Comment EdTech France et Happy Tech veulent peser dans la e-RH

Comment EdTech France et Happy Tech veulent peser dans la e-RH Objectifs de ces deux nouvelles organisations : aider leurs membres à grandir, se crédibiliser aux yeux du marché et peser dans le débat public.

Samuel Métias est le fondateur de Comeet, start-up qui produit un assistant personnel intelligent pour améliorer le bien-être au travail. Lancée en janvier 2017, la solution a séduit des clients prestigieux comme Microsoft ou Talentsoft. En mai, au moment d'adhérer à la French Tech, Comeet a été invitée à choisir sa catégorie. "FoodTech, LegalTech, AssurTech, MarTech… je peux vous garantir qu'il y en avait des catégories ! Mais aucune ne regroupait les acteurs du bonheur au travail", se remémore Samuel Métias.

Samuel Metias est le co-fondateur d'HappyTech. © Comeet

Résultat, un mois plus tard, il lance une invitation aux entreprises spécialisées dans cette niche : "Nous attendions une vingtaine de personnes. Plus de 100 sont venues à notre petit-déjeuner. C'est à ce moment que l'idée de se regrouper est née". Les choses sont allées très vite. Le statut de l'association HappyTech a été déposé en septembre et les premières initiatives ont rapidement vu le jour. Le but ? Crédibiliser le secteur aux yeux du grand public et des clients potentiels.  "Nous voulons créer une marque forte et reconnue qui permette de montrer que le marché existe, qu'il apporte quelque chose. Ce regroupement va permettre aux boîtes de la HappyTech de gagner de la crédibilité, des marchés et d'augmenter les levées de fonds", espère l'entrepreneur.

Malgré son jeune âge, l'association multiplie les projets : "A la rentrée 2018, nous allons lancer en collaboration avec l'Essec une chaire sur la HappyTech pour publier des études qui montrent l'importance du bien-être au travail sur la productivité. Nous avons également mis en place un label qui garantit la qualité de nos produits". HappyTech souhaite aussi aider les jeunes pousses du secteur à grandir.

"HappyTech a lancé un label qualité et s'apprête à monter une chaire universitaire avec l'Essec"

Pour cela, l'association a noué un partenariat avec la branche coworking de Nexity : "Nos adhérents pourront bénéficier librement de salles de réunion ou de bureaux individuels dans les espaces Nexity d'Ile-de-France. Un plus non négligeable pour les start-up de province qui ont ponctuellement besoin de se rendre à Paris", se réjouit Samuel Métias président de HappyTech International.

Le succès d'HappyTech a fait des émules dans l'e-RH. Depuis novembre un second organisme a vu le jour : EdTech France qui vise à regrouper toutes les start-up actives dans le secteur de la formation professionnelle. Tout est parti d'un manifeste lancé par plusieurs chefs d'entreprise du secteur dont Ivan Ostrowicz, dirigeant de Domoscio qui utilise l'intelligence artificielle dans l'apprentissage.

"EdTech France veut devenir le guichet unique de la formation en ligne"

Très récent, le mouvement est pour le moment en phase de structuration : "Nous sommes actuellement divisés en trois commissions de réflexion : structuration, représentation et communication. Nous réfléchissons à  notre organisation : statut d'association, incubateur, toutes les options sont sur la table et nous dévoilerons notre organisation définitive en janvier", explique Dario Spagnolo, membre de la commission communication et dirigeant d'O'Clock, start-up spécialisée dans la formation de développeurs. Malgré une organisation encore en rodage, Edtech France est très précis sur ses objectifs : "Nous voulons avoir un rôle d'évangélisateur auprès des entreprises en faisant prendre conscience des bienfaits des formations digitales. Nos membres ont de nombreux cas pratiques et KPI à mettre en commun. Nous voulons diffuser ces bonnes pratiques et devenir une sorte de guichet unique de la formation en ligne", poursuit l'entrepreneur.

"Nous voulons avoir notre mot à dire sur la réforme de la formation professionnelle et des OPCA"

Bien que récentes, les associations ont très rapidement fait le plein de membres. HappyTech compte 32 membres (dont Comeet, WorkWell ou encore BoostYourFit)  et 130 candidatures sont en cours d'examen. Pour rejoindre l'association, outre une cotisation dont le montant n'a pas été dévoilé, il est nécessaire de remplir quatre conditions : amener du bien-être dans l'entreprise, avoir une innovation technologique, l'avoir vendue une fois et avoir au moins un témoignage positif de client. Du côté d'EdTech France  des figures bien connues du e-learning ont déjà rejoint l'aventure. C'est notamment le cas de principaux concepteurs de Mooc comme Unow, Coorpacademy, 360 Learning, Moocit ou encore Openclassrooms. Selon Ivan Ostrowicz, une centaine d'entrepreneurs planchent actuellement sur le projet.

Bien que concurrentes, les start-up ont fait le choix de s'unir pour peser dans le débat public : "nous pouvons continuer à nous tirer dans les pattes, mais personne n'en sortira grandi. Il est selon nous nécessaire de s'unir", explique Ivan Ostrowicz, un des initiateurs d'Edtech France.

Devenir l'interlocuteur des pouvoirs publics

Cette union des start-up va au-delà de l'aspect communication et commercial. Les deux organisations ne s'en cachent pas : elles souhaitent également peser dans le débat public et devenir des interlocuteurs de choix du pouvoir politique. "En 2018, le gouvernement va lancer sa réforme de la formation professionnelle et des OPCA. Il est probable qu'il lance une concertation avec les acteurs du secteur. Et nous voulons avoir notre mot à dire, notamment pour mettre en avant l'importance du digital dans la formation professionnelle.

Le gouvernement a conscience de cela, il a d'ailleurs nommé un haut-commissaire à la digitalisation des compétences en novembre", confie Dario Spagnolo. Pour lui, il est indispensable de peser sur la future réforme pour une raison simple : "chaque année, environ 32 milliards d'euros sont alloués à la formation professionnelle. C'est une manne énorme et il est vital qu'elle soit de plus en plus allouée vers l'EdTech. Le levier de croissance est formidable, nous ne pouvons pas rater cette étape. D'où l'importance de designer notre gouvernance fin janvier". L'objectif est le même du côté de l'association HappyTech qui a déjà pris langue avec le ministère du Travail qui soutient l'initiative. En janvier 2018, un fonctionnaire du ministère pourrait même siéger au sein du conseil d'administration. Les discussions sont actuellement en cours.

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