Benjamin Jean (Paris Open Source Summit) "Chez les grands comptes, l'open source entre dans l'ère de la stratégie"

En amont du Paris Open Source Summit, son coprésident décrypte pour le JDN les dernières tendances de l'open source en France. Et dévoile le programme de l'édition 2016 de l'événement.

Benjamin Jean est coprésident du Paris Open Source Summit.  © Benjamin Jean

L'édition 2016 du Paris Open Source Summit se tiendra les 16 et 17 novembre prochains aux Docks de Paris. 5000 visiteurs sont attendus pour l'occasion. Le JDN est partenaire de cette initiative.

En amont de l'événement, Benjamin Jean, coprésident du Paris Open Source Summit, a accordé une interview au JDN. Il décrypte les dernières tendances de l'open source en France, et détaille le programme de cette édition 2016.

Information et inscription sur le site du Paris Open Source Summit

JDN. Qu'en est-il du niveau d'adoption de l'open source en France ?

Benjamin Jean (Paris Open Source Summit)Les grands comptes, aussi bien privés que publics, s'engagent désormais pleinement dans la définition de stratégies open source. L'open source ne s'inscrit plus dans un usage non-maîtrisé. Son déploiement est réalisé là où il est pertinent en matière de modèle d'activité. L'open source est aligné sur la stratégie. Sa mise en œuvre est par ailleurs réalisée dans une logique de co-construction et de mutualisation avec l'écosystème. 

L'exemple de la SNCF, d'EDF ou du Crédit Mutuel se situe dans la droite ligne de cette tendance. Ses grandes organisations ont notamment déployé des politiques technologies autour de la base open source PostgreSQL, avec à la clé une logique de contribution au code source du projet. Au point d'ailleurs d'aller jusqu'à structurer la communauté PostgreSQL en France.

Quels avantages ces grands comptes ont-ils trouvé dans PostgreSQL ?

Grâce à la base de données PostgreSQL, ils gagnent en flexibilité, en agilité. Comparé à une solution propriétaire, PostgreSQL leur permet d'aboutir à un système qui présente moins d'adhérence c'est-à-dire qu'ils ont la possibilité d'y changer plus facilement des briques. De ce fait, il leur est plus facile, aussi, de négocier les prix avec les éditeurs de logiciel.

La Gendarmerie Nationale a été l'une des premières grandes organisations à expérimenter cette voie en France. La DINSIC [ou Direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication de l'État ndlr] est désormais, elle aussi, dans cette logique. C'est également le cas de grands comptes français du secteur privé, comme la Société Générale, Système U ou encore Stime Intermarché.

Quel est le rôle de l'open source dans la transformation numérique 

Le thème du Paris Open Source Summit 2016 : "Empowering Open innovation"

L'open source apporte de l'agilité, de la réactivité dans les projets digitaux. Les technologies open source permettent en effet de réaliser rapidement des prototypes d'application. Ce modèle introduit aussi une logique d'open innovation. C'est d'ailleurs ce thème que nous avons retenu pour le Paris Open Source Summit 2016. Son intitulé est plus précisément : "Empowering Open innovation". 

Que mettez-vous exactement derrière le thème du Paris Open Source Summit 2016, et cette expression "Empowering Open innovation" ?

L'objectif est de mettre en avant le rôle de l'Open Innovation au niveau industriel, business et sociétal. En amont de cette édition 2016 du Paris Open Source Summit, nous avons lancé des groupes de travail, des ateliers et des hackathons en vue de réfléchir en quoi la logique "open" pouvait être un catalyseur d'innovations. Ce travail a abouti à des livrables sous différentes formes : des documents, des applications open source... Ils couvrent plusieurs champs : open government, blockchain, mobilité... In fine, l'objectif est de couvrir les grands domaines que touche l'open innovation, de l'entreprise à la société en passant par la technologie.

Quelles seront les principales personnalités présentes lors de ce Paris Open Source Summit 2016 ?

A l'occasion des plénières, nous accueillerons notamment Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat chargée du Numérique et de l'Innovation, Mounir Mahjoubi, président du Conseil National du Numérique, ainsi que Philippe Montarges, coprésident du Conseil National du Logiciel Libre. Jean-Luc Beylat, président du pôle de compétitivité Systematic, prendra aussi la parole, mais également Antoine Petit, PDG de l'Inria. Plusieurs personnalités internationales interviendront également lors des keynotes : John Sullivan, président de la Free Software Foundation, Karen Sandler, directeur exécutif de la Software Freedom Conservancy, ainsi que Keith Bergelt, CEO de l'Open Invention Network. 

De nombreux témoins : Société Générale, Airbus, Linkedin, Bloomberg...

De nombreux acteurs témoigneront de leur stratégie dans l'open source : Zalando, Linkedin, Bloomberg, Talend ou Airbus, par exemple. La DINSIC animera deux ateliers sur l'enjeu de l'interopérabilité. Le DSI de la Société Générale, Xavier Lofficial, viendra évoquer sa stratégie en matière de banque connectée. 

En parallèle, des centaines d'ateliers seront proposés, sur des problématiques aussi bien techniques, que business ou sociétales. Côté salon, l'événement proposera plusieurs "villages" : un village associatif, un village dédié au consortium OW2, un village orienté sur les problématiques juridiques de l'open. Les régions Ile-de-France et Nouvelle Aquitaine auront également leur village. 

Information et inscription sur le site du Paris Open Source Summit

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