisé l'Allemagne pour des raisons démographiques évidentes. Ne parlons même pas du cas grec... 

Pourquoi avoir accordé une confiance aveugle à la Chine en la traitant comme l'Atelier du Monde ?

Les économistes les plus en pointe sur la question étaient capables de prédire le ralentissement chinois deux ans à l'avance...

Ces trois faits n'étant pas exhaustifs mais permettant de dresser une synthèse de l'état global de l'économie mondiale, on est en droit de se demander si ces réponses d'ordre 'politique', donc visant initialement le bien-être du collectif, n'ont pas des effets inverses. Force est de constater que les mondes politiques et économiques sont dans un rapport de connivence assez remarquable et inédit depuis l'avènement de la société marchande.


Approche comptable de l'économie VS Approche systémique

Chaque année depuis 2008, les vents contraires de macro-économistes bull et bear s'opposent. Là où certains voient les indicateurs toujours au vert : baisse du pétrole, baisse de l'euro, assouplissement quantitatif... D'autres tendent à pointer du doigt les aspects plus tendancieux et à noter la répétitions de ces micro-crises. 

Dans une société mondialisée, chaque micro-crise économique a une effet systémique. Comptabiliser les quelques bons points d'une économie mondiale moribonde et dont le contexte est baissier depuis 8 ans revient à dire à un patient atteint d'un cancer généralisé que son bras n'est pas encore amputable. On peut donc reprocher aux économistes iréniques de ne pas suffisamment contextualiser leurs études.

Cette aproche comptable de l'économie, fortement empreinte d'individualisme et d''instantanéité propres à notre époque globalisée, en oublie les fondamentaux. Ils portent aux nues des disciplines new age au détriment de théories qui ont résisté à l'appel du temps. 

L'approche systémique est donc à privilégier, et encore plus en situation de crises graves. Quand on ne sait pas où on va, on regarde dans le rétroviseur et on ajuste pour trouver des solutions innovantes, on ne fonce pas la tête la premiére dans le vide. 


Vers un optimisme sain 

Être optimiste sur l'avenir de la croissance et de l'emploi est résolument nécessaire, mais pas sur un avenir à court-terme. Sauf innovation majeure créant un appel d'air pour de nouveaux débouchés, l'économie est condamnée à assez courte échéance. Ce n'est pas du catastrophisme dans la mesure où certaines améliorations pourraient voir le jour. 

Les innovations arrivant par cycle, on ose penser que la prochaine innovation ayant un impact aussi important que le digital et le numérique, c'est à dire bouleversant sensiblement la vie quotidienne des êtres vivants, arrivera dans les années qui viennent. 

De même, la démographie des pays du Sud aurait pu être un formidable vecteur de croissance pour les pays du Nord, à condition qu'ils laissent leurs voisins profiter des "parts de marché' mondiales. Malheureusement, la crise des migrants arrivent visiblement comme un cheveu sur la soupe pour remplir l'armée de réserve que nommait Marx et perpétrer un modèle économique hyper-compétitif, hyper-connecté mais aussi hyper fragilisé. 

Autour du même sujet