Les mutations numériques ont-elles favorisé l’exportation de fictions françaises ?

Une chronique qui vous en dira plus sur l'industrie cinématographique américaine et française afin de comprendre le nouvel enjeu des plateformes VOD comme Netflix...

Aujourd’hui encore, les films américains réalisent le plus d’entrées en salle en Europe avec 65% de part de marché. Même si la production audiovisuelle Indienne a été élue première au monde, la concurrence reste inégale : grâce à des stratégies de communication et marketing qui s’appuient de nombreux produits dérivés tels que les jeux vidéos, les DVD, les livres et les jouets, les films de l’Amérique du Nord ne cessent de susciter une vive animosité.
Pourtant, le Festival qui a eu lieu à Toronto en Septembre dernier a montré toute la particularité du cinéma français grâce à une sélection de 41 films issus de l’Hexagone : Samba du réalisateur d’Intouchables, la French avec Jean Dujardin et Gilles Lelouche ou bien encore Une nouvelle amie de François Ozon. D’après Piers Handling et Cameron Bailey, président et délégué artistique du Festival :« Le cinéma français continue d’être une des voix dominantes du cinéma international, les réalisateurs n’ayant pas peur d’aborder une très grande variété de sujets en les traitant tout à la fois par le biais de la provocation et de l’Entertainment ». Dans cette perspective, les fictions françaises réussiront-elles à trouver leurs places à l’échelle internationale ?

Des films français de plus en plus appréciés à l’international

Le Festival de Toronto est assimilé à une vitrine de films ayant la possibilité de s’exporter en Amérique du Nord via les énormes distributeurs présents lors de cette manifestation cinématographique. « Le cinéma français reste le cinéma étranger le plus vu aux Etats-Unis, même si la part de marché reste minime. Il est le plus présent en nombre de films sortis, qui se situe entre 50 et 70 par an » constate Adeline Monzier, représentante d’UniFrance aux Etats-Unis.
Intouchables, The Artist sont des films qui ont su intéresser le public américain à tel point que la part du cinéma français a augmenté de 2,3 % en Amérique du Nord en 2012. Cette année les productions françaises pourraient battre des records avec notamment le beau succès de Lucy. En effet, la réalisation de Luc Besson récolte 113 millions de dollars de recette aux Etats-Unis, soit un total de 400 millions de dollars. Il s’agit d’un véritable record pour le cinéaste qui n’avait jamais obtenu de tels chiffres même après avoir réalisé la saga Taken.

Le cinéma, un vecteur culturel

En effet, pour mieux comprendre cette nouvelle curiosité des producteurs et spectateurs américains vis-à-vis des films français, il faut réinterpréter le cinéma comme un média politique entremêlant culture et identité. Mis à part l’activité économique provoquée par le septième art celui-ci reste représentatif de notre société.
C’est le cas des happy endings qui sont souvent assimilés à la culture américaine : l’immoralité est la clé d’une fin subversive alors qu’au contraire les bonnes actions mènent nécessairement à un cercle vertueux. Le cinéma français offre donc par conséquence une nouvelle vison de la société. On peut citer par exemple La vie d’Adèle sorti en plein débat sur le « Mariage pour tous » qui a reçu le Palme d’Or.

Les nouvelles plateformes numériques peuvent profiter aux fiction françaises

Le public cherche à retrouver de nouveaux enjeux  sociétaux à travers les films diffusés sur le grand écran. Dans cette optique, les séries se sont préalablement imposées ces dix dernières années comme nouveau moteur du marché audiovisuel. Les séries françaises tendent à devenir de plus en plus appréciées. C’est le cas de Mafiosa, de Braquo ou bien encore des Revenants. Ces séries plaisent aux spectateurs grâce à un rythme musclé et singulier. Par exemple, Mafiosa est une représentation du milieu pègre.
C’est dans cette perspective que Netflix s’intéressera également à la production française et diffusera les grands classiques comme Pierrot le Fou, Le Mépris, Belle de Jour.
Mais, c’est surtout l’adaptation de sa House of Cards américaine en Marseille qui laissera transparaître véritablement les nouveaux enjeux de la plateforme VOD : la francisation d’une série américaine, un véritable coup de massue pour le marché français.
En effet, les séries françaises deviennent de plus en plus populaires. Canal ++ a pu, grâce à sa mise en œuvre de la création originale faire appel à de nouveaux talents en sélectionnant parmi les meilleures esquisses de séries proposées.
Deux nouvelles séries sont notamment attendues : Versailles et Panthers. Versailles est une série qui se déroule sous Louis XIV et pourrait donc plaire aux amateurs de royauté. Quant à Panthers, il s’agit d’une série concentrée sur le crime organisé en Europe et se projette à l’international grâce à des scènes tournées à Londres, Belgrade ou Marseille.
 

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