Surface Pro 4 : le test

Toutes les modifications apportées au dernier modèle de la Surface Pro ne sautent pas aux yeux, mais certaines sont tout de même importantes. Verdict sur leur pertinence.

Microsoft commercialise depuis peu une nouvelle version de sa Surface Pro. Honnêtement, d'apparence, cette Surface Pro 4 ressemble à s'y méprendre à la Surface Pro 3, et il faut être très bien informé ou avoir un œil de lynx pour s'apercevoir que l'écran est un peu plus grand, passant de 12 à 12,3 pouces. La béquille est la même, et permet enfin, après les impardonnables ratés des Surface Pro 1 et 2, de régler l'inclinaison entre 22 et 150 degrés. Bref, Microsoft donne un peu l'impression d'avoir trouvé la formule en proposant une tablette au format A4 depuis l'année dernière, et n'a pas voulu la faire évoluer.

Comme sur la Surface Pro 3, la béquille de la Surface Pro 4 permet d'incliner son écran de 22° à 150° © Microsoft

Des changements importants

Il y a tout de même plusieurs changements importants, même s'ils ne sont pas tous visibles au premier coup d'œil. D'abord, sous le capot, la technologie a évolué. Plusieurs modèles sont proposés, avec des processeurs Intel Core de dernière génération (la 6e, auparavant appelée "Skylake"), mais plus ou moins puissants : Core m3-6Y30 pour l'entrée de gamme, Core i5-6300U, ou i7-6650U pour le haut de gamme.  Le modèle que nous avons testé était celui embarquant l'i5, et disposait de 8 Go de RAM - un modèle pile au milieu de la gamme, et qui vaut tout de même 1450 euros.

Il faut ajouter à cela le clavier : celui qui nous a été fourni était le nouveau Type Cover, celui taillé pour la Surface Pro 4. Il coûte 150 euros sur la boutique en ligne de Microsoft. L'ensemble entre nos mains s'affiche donc à un prix conséquent : 1600 euros. A ce prix, les imperfections sont moins facilement pardonnables, et l'on s'attend à du très haut de gamme sur toute la ligne. En tout cas, force est de constater, avec ce bel écran et cette résolution, 2736x1824, que l'objet, surtout une fois allumé, est beau, et définitivement haut de gamme.

Les différents modèles de Surface Pro 4 Prix affiché sur le site de Microsoft (en euros TTC)
128 Go / Intel Core m3-6Y30 / 4 Go de RAM / GPU Intel HD 515 999
128 Go / Intel Core i5-6300U / 4 Go de RAM  / GPU Intel HD 520 1 099
256 Go / Intel Core  i5-6300U / 8 Go de RAM  / GPU Intel HD 520 1 449
256 Go / Intel Core i7-6650U / 8 Go de RAM  / GPU Intel Iris 540 1 799
256 Go / Intel Core i7-6650U / 16 Go de RAM / GPU Intel Iris 540 1 999
512 Go / Intel Core i7-6650U / 16 Go de RAM  / GPU Intel Iris 540 2 449
Type Cover pour Surface Pro 4 149

Performance et finition : des bons points

Peu de reproches à faire sur les performances. Pour des usages normaux, pas de problème, la Surface Pro 4 est agréablement fluide et véloce, y compris au démarrage  – mais pour ce prix, avec ce processeur, on n'en n'attendait pas moins. Passer à un processeur moins puissant ensuite est douloureux, et peu plaisant. Bon nombre de benchmarks montrent que les performances de la Surface Pro 4 sont bien supérieures aux autres tablettes du marché – y compris l'iPad Air 2.

Et même s'il ne faut pas s'attendre aux mêmes performances qu'un desktop classique (surtout à 1700 euros), certains s'étonnent de ce que la Surface Pro 4 est capable de faire. Mais, c'est sûr, la Surface Pro 4 ne pourra pas remplacer tous les PC desktop - mais seuls les moins performants. Point important, même sollicitée, la Surface Pro 4 chauffe peu – alors que les modèles précédents, surtout les deux premiers, pouvaient vite faire grimper la température au dos de la tablette. Elle reste aussi assez silencieuse.

En outre, la tablette n'est pas un poids plume (766 grammes pour le modèle Core m3, et 786 grammes pour les autres), mais elle reste très fine pour tout ce qu'elle embarque (8,45 millimètres).

L'épaisseur de la Surface Pro 4 est de 8,45 millimètres . Côté connectique, elle propose un port USB 3.0, un mini DisplayPort et un port micro-SD © Microsoft

Une batterie perfectible

C'est un peu moins bien côté batterie, largement perfectible par rapport à d'autres tablettes et hybrides, car celle que nous avons testée (5087 mAh) peut très vite se vider, et aura du mal à tenir une journée de travail sans être alimentée, même si ses ressources ne sont pas trop exploitées. La charge est toutefois rapide, et Microsoft a pensé à laisser un port USB sur le chargeur, pour par exemple charger en même temps un smartphone, un petit détail prouvant le soin apporté aux finitions.

Un nouveau stylet, toujours décevant

Outre le processeur, une autre nouveauté invisible accompagne cette Surface Pro 4 : le stylet a été revu, et il est censé être désormais sensible à 1024 niveaux de pression. Autant l'admettre tout de suite, nous n'avons pas vu de différence avec l'ancien modèle, et nous n'aurions rien remarqué si Microsoft ne l'avait pas dit. Certes, nous ne sommes pas graphistes, mais des professionnels du graphisme non plus ne voient pas de différence avec un stylet sensible à 256 différents niveaux de pressions.

Microsoft devrait s'inspirer de ce que fait Samsung avec ses Galaxy Note pour son stylet

Nous avons toutefois un reproche plus important concernant ce stylet : il est mal exploité. Nous formulions déjà cette critique l'année dernière, et pas grand-chose n'a changé. Il manque d'abord un tutoriel pour expliquer son fonctionnement, ses applications, son potentiel. Il pourrait par exemple accueillir le nouvel utilisateur en lui donnant des exemples d'utilisation de OneNote, qui peut en effet se révéler utile pour prendre rapidement des notes - surtout avec ses capacités de reconnaissance de caractères. Et pourquoi ne pas permettre au stylet de déclencher un menu radial ? Ou une fonctionnalité de capture d'écran aux contours personnalisables, avec un  lieu d'enregistrement paramétrable : cela débloquerait des scénarios d'usage intéressants. Bref, Microsoft devrait s'inspirer de ce que fait Samsung avec ses Galaxy Note, bien plus avancés en la matière.

Dernier reproche : le stylet peut désormais, c'est nouveau, s'accrocher de manière magnétique à une tranche de la Surface Pro 4. Cela semble une bonne idée sur le papier, mais dans les faits, lorsque nous l'avons ainsi accroché, nous l'avons aussi assez souvent fait tomber lorsque nous avions un usage nomade du terminal.

Les touches du nouveau clavier Type Cover sont plus espacées, et plus agréables qu'auparavant © Microsoft

Un nouveau clavier au top

Il ne s'agit pas à proprement parler de la Surface Pro 4, mais Microsoft propose un nouveau clavier Type Cover très adapté à son nouveau terminal. Les nouveautés apportées sont aussi visibles que pertinentes et appréciables : plus fin, son pavé tactile a été agrandi de 40%, les touches sont plus espacées et le design a été revu. Le confort de frappe y gagne beaucoup. Pour être franc, ce clavier est plus agréable que certains claviers de desktop, et l'on y tape mieux.

Des nouveautés venant de Windows 10

Premier terminal sorti par Microsoft après le lancement de Windows 10, certaines nouveautés matérielles de la Surface Pro 4 tire parti du nouvel OS. C'est le cas de la reconnaissance faciale "Hello", qui fonctionne grâce à la nouvelle caméra incluse dans la Surface Pro 4. Le système fonctionne de manière impressionnante, mais il y a deux bémols : il consomme beaucoup de batterie, et il n'était pas proposé dans les options après le déballage de la Surface. Il a fallu mettre à jour de nombreuses fois le système pour le voir apparaître.

Hello et Cortana ne sont pas apparus tout de suite 

Autre nouveauté apportée à la Surface Pro 4 par Windows 10, Cortana n'est pas non plus apparue tout de suite sur la tablette, et il a fallu faire plusieurs recherches, manipulations et mises à jour pour qu'elle apparaisse. Là aussi, un peu décevant. Espérons que Microsoft améliore le logiciel fourni avec la Surface Pro 4 "out of the box". Il faut toutefois admettre que Cortana a de bonnes capacités à comprendre le français, mais là encore, une meilleure présentation de son potentiel permettrait d'améliorer son attractivité.

Les mêmes défauts que le précédent modèle, et un qui s'aggrave

La taille et la béquille de la Surface Pro 4 n'ayant pas évolué comparé au modèle précédent, le terminal présente finalement les mêmes défauts qu'auparavant. Poser la béquille sur les genoux reste inconfortable, et rend la Surface Pro 4 moins mobile que certains PC hybrides à la charnière mieux pensée, et à l'angle plus solidement tenu. Il faut plutôt l'imaginer soit comme un PC stable, sur une table avec son clavier, soit comme une tablette, mais pas vraiment comme un ultrabook tout terrain, et très mobile.  

Des apps célèbres et utiles manquent encore à l'appel de Windows 10 en mode tablette. © MS

A noter que le clavier empêche aussi d'accéder à certaines parties de l'écran, surtout avec un Continuum qui ne s'enclenche pas automatiquement. Ces limites poussent à se servir de la version tablette, mais Windows ne brille franchement pas autant que la concurrence avec ce mode, et de nombreuses apps pourtant classiques manquent encore à l'appel. De ce point de vue, il y a clairement des meilleures tablettes, que ce soit côté Android ou iPad.

Moins puissante que des PC desktop, moins mobile que les ultrabooks, et moins garnie en apps que les autres tablettes, la Surface Pro 4 court un peu trop de lièvres à la fois. Il y a enfin un dernier problème, et non des moindres, qui s'est aggravé : le prix.  Microsoft a fait monter les tarifs, et pour 1600 euros, voire plus pour les modèles plus haut de gamme, il existe selon nous de meilleurs rapports qualité prix parmi les autres PC hybrides

Microsoft Surface / Windows 10