Axel Springer cède dans le bras de fer qui l'oppose à Google

Le groupe a accordé à Google une licence pour faire figurer à nouveau sur son moteur de recherches, gratuitement, des extraits de ses publications, et ce dès mercredi.

 La puissance de Google est telle que ce dernier perd rarement les bras de fer dans lesquels il est engagé. Le conflit qui l'oppose aux éditeurs de presse allemand ne semble pas y échapper. Le patron d'Axel Springer, Mathias Döpfner, vient d'en faire l'amer constat. Depuis début octobre, date à laquelle Google a supprimé la vignette et la description associées aux résultats de recherche d'environ 250 sites de presse allemands, dont ceux d'Axel Springer, le groupe de presse allemand a vu le trafic vers ses différents sites chuter de 40% et celui des internautes redirigé via Google Actualités plonger de 80%."La nuisance est considérable", s'est ému Mathias Döpfner, à l'occasion de la présentation des résultats semestriels de son groupe, étranglé par des considérations économiques, lui qui est principalement financé par la publicité.

Son groupe aurait en effet été "évincé du marché" s'il avait persisté dans sa volonté de demander à Google de payer pour reprendre partie de ses contenus. Axel Springer s'est donc résigné à accorder à l'Américain une licence pour faire figurer à nouveau gratuitement sur son moteur de recherches des extraits des articles de ses publications, et ce dès mercredi. 

En Allemagne, une loi baptisée "Lex Google" et applicable depuis le 1er août 2013 stipule que seuls de petits morceaux de textes peuvent être utilisés gratuitement. Une loi plutôt controversée qui a permis à une coalition allemande baptisée VG Media de réclamer une rémunération à Google, pour utilisation de ses photos et accroches. (chose faite en juin dernier auprès d'un tribunal munichois). Une loi à laquelle Google avait décidé de se conformer, en l'appliquant au pied de la lettre et privant les éditeurs d'une part substantielle de leur trafic.

Ce contexte législatif tendu faisait notamment suite à une lettre ouverte de Mathias Döpfner au patron de Google, Eric Schmidt, pour dénoncer le pouvoir exorbitant du moteur de recherche américain, avec comme postulat ce constat accablant : "Nous avons peur de Google". Les événements récents semblent lui avoir donné raison... 

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