Info JDN : Vivendi fusionne Dailymotion et Watchever

Info JDN : Vivendi fusionne Dailymotion et Watchever Le groupe de Vincent Bolloré espère que le rapprochement de ses deux spécialistes du streaming vidéo lui permettra de gagner en efficacité opérationnelle. Pas un luxe alors que tous deux sont largement déficitaires.

Le groupe Vivendi a acté le 1er septembre la fusion de ses deux filiales spécialisées dans le streaming vidéo, Dailymotion et Watchever. L'opération, qui a été avalisée par les comités d'entreprise des deux groupes mi-juillet, aboutit à l'absorption complète de Watchever par le groupe dirigé par Maxime Saada. Les deux dirigeants de Watchever Group, Simon Gillham et Karim Ayari, deviennent, eux, administrateurs de Dailymotion. Le rapprochement entre ces deux offres très semblables doit permettre "une plus grande clarté stratégique vis-à-vis de l'environnement (labels, artistes, etc…) et une plus grande efficacité opérationnelle", expliquent les deux entités dans l'acte de fusion que le JDN s'est procuré.

Deux filiales lourdement déficitaires

Pas un luxe alors que Dailymotion comme Watchever sont lourdement déficitaires. Racheté à Orange par Vivendi, il y a deux ans de cela, le premier a depuis vu son chiffre d'affaires et son résultat dégringoler. "Au 1er semestre 2017, le chiffre d'affaires est tombé à 22 millions d'euros, soit une chute de 41% en un an", rapporte BFM TV. Sur l'année 2017, il devrait tourner autour de 50 millions d'euros, soit le tiers de l'objectif fixé et moitié moins que le chiffre d'affaires réalisé deux ans plus tôt. La conséquence directe d'une chute libre des audiences très pénalisante pour celui qui faisait un temps concurrence à Youtube et dont 97% du chiffre d'affaires vient de la publicité. Le trafic a été divisé par deux entre 2015 et 2017 pour tomber à 80 millions de visiteurs uniques sur ordinateur dans le monde selon Comscore.

Pas de quoi s'affoler, répond Dailymotion, qui explique cette baisse par le nettoyage opéré depuis sur les contenus explicites (violentes ou adultes) et le trafic non-humain (les robots) qui est tombé à moins de 5%. Une justification toutefois balayée par un ancien dirigeant qui a assuré au Monde que ce nettoyage avait déjà été fait. Résolument optimiste, Maxime Saada espère que la refonte opérée le 5 juillet dernier permettra d'attirer un public plus premium et âgé, les 25-49 ans.

Du côté de Watchever, la situation n'est guère plus reluisante. Celui qui s'est spécialisé dans les services vidéos payants en streaming, est à l'origine d'offres comme WatchMusic et Studio+ (offre de séries courtes premiums pour mobile du groupe Vivendi). La société a également lancé Entretenimento, un service de streaming musical au Brésil. Mais elle a essuyé une perte de 22,9 millions d'euros en 2016 et 5,2 millions d'euros au 1er semestre 2017. Un camouflet pour Vincent Bolloré qui avait annoncé en avril 2016 vouloir en faire la technologie de base de son projet de concurrent de Netflix.

Le projet de Netflix européen toujours dans les cartons ?

Watchever a d'ailleurs dû procéder en juillet 2016 à la fermeture de sa filiale allemande. L'opération avait plombé son bilan avec un niveau de capitaux propres négatifs qui atteignait les -171,3 millions d'euros. Une recapitalisation a depuis été effectuée à la faveur d'une augmentation de capital d'un montant de 188 millions d'euros supportée par le groupe Vivendi.  

On peut se demander quelles seront les priorités du nouvel ensemble, alors que les 75 collaborateurs de Watchever, répartis entre Paris et Marseille, étaient toujours mobilisés selon les Echos, sur le service de SVoD concurrent à Netflix et sur des projets dans la musique. Autre question : quel sera rôle de CanalPlay au sein de ce nouvel environnement ? L'autre offre de SVOD du groupe (dont 20% du capital est désormais détenu par Free) compte moins de 500 000 abonnés en France contre 1,6 million pour Netflix. 

Et toujours :

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