Dossier Comparatif des offres de cloud orientées IoT

Microsoft, Amazon, IBM, Salesforce et OVH proposent des offres dédiées prenant en compte les spécificités des données remontées par les objets connectés. Comparatif.

Cette année encore, l'internet des objets fera parler de lui. Selon une récente étude de Forrester, 19% des entreprises dans le monde exploitent déjà le potentiel des objets connectés, et 28% prévoient de le faire. Ce qui suppose de s'organiser en conséquence. Du bracelet d'automesure au capteur industriel, ces objets produisent un flux continu de données qu'il faut collecter et analyser en temps réel qu'il s'agisse de mesurer l'état de santé du porteur ou de prévenir la panne d'un équipement.

C'est assez naturellement que les offreurs de cloud public ont commencé à mettre à disposition de cette nouvelle industrie la puissance de calcul de leurs plateformes. En 2015, les deux poids lourds du marché ont lancé des offres dédiées. En septembre, Microsoft commercialisait Azure IoT Suite. Trois mois plus tard, c'était au tour d'Amazon Web Services de proposer la version finale de sa plateforme AWS IoT. D'autres acteurs, plus inattendus se sont engouffrés sur ce créneau comme le spécialiste du CRM Salesforce ou l'hébergeur français OVH.

Un packaging avant tout marketing ?

Laurent-Walter Goix est directeur de projet internet des objets chez Econocom. © Econocom

Selon Laurent-Walter Goix, directeur de projet Internet des objets chez Econocom, ces offres viennent surfer sur l'engouement autour des objets connectés. "Elles réutilisent les briques déjà en place comme le traitement temps réel, le stockage ou l'analyse de données et rajoutent une couche pour la connectivité et quelques algorithmes pour l'intelligence. Il s'agit avant tout de 'rebrander' des services existants en ajoutant IoT", explique l'expert.

Ce préambule fait, ces plateformes répondent néanmoins aux spécificités du monde des objets connectés puisqu'elles ont vocation à connecter un grand nombre d'appareils hétérogènes.

Il s'agit tout d'abord de proposer des protocoles de communication optimisés pour la remontée de données. Au-delà des passerelles HTTP et HTTPS, les fournisseurs s'appuient sur les protocoles MQTT (Message Queuing Telemetry Transport) et AMQP (Advanced Message Queuing Protocol) pour "travailler en environnement frugal", et ne pas trop puiser dans les ressources systèmes et la bande passante.

Il convient ensuite de faire dialoguer des services web et des objets connectés qui ne parlent pas forcément la même langue. Ce qui passe par une automatisation des règles sur le principe IFTTT (If this then that, si ceci alors cela). Microsoft est celui qui va le plus loin dans ce sens en proposant via Azure IoT Suite des scenarii prédéfinis pour la maintenance prédictive et la gestion des actifs.

Une période de gratuité pour tester les modèles

Azure, AWS ou IBM proposent également des kits de développement logiciel (SDK) pour connecter plus facilement les différents appareils à leur plateforme. Ce qui permet, aussi, de mieux sécuriser les échanges, la partie matérielle constituant généralement le maillon faible du dispositif.

Même souci de simplification au niveau des prix. Forfaitisés, les tarifs de ces services cloud orientés IoT sont indexés sur le nombre de messages échangés - quelques dollars pour un million de messages -, Azure prenant également en compte le nombre d'appareils connectés. Les prestataires proposent une période de gratuité avant de basculer vers un service payant. "Ce qui permet aux métiers de tester des modèles et démontrer leur pertinence, sans forcément solliciter la DSI", note Pierrick Blons, expert cloud au sein du @Digit-all Labs d'Econocom.

On notera un grand absent dans ce dossier : Google. Si le géant américain a toutes les briques technologies qu'il faut et les datatencers, il peine à avancer une offre de cloud public claire comme le montre le dernier carré magique de Gartner. "Google se cherche dans l'IoT", estime Laurent-Walter Goix. "Depuis le rachat de Nest, il est plus orienté vers les produits de consommation grand public que le cloud. "

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