Antoine Robin (Spicee) : "Nous sommes Vice Magazine... avec la vertu"

Lancement d'une chaîne pour les 8-12 ans, d'une plateforme participative et production d'une série... Le fondateur du premier pure-player vidéo premium nous en dit plus sur tous ses projets.

Le fondateur de Spicee, Antoine Robin, était l'invité de #Media, l'émission dédiée à l'actualité du monde des médias et d'Internet, diffusée en direct sur le JDN, en partenariat avec CBNews. Cet ancien directeur général d'Havas Productions a lancé, mi-juin dernier, un nouveau média vidéo, produit et diffusé sur le digital avec Jean-Bernard Schmidt, ancien directeur de la rédaction de l'émission Capital. "Spicee investit un territoire déserté par la télévision et pourtant apprécié des jeunes : le reportage international", explique-t-il d'emblée. Le média s'est associé dans cette perspective avec l'agence Babel pour pouvoir sourcer les histoires qui feront l'objet de reportages et les diffuser sur une plateforme où ils seront accessibles moyennant 9,99 euros par mois.

La ligne éditoriale, traiter un sujet par le prisme de l'anecdotique et l'original pour l'élargir ensuite, fait forcément penserà Vice Magazine… qui propose lui tous ses sujets gratuitement. "On dit souvent que l'on est Vice mais avec la vertu", rétorque Antoine Robin qui met en avant "la prise de recul" de ses reportages, dénués du "cool que Vice place à tout prix". 

Fort d'une levée d'un peu plus d'un million d'euros au printemps, Spicee voit déjà plus loin et Antoine Robin annonce une cascade de lancements dans les prochains mois, parmi lesquels une offre pour les 8-12 ans, Spicee College, une branche fiction avec une première série, Yekat 90, "histoire sur la mafia russe", ou encore MySpicee, pour créer "une plateforme avec nos abonnés qui proposeront des sujets". Selon lui, la scalabilité de sa plateforme lui permettra par ailleurs de partir à l'international très rapidement, avec à la clé des partenariats avec des distributeurs locaux : FAI, opérateurs télécoms ou autres.

Spicee, qui ambitionne de faire de la "vidéo Web avec la qualité de la TV" s'associe d'ailleurs avec les chaînes de télévision pour toucher un public plus large. En Allemagne, ZDF a ainsi diffusé un de ses sujets comme l'a fait BFM TV en France. "Les grands médias tentent de faire leur mutation, nous on prend de l'avance", précise-t-il toutefois un brin taquin.

Media / Havas