Ces start-up qui aident à la reconversion professionnelle

Ces start-up qui aident à la reconversion professionnelle Changer de métier comporte bien des incertitudes. Pour minimiser le risque, des plateformes proposent des stages en immersion. Et s'adressent directement aux entreprises.

Un tiers. Selon un sondage réalisé par Odoxa en juin 2017, c'est la proportion de salariés qui serait prête à tout plaquer pour se reconvertir professionnellement. Mais avant d'écrire sa lettre de démission ou de demander à bénéficier d'une rupture conventionnelle, les personnes désireuses de changer de vie doivent être sûres de leur choix. Deux start-up proposent de les y aider. 

"J'ai un parcours professionnel varié : j'ai travaillé dans des postes de direction commerciale, dans des start-up, puis je me suis reconvertie dans le coaching. J'ai réalisé que de nombreux cadres souhaitaient changer de carrière mais, ils ne pouvaient pas expérimenter avant de vraiment sauter le pas", explique Carine Celnik qui en début d'année 2017 a crée sa propre start-up Testunmetier.com. Son credo est le suivant : permettre aux personnes en quête de reconversion de tester le métier de leur rêve quelques jours avant d'éventuellement franchir le Rubicon. A la tête d'une équipe de 5 personnes, la jeune pousse n'est pas seule sur le marché. Elle est en concurrence avec Viemonjob qui selon sa cofondatrice Célina Rocquet possède une plateforme totalement opérationnelle depuis février 2017.

"Les cols blancs qui souhaitent travailler de leurs mains, c'est la tendance du moment mais il n' y a pas de profil type"

Les deux start-up proposent de mettre en relation personnes désireuses de changer de voie et professionnels prêts à faire découvrir leur quotidien. Dans les deux cas, un algorithme qui prend en compte le métier et la localisation permet de "faire matcher" les deux parties. "Mais attention, nous ne nous contentons pas d'une simple mise en relation. Nous faisons en sorte de recevoir les parties prenantes pour expliquer les règles du jeu. Par exemple, il est vital que le professionnel qui est rémunéré ne soit pas dans une démarche vénale", souligne Carine Celnik qui confirme que de nombreux professionnels sont intéressés. Une préoccupation partagée par Célina Rocquet qui précise qu'une forte minorité d'entre eux reverse l'argent qu'ils reçoivent à des associations.

Les start-up ont l'agrément d'organisme de formation

Du côté, des stagiaires, la demande est également au rendez-vous. Ainsi, une centaine de personnes est actuellement en stage grâce à Testunmetier. Et que ce soit sur la plateforme de Carine Celnik ou sur Viemonjob, il n y a pas de profil de stagiaire type. "Evidemment, nous avons de cols-blancs qui souhaitent travailler de leurs mains en devenant pâtissier, fromager ou fleuriste. C'est un peu la tendance du moment. Mais nous aiguillons également des seniors qui veulent un revenu de complément, des personnes qui souhaitent trouver des passerelles par exemple en passant de la communication à la stratégie", détaille Carine Celnik.

Concernant la monétisation de leur offre, les deux entreprises ont des stratégies différentes. Chez Viemonjob, les testeurs rémunèrent entre 200 et 500 euros le professionnel accueillant pour une immersion d'une semaine. La start-up prélève pour sa part une commission de 20%. Chez Testunmétier, les prix commencent à 199 euros pour des formations durant entre deux jours et 30 jours.

Viemonjob vient de rejoindre le Lab RH et sera sous peu disponible sur l'Emploi Store de Pôle emploi

Pour pouvoir travailler légalement dans une entreprise, Testunmétier délivre au stagiaire une convention de formation : "pour effectuer cela, nous avons obtenu le statut d'organisme de formation, même si nous nous voyons comme une start-up", explique Carine Celnik. Viemonjob, pour sa part, propose une convention d'immersion vérifiée par la direction générale du travail (DGT) et l'Urssaf. "A l'issue de l'immersion, les clients obtiennent une attestation qui permet d'augmenter l'employabilité de faciliter le financement de formations Pôle emploi", indique Célina Rocquet.

Pour le moment, les stagiaires doivent payer les formations de leur poche,  ces dernières ne pouvant être financées via le compte personnel de formation (CPF) ou le compte personnel d'activité (CPA). "Nos stages seront certifiants et il faut travailler avec les OPCA", prévoit Célina Rocquet qui ne désespère pas d'obtenir gain de cause.

Le BtoB en ligne de mire

Les deux start-up souhaitent aller au delà de la simple mise en contact entre professionnels et salariés en quête de reconversion. Depuis peu, elles s'attaquent à un nouveau marché : le BtoB. "Il y a quelques mois, nous avons déployé une offre pour les entreprises afin de les aider à reclasser les salariés dans le cas d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). En quelque sorte, nous faisons du conseil en outplacement. Nous identifions le savoir-faire des salariés et nous leur proposons des stages qui correspondent à leurs envies et à leurs compétences", explique Carine Celnik qui travaille notamment avec grand groupe qui ne souhaite pour le moment rester anonyme.

Les entreprises peuvent utiliser les plateformes pour sourcer vers des métiers en tension ou dans le cadre d'un PSE

La stratégie est la même du côté de Viemonjob qui vient de lancer une offre destinée aux employeurs. Son but ? Proposer aux DRH de référencer certains métiers sur sa plateforme afin de trouver des candidats pour des postes peu connus et en tension. "L'offre a été lancée en septembre. Mais les premiers résultats sont encourageants. Nous travaillons avec diverses entreprises du secteur du BTP ou de la chimie", se réjouit Célina Rocquet qui s'apprête également à collaborer avec la région Ile-de-France et Pôle emploi : "D'ici un mois, notre profil sera connecté à l'Emploi Store de Pôle emploi. Ainsi, tous les demandeurs d'emplois pourront trouver des pistes de reconversion".

Au-delà du BtoB et des partenariats, les deux entrepreneuses débordent d'ambition. Ainsi, Carine Celnik l'avoue sans complexe : "Nous aimerions boucler notre première levée de fond en décembre ou en janvier, notamment pour améliorer l'algorithme de la plateforme". Du côté de Viemonjob, Célina Rocquet souhaite s'étendre à l'international, dans d'autres pays francophones tout en développant une offre d'aide à l'orientation des jeunes diplômés : "Nous voyons les choses en grand car le marché a un potentiel énorme et nous proposons une vraie innovation de rupture", constate la dirigeante qui est membre du LabRH, l'association des start-up de e-RH.

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