Dirigeant en transition professionnelle, ce qui fait la différence

Si la transition professionnelle du dirigeant n’est pas tout à fait celle d’un cadre, cela n’est affaire ni de statut, ni de positionnement. Le dirigeant est bien plus que l’expert d’un savoir-faire, d’une filière métier qu’il a suivie avant d’arriver au niveau de responsabilité qui est désormais le sien.

Plus que tout, le dirigeant est celui qui incarne le projet d’entreprise,  montre l’étoile et donne du sens. Celui qui rassemble les forces vives et ajuste les moyens. D’où cette posture bien particulière d’une vision haute qui couvre la situation dans sa globalité et se projette loin, et s’impose aux équipes. Sa principale compétence est stratégique et managériale.

De ce fait, ce qui définit le dirigeant se résume en quatre points essentiels : savoir-voir-en-grand, savoir-décider, savoir-dire et savoir-être.

Autant dire que la transition de carrière le confronte à une difficulté inédite : exprimer son positionnement de dirigeant de façon implicite dans sa façon de parler de son parcours comme de son projet professionnel, alors qu’il lui manque momentanément l’ancrage d’une position dans une structure.

C’est pourquoi le centre de gravité du travail qu’il doit mener pour retrouver une activité professionnelle est sa posture de dirigeant. C’est sur elle qu’il va asseoir sa crédibilité et sa légitimité.

 

Cette posture s’ancre sur 6 points:

- Avoir de la présence y compris dans le non-verbal

- Aborder les sujets avec hauteur de vue

- Voir loin et exprimer sa vision de façon convaincante

- Communiquer avec aisance

- S'adapter au changement

- Aller à l'essentiel


Vision haute et projetée

Cette posture est la clé de la réussite tout au long du repositionnement.

Elle permet de revisiter le parcours professionnel par "le haut", non pas en détaillant toutes les réalisations et tous les objectifs atteints, mais en mettant chaque poste en perspective dans un contexte et un enjeu stratégique d’entreprise donné. C’est aussi sous cet angle que le dirigeant visualise son "méta-résultat" pour chacun des postes dont il a eu la responsabilité, autrement dit le résultat global de toutes ses actions et décisions au moment où il le quitte. Seule cette indication donne du sens au parcours, jusqu’à en tracer un fil rouge.

C’est à cette capacité de faire comprendre de façon simple, rapide et convaincante son identité professionnelle, et de contextualiser sa valeur ajoutée dans des enjeux stratégiques bien identifiés que l’on repère le dirigeant recherché. C’est pourquoi la mise en forme du CV du dirigeant comme celle de son « pitch » de présentation, et plus généralement de tout support de communication est un exercice encore plus exigeant pour dire l’essentiel en peu de mots. La qualité de cette communication est déterminante pour la réussite de tous les entretiens et les contacts réseau.

Ce que l’on attend aussi du dirigeant, c’est d’avoir une vision de professionnel du futur dans son domaine, adossée tout autant à sa réflexion et sa curiosité personnelles qu’à son expérience.


En imposer sans s’imposer

Cela peut surprendre en première lecture, pourtant les compétences techniques qui sont le point de passage obligé pour entrer dans un process de recrutement ne pèsent que 10%  de la décision de choisir un candidat à un poste de dirigeant. De façon schématique, ce qui compte pour emporter la préférence du décideur, c’est la qualité de la motivation exprimée pour 20%, la capacité perçue à s’intégrer dans la nouvelle organisation pour 30% et enfin le fit avec son futur patron pour 40%. Autant dire que la capacité de rebond, le savoir-être et le savoir-dire sont décisifs.

Or, l’aisance relationnelle et le verbe facile ne suffisent pas toujours en situation d’enjeu personnel. Parler de soi avec le juste ton qui équilibre affirmation et humilité, résister et répondre aux objections sans émotion négative, faire entendre  son leadership dans la façon de faire résonner et de poser sa voix, convaincre implicitement de sa résistance au stress au travers d’un rythme de parole régulier et apaisé, faire preuve d’écoute grâce à une réelle disponibilité à l’autre, tels sont les apprentissages et les indispensables perfectionnements du dirigeant soucieux d’en imposer sans s’imposer. Parce que son repositionnement professionnel passe par l’affirmation de sa posture.

C’est en cela que la transition professionnelle du dirigeant exige une préparation spécifique car rien ne s’improvise à ce niveau,  une préparation personnalisée car elle doit agir au plus près de la zone de progrès de chacun.

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