Entrepreneurs : vous voulez être créatifs ? Dites adieu à cravate !

Pour Richard Branson, la cravate est a bannir. Elle colle une mauvaise étiquette au monde du travail et étouffe la créativité.

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Vous me verrez très rarement porter une cravate. Exception faite à Wimbledon (où le code vestimentaire est strict) et lors du support d'une bonne cause (où elle sera mise aux enchères). Vous me verrez en costard lors d'un mariage ou à un dîner avec la Reine uniquement.

Je ne travaille jamais en costume ou cravate. Pourquoi ? Parce que les costumes et les cravates ont valu au commerce une mauvaise réputation depuis des années. Ils sont un héritage inutile des grandes compagnies monopolistiques où la créativité a laissé place à la tradition.

Malheureusement, le costume et la cravate caractérisent le monde du commerce depuis de trop nombreuses années, donnant aux jeunes personnes une mauvaise impression de ce que ça représente, être entrepreneur. Mon secteur d'activité est trop bien habillé !

L'expérience entrepreneuriale devrait être un voyage libérateur, dénué de toute contrainte et attente. A l'ère des start-ups, il est incroyable d'observer l'évolution du commerce, et, de pair, la perception des gens. Durant les dernières années nous avons connus une nouvelle ère d'entrepreneurs : des gens qui ont laissé tomber le costume pour se sentir plus à l'aise.

Il y a bien une raison pour laquelle très peu de créatifs portent des costumes et des cravates. Les idées audacieuses émergent rarement des salles de conférence ou des box de travail. Les idées audacieuses émergent en allant voir ce qu'il se passe dehors et en profitant de la vie de la manière la plus inspirante qu'il soit. Si la créativité ne porte pas d'uniforme, alors les créatifs ne devraient pas en porter non plus. Il n'y a pas de raison pour les PDG et managers de s'habiller différemment de leurs équipes.

Mark Zuckerberg, Richard Reed et Steve Jobs ont tous fondé des entreprises respectées qui réussissent très bien, sans porter de cravate. Leurs entreprises sont également des lieux d'innovation, de créativité, et, plus que tout, de bonheur partagé au sein des employés.

Dans nos bureaux à Londres et New York, nous encourageons les employés à s'habiller comme bon leur semble. Vous pouvez voir des gens en t-shirt et baskets, et même certains porter des shorts et des tongs pendant l'été. En entrant dans le bâtiment, vous sentez tout de suite l'atmosphère relaxée et la créativité qui s'en dégage.

Les costumes ne sont pas à bannir complètement des environnements de travail, mais une certaine liberté fait surface lorsque les barrières sont levées et que les employés ont accès à un certain niveau d'expression personnelle et de plaisir lorsqu'ils travaillent. Nous passons la majeure partie de notre vie au travail, alors pourquoi ne pas s'amuser ?

Les costumes n'étouffent pas seulement la créativité, ils sont également mauvais pour l'environnement. Les businessmen de Tokyo sont connus pour faire partis des "mieux" habillés, en portant des costumes cintrés tous les jours. Cependant, les températures estivales peuvent atteindre les 30 degrés Celsius. Pour combattre la chaleur et l'inconfort des employés en costume, les bâtiments d'entreprises mettent la climatisation à fond. Heureusement, c'est en train de changer.

Depuis le désastre de Fukushima en 2011, la centrale nucléaire japonaise a été fermée et le pays a connu une pénurie d'électricité. Dans le but de réduire la consommation d'électricité, le gouvernement japonais a demandé aux entreprises de régler leur climatisation sur 28 degrés Celsius et a vivement conseillé au grand nombre de businessmen à Tokyo d'adopter un style vestimentaire business/décontracté, par exemple, retirer la lourde veste noire de costume, se débarrasser de leur cravate inconfortable, défaire le bouton du haut et retrousser leurs manches, ou bien même d'aller encore plus loin en adoptant un code vestimentaire hyper décontracté en troquant leur chemise contre un polo ou une chemise hawaïenne. J'ai hâte de voir les incroyables innovations qui nous viendront du Japon suite à ces changements.

Le monde trop bien habillé du business doit être mis à nu. Il est l'heure de dire au revoir à la cravate… la révolution du t-shirt et des jeans est en route.


Traduction par Caroline Brenière, JDN
Cette chronique traduite par le JDN a été publiée via le programme Influencers de LinkedIn, où s'expriment près de 500 leaders d'opinion. Retrouvez la version originale en anglais ici.

Richard Branson