Lagardère Active et Les Echos - Le Parisien s'unissent face à Facebook et Google

Les deux groupes lancent une structure commune pour rivaliser en R&D et en audience avec les géants américains.

C'est peut-être le premier rapprochement d'une longue série dans le monde des médias français. Les groupes Lagardère Active et Les Echos - Le Parisien viennent d'annoncer une alliance visant à mettre sur pied un acteur de référence dans le secteur de la data science. Le partenariat aboutit à la création d'une structure au sein de laquelle les moyens sont mutualisés pour monter en gamme côté R&D. Et progresser notamment sur les enjeux majeurs du traitement et du partage de la donnée dans le cadre d'offres cross-devices.

"Nous voulons pouvoir être dans la même logique d'investissement que des acteurs comme Facebook et Google qui, en plus de leur avantage en termes de volumes d'audience, disposent de moyens financiers sur lesquels nous ne pourrions pas nous aligner, seuls", explique Fabrice Février, directeur de la stratégie et de la communication au sein du groupe Les Echos.

Une structure ouverte à de nouveaux partenaires

Alors que les modalités du rapprochement, et notamment le budget, n'ont pas encore été totalement arrêtées, Fabrice Février précise que "les discussions ont débuté il y a un an". "Nous voulons optimiser nos offres commerciales mais pas que. Nous travaillons également au lancement de fonctionnalités qui auront un impact direct sur notre stratégie CRM et sur notre offre édito, avec à terme de la recommandation de contenu."

Avec quelques belles marques comme Elle ou Europe 1 et un gros carrefour d'audience comme Doctissimo, Lagardère, reste un acteur important de l'Internet français. Le groupe pesait près de 13,2 millions de visiteurs uniques en juillet, solidement installé à la 11ème place du classement de Médiamétrie//Netratings . Le groupe Le Parisien captait lui 4,9 millions de visiteurs uniques sur la même période et Les Echos 2,2 millions. Si les deux entités appartiennent au même groupe, LVMH, elles n'ont pas encore "fusionné" leurs audiences. En dédupliqué, elles cumuleraient près de 5,3 millions de visiteurs uniques. 

Sur le papier, les audiences de Lagardère Active et Les Echos - Le Parisien semblent plutôt complémentaires. Le premier a une masse critique intéressante quand le second bénéficie d'une audience plus confidentielle mais bien plus qualifiée depuis la mise en place de "metered paywalls" qui obligent les lecteurs du Parisien et des Echos à s'identifier passé un certain nombre d'articles consultés.

"75% de la data que nous utilisons aux Echos est de la data 1st party", détaille Fabrice Février. Pour ce dernier, "l'enjeu sur le long terme reste la data loguée". Un "or noir" sur lequel Facebook et Google peuvent aujourd'hui compter à profusion là où les éditeurs vont devoir jouer collectif pour l'obtenir. C'est le cas en Allemagne où quatre des dix plus grands groupes médias allemands (Axel Springer, Gruner + Jahr, Bertelsmann Group et le groupe Der Spiegel) viennent de réunir leurs forces et la data récoltée sur plus de 1 000 de leurs sites Web fixe et mobile pour optimiser la commercialisation de leurs espaces publicitaires.

Fabrice Février laisse d'ailleurs la porte ouverte à d'autres médias et confesse que son groupe discute déjà avec certains partenaires désireux de se greffer à l'aventure. Groupe qui vient également d'annoncer un nouvel accord avec L'Equipe. Alors que le quotidien sportif a décidé de réintégrer la commercialisation publicitaire de l'ensemble de ses marques, les deux groupes vont dorénavant collaborer en matière de data, rassemblant plus de 20 millions de profils qualifiés". Des profils qui pourront être réunis au sein d'une full DMP connectant les DMP de chacun des sites, toutes opérées par Weborama. La saison des rapprochements est bel et bien lancée.

 

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